©Illustration/La Gazette de la Manche

 

L’analyse de l’histoire des pandémies permet d’être confiant sur les moments de joie, les festivités et la créativité qui feront leur retour à la fin de cette pandémie. Selon, Nicholas Christakis, médecin épidémiologiste et sociologue à Yale, ce renouveau se produira en 2024 au plus tôt.

Depuis l’Antiquité, le cycle des pandémies s’inscrit dans l’expérience humaine mais c’est la première fois que l’être humain a la chance de pouvoir créer pendant la pandémie le vaccin pour la vaincre.

En référence à d’autres pandémies et notamment la grippe espagnole, ce spécialiste rappelle que la population est soumise à trois phases successives : la phase pandémique caractérisée par la situation actuelle, confinement, repli sur soi et effondrement de l’économie notamment, jusqu’à ce qu’un niveau suffisant d’immunité collective soit atteint, la phase intermédiaire correspondant à la fin et au contrecoup de la crise puis la phase post-pandémique.

Cette dernière phase pourrait se traduire par la recherche d’interactions sociales débridées, un besoin pressant de dépenser l’argent économisé, un regain de créativité artistique et entrepreneuriale. Malgré les nombreux morts et malades chroniques, la société souhaitera fêter la fin de la crise car la fin de toutes les pandémies se doit d’être célébrée.

Sur le plan économique, Pierre Fortin, économiste à l’UQAM, confirme cette vision positive de la sortie de crise au vu des économies qui se sont accumulées.

Au Canada par exemple, l’épargne excédentaire accumulée atteint 450 milliards de dollars pour les deuxième et troisième trimestre 2020, épargne qui attend la fin de la crise pour être utilisée en grande partie. L’économiste fait un parallèle avec la fin de la seconde guerre mondiale où les économistes prédisaient une récession car les gouvernements arrêtaient leur dépense militaire mais n’avaient pas anticipé que les sommes épargnées pendant la guerre prendraient le relais et relanceraient les économies. Tout dépendra donc de la psychologie des consommateurs et de leur désir de consommer plus.

Des sociologues, comme Amélie Quesnel-Vallée, professeur aux départements de sociologie et d’épidémiologie à l’université McGill par exemple, tempèrent cette prédiction en indiquant que si les classes ayant un emploi stable et ayant réussi à épargner seront dans cette dynamique, ce pourrait ne pas être le cas de classes plus précaires de la société et la crise pourrait en fait creuser les inégalités.

Il s’agit notamment des femmes dont le statut est souvent plus précaire que les hommes et des travailleurs à faible revenu ayant peu profité des rebonds de l’activité pendant la pandémie, qui pourraient devenir les laisser pour compte de la reprise post pandémique. Le parallèle avec les autres crises atteint aussi ses limites selon le sociologue Simon Langlois de l’université de Laval, notamment parce que la société actuelle n’a pas connu de pénuries ou l’horreur de la guerre vécues avec les crises précédentes.

Pour autant, un temps plus long sera vraisemblablement nécessaire pour permettre à certains secteurs d’activités, comme la restauration ou le petit commerce, de retrouver une bonne dynamique et à la société de s’épanouir à nouveau. L’historien Laurent Turcot, professeur à l’université de Québec à Trois-Rivières, rappelle aussi que l’histoire n’est jamais entièrement cyclique et que l’euphorie des années folles par exemple s’est terminée par un krach boursier, la montée des dictatures et la guerre.

De même, si les années folles sont synonyme de forte croissance et ont permis des progrès importants, elles ont aussi connu leur lot de misère avec notamment un exode rural massif qui s’est traduit par une paupérisation de la classe ouvrière en ville. Une autre différence, en référence avec la période post grippe espagnole, est la médiatisation de la crise actuelle que chacun commente et analyse, selon Joanne Burgess, professeur au département d’histoire de l’UQAM. Cette surmédiatisation pourrait produire un impact psychologique plus important et une projection dans l’après moins évidente.

https://www.lapresse.ca/societe/2021-02-28/un-an-de-pandemie/apres-la-pandemie-le-beau-temps.php

Afin d’assurer une meilleure gestion possible de l’activité d’après-crise pour les entreprises, il est utile de construire dès à présent un référentiel de retour d’expérience (RETEX) afin d’éviter notamment que le retour à une activité normale soit générateur d’une crise à part entière faute de préparation suffisante.

L’objectif est de tirer de la crise des enseignements constructifs et moins subjectifs que le simple débriefing à chaud. Ce retour d’expérience à initier le plus tôt possible après le début de la crise, permettra d’identifier les points forts et les points faibles qu’il est alors possible de corriger rapidement.

Il permettra aussi de dresser un bilan de la gestion de crise et proposer des pistes de progrès qui serviront pour améliorer l’organisation même en l’absence de crise.

Le RETEX abordera notamment les questions liées à la préparation de la gestion de la crise, telles que la formation des équipes ou l’existence de procédures et documents support, les outils de recueil d’informations et permettant une meilleure gestion du stress notamment, la coordination et la communication mise en place entre les différents intervenants, la cartographie de la continuité d’activités et des moyens humains à mobiliser, les espaces dédiés à la gestion de la crise et la logistique des équipements à distribuer. Ce processus peut se construire en interne à une structure ou en faisant appel à un intervenant extérieur.

https://www.iremos.fr/blog/preparer-le-retour-d-experience-de-votre-entreprise-face-a-la-crise-covid-19

Ainsi, organiser un retour d’expérience permet de concrétiser les pistes d’amélioration repérées pendant la crise, de renforcer les points forts et corriger les dysfonctionnements constatés, d’éviter des tensions sociales lors du retour à une activité normale et constituer une véritable boîte à outils réutilisable à disposition des dirigeants et des équipes.

Le prérequis de ce dispositif est de rappeler qu’il ne s’agit pas d’une recherche de responsabilité, ni d’un jugement porté sur des personnes ou des services mais d’un outil élaboré pour construire un bilan des tâches effectuées pendant la crise, comment elles ont été réalisées et les effets qu’elles ont produits.

Ce bilan permet d’envisager des mesures correctives et des améliorations à venir. Il permettra de savoir notamment si les modalités du télétravail correspondent aux besoins, si les compétences requises nécessitent la mise en place d’un plan de formation, si la prévention aux risques professionnels, physiques ou psychologiques a bien été prise en compte, si la communication a été  efficace et adaptée, si l’organisation du travail a été suffisamment claire et les moyens humais adaptés en conséquence.

https://www.anact.fr/covid-19-5-conseils-pour-organiser-un-retour-dexperience-rex

 
 
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Se projeter pour l’après pandémie

©Illustration/La Gazette de la Manche

 

L’analyse de l’histoire des pandémies permet d’être confiant sur les moments de joie, les festivités et la créativité qui feront leur retour à la fin de cette pandémie. Selon, Nicholas Christakis, médecin épidémiologiste et sociologue à Yale, ce renouveau se produira en 2024 au plus tôt.

Depuis l’Antiquité, le cycle des pandémies s’inscrit dans l’expérience humaine mais c’est la première fois que l’être humain a la chance de pouvoir créer pendant la pandémie le vaccin pour la vaincre.

En référence à d’autres pandémies et notamment la grippe espagnole, ce spécialiste rappelle que la population est soumise à trois phases successives : la phase pandémique caractérisée par la situation actuelle, confinement, repli sur soi et effondrement de l’économie notamment, jusqu’à ce qu’un niveau suffisant d’immunité collective soit atteint, la phase intermédiaire correspondant à la fin et au contrecoup de la crise puis la phase post-pandémique.

Cette dernière phase pourrait se traduire par la recherche d’interactions sociales débridées, un besoin pressant de dépenser l’argent économisé, un regain de créativité artistique et entrepreneuriale. Malgré les nombreux morts et malades chroniques, la société souhaitera fêter la fin de la crise car la fin de toutes les pandémies se doit d’être célébrée.

Sur le plan économique, Pierre Fortin, économiste à l’UQAM, confirme cette vision positive de la sortie de crise au vu des économies qui se sont accumulées.

Au Canada par exemple, l’épargne excédentaire accumulée atteint 450 milliards de dollars pour les deuxième et troisième trimestre 2020, épargne qui attend la fin de la crise pour être utilisée en grande partie. L’économiste fait un parallèle avec la fin de la seconde guerre mondiale où les économistes prédisaient une récession car les gouvernements arrêtaient leur dépense militaire mais n’avaient pas anticipé que les sommes épargnées pendant la guerre prendraient le relais et relanceraient les économies. Tout dépendra donc de la psychologie des consommateurs et de leur désir de consommer plus.

Des sociologues, comme Amélie Quesnel-Vallée, professeur aux départements de sociologie et d’épidémiologie à l’université McGill par exemple, tempèrent cette prédiction en indiquant que si les classes ayant un emploi stable et ayant réussi à épargner seront dans cette dynamique, ce pourrait ne pas être le cas de classes plus précaires de la société et la crise pourrait en fait creuser les inégalités.

Il s’agit notamment des femmes dont le statut est souvent plus précaire que les hommes et des travailleurs à faible revenu ayant peu profité des rebonds de l’activité pendant la pandémie, qui pourraient devenir les laisser pour compte de la reprise post pandémique. Le parallèle avec les autres crises atteint aussi ses limites selon le sociologue Simon Langlois de l’université de Laval, notamment parce que la société actuelle n’a pas connu de pénuries ou l’horreur de la guerre vécues avec les crises précédentes.

Pour autant, un temps plus long sera vraisemblablement nécessaire pour permettre à certains secteurs d’activités, comme la restauration ou le petit commerce, de retrouver une bonne dynamique et à la société de s’épanouir à nouveau. L’historien Laurent Turcot, professeur à l’université de Québec à Trois-Rivières, rappelle aussi que l’histoire n’est jamais entièrement cyclique et que l’euphorie des années folles par exemple s’est terminée par un krach boursier, la montée des dictatures et la guerre.

De même, si les années folles sont synonyme de forte croissance et ont permis des progrès importants, elles ont aussi connu leur lot de misère avec notamment un exode rural massif qui s’est traduit par une paupérisation de la classe ouvrière en ville. Une autre différence, en référence avec la période post grippe espagnole, est la médiatisation de la crise actuelle que chacun commente et analyse, selon Joanne Burgess, professeur au département d’histoire de l’UQAM. Cette surmédiatisation pourrait produire un impact psychologique plus important et une projection dans l’après moins évidente.

https://www.lapresse.ca/societe/2021-02-28/un-an-de-pandemie/apres-la-pandemie-le-beau-temps.php

Afin d’assurer une meilleure gestion possible de l’activité d’après-crise pour les entreprises, il est utile de construire dès à présent un référentiel de retour d’expérience (RETEX) afin d’éviter notamment que le retour à une activité normale soit générateur d’une crise à part entière faute de préparation suffisante.

L’objectif est de tirer de la crise des enseignements constructifs et moins subjectifs que le simple débriefing à chaud. Ce retour d’expérience à initier le plus tôt possible après le début de la crise, permettra d’identifier les points forts et les points faibles qu’il est alors possible de corriger rapidement.

Il permettra aussi de dresser un bilan de la gestion de crise et proposer des pistes de progrès qui serviront pour améliorer l’organisation même en l’absence de crise.

Le RETEX abordera notamment les questions liées à la préparation de la gestion de la crise, telles que la formation des équipes ou l’existence de procédures et documents support, les outils de recueil d’informations et permettant une meilleure gestion du stress notamment, la coordination et la communication mise en place entre les différents intervenants, la cartographie de la continuité d’activités et des moyens humains à mobiliser, les espaces dédiés à la gestion de la crise et la logistique des équipements à distribuer. Ce processus peut se construire en interne à une structure ou en faisant appel à un intervenant extérieur.

https://www.iremos.fr/blog/preparer-le-retour-d-experience-de-votre-entreprise-face-a-la-crise-covid-19

Ainsi, organiser un retour d’expérience permet de concrétiser les pistes d’amélioration repérées pendant la crise, de renforcer les points forts et corriger les dysfonctionnements constatés, d’éviter des tensions sociales lors du retour à une activité normale et constituer une véritable boîte à outils réutilisable à disposition des dirigeants et des équipes.

Le prérequis de ce dispositif est de rappeler qu’il ne s’agit pas d’une recherche de responsabilité, ni d’un jugement porté sur des personnes ou des services mais d’un outil élaboré pour construire un bilan des tâches effectuées pendant la crise, comment elles ont été réalisées et les effets qu’elles ont produits.

Ce bilan permet d’envisager des mesures correctives et des améliorations à venir. Il permettra de savoir notamment si les modalités du télétravail correspondent aux besoins, si les compétences requises nécessitent la mise en place d’un plan de formation, si la prévention aux risques professionnels, physiques ou psychologiques a bien été prise en compte, si la communication a été  efficace et adaptée, si l’organisation du travail a été suffisamment claire et les moyens humais adaptés en conséquence.

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