L’autorité australienne responsable de la Grande Barrière de corail a indiqué que la structure subissait fin mars 2022 le quatrième phénomène de blanchiment depuis 2016. Longue de 2.300 kilomètres, située le long de la côte nord-est de l’Australie, la Grande Barrière de corail est de nouveau confrontée aux conséquences du réchauffement climatique malgré un rafraîchissement des températures de l’été austral par le phénomène de refroidissement marin de La Nina.

La décoloration du corail est provoquée par la hausse des températures de l’eau qui entraîne l’expulsion des algues qui donnent sa couleur au corail, les algues symbiotiques. Si le blanchiment est le symptôme du dépérissement du corail, le phénomène n’est pas irréversible et un rétablissement reste possible si les conditions climatiques s’améliorent. L’évolution sur les deux semaines qui suivent le constat de blanchiment est cruciale pour déterminer l’étendue des dégâts irréversibles.

L’étude qui a révélée ce nouveau blanchiment est parue quatre jours après le début par les Nations-Unis de l’inspection de la Grande Barrière pour savoir si elle était protégée du réchauffement climatique. Cette inspection a pour objectif d’évaluer si le gouvernement australien agit suffisamment pour préserver la Grande Barrière des périls qui la menacent, notamment le réchauffement climatique.

Un militant de Greenpeace, Martin Zavan, demande à ce que le gouvernement australien montre à la mission de l’UNESCO les zones blanchies, dans le nord et le centre du récif, et pas uniquement les zones pas ou faiblement touchées.

Selon les conclusions, la Commission du patrimoine mondial déterminera en juin s’il faut classer la Grande Barrière comme étant en péril ou pas. Cette même commission avait décidé en juillet 2021 de ne pas la classer en péril malgré les recommandations de l’UNESCO et déjà en 2015, l’ONU avait menacé de déclasser le site, ce qui avait conduit l’Australie à mettre en place un plan de protection appelé Reef 2050 doté de plusieurs milliards de dollars australiens.

Plus largement, des chercheurs ont récemment averti que l’ensemble des récifs coralliens qui abritent un quart de la faune marine et constituent le moyen de subsistance d’environ un demi-milliard de personnes seront probablement tous détruits à terme, même si les objectifs climatiques de l’accord de Paris sont respectés.

Selon les auteurs d’un rapport paru dans PLOS Climate, 99% des récif coralliens ne pourraient pas se remettre des vagues de chaleurs successives même si l’augmentation moyenne des températures est limitée à 1,5 ̊C par rapport aux niveaux préindustriels.

Adele Dixon, chercheuse à l’école de biologie de l’université de Leeds précise qu’il n’existe pas de seuil en deça duquel le réchauffement climatique n’impactent pas les récifs de coraux, ce qui dans les conditions actuelles ne laisse aucun espoir de survie pour la Grand Barrière et les 1.500 espèces de poissons et 4.000 espèces de mollusques qui la peuplent.

https://www.journaldemontreal.com/2022/03/25/australie-la-grande-barriere-de-corail-victime-dun-vaste-blanchissement

 

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Nouveau blanchiment de la barrière de corail

 

L’autorité australienne responsable de la Grande Barrière de corail a indiqué que la structure subissait fin mars 2022 le quatrième phénomène de blanchiment depuis 2016. Longue de 2.300 kilomètres, située le long de la côte nord-est de l’Australie, la Grande Barrière de corail est de nouveau confrontée aux conséquences du réchauffement climatique malgré un rafraîchissement des températures de l’été austral par le phénomène de refroidissement marin de La Nina.

La décoloration du corail est provoquée par la hausse des températures de l’eau qui entraîne l’expulsion des algues qui donnent sa couleur au corail, les algues symbiotiques. Si le blanchiment est le symptôme du dépérissement du corail, le phénomène n’est pas irréversible et un rétablissement reste possible si les conditions climatiques s’améliorent. L’évolution sur les deux semaines qui suivent le constat de blanchiment est cruciale pour déterminer l’étendue des dégâts irréversibles.

L’étude qui a révélée ce nouveau blanchiment est parue quatre jours après le début par les Nations-Unis de l’inspection de la Grande Barrière pour savoir si elle était protégée du réchauffement climatique. Cette inspection a pour objectif d’évaluer si le gouvernement australien agit suffisamment pour préserver la Grande Barrière des périls qui la menacent, notamment le réchauffement climatique.

Un militant de Greenpeace, Martin Zavan, demande à ce que le gouvernement australien montre à la mission de l’UNESCO les zones blanchies, dans le nord et le centre du récif, et pas uniquement les zones pas ou faiblement touchées.

Selon les conclusions, la Commission du patrimoine mondial déterminera en juin s’il faut classer la Grande Barrière comme étant en péril ou pas. Cette même commission avait décidé en juillet 2021 de ne pas la classer en péril malgré les recommandations de l’UNESCO et déjà en 2015, l’ONU avait menacé de déclasser le site, ce qui avait conduit l’Australie à mettre en place un plan de protection appelé Reef 2050 doté de plusieurs milliards de dollars australiens.

Plus largement, des chercheurs ont récemment averti que l’ensemble des récifs coralliens qui abritent un quart de la faune marine et constituent le moyen de subsistance d’environ un demi-milliard de personnes seront probablement tous détruits à terme, même si les objectifs climatiques de l’accord de Paris sont respectés.

Selon les auteurs d’un rapport paru dans PLOS Climate, 99% des récif coralliens ne pourraient pas se remettre des vagues de chaleurs successives même si l’augmentation moyenne des températures est limitée à 1,5 ̊C par rapport aux niveaux préindustriels.

Adele Dixon, chercheuse à l’école de biologie de l’université de Leeds précise qu’il n’existe pas de seuil en deça duquel le réchauffement climatique n'impactent pas les récifs de coraux, ce qui dans les conditions actuelles ne laisse aucun espoir de survie pour la Grand Barrière et les 1.500 espèces de poissons et 4.000 espèces de mollusques qui la peuplent.

https://www.journaldemontreal.com/2022/03/25/australie-la-grande-barriere-de-corail-victime-dun-vaste-blanchissement

 

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