Pourquoi le Chili se reconfine-t-il alors qu’il est le 3e pays le plus vacciné au monde ?

 

ÉPIDÉMIE – Le Chili a décidé de confiner une nouvelle fois sa population malgré une campagne vaccinale qui va bon train. De quoi décrédibiliser l’utilité des vaccins aux yeux des internautes. Nous avons passé ce phénomène au crible.

C’est un paradoxe aux conséquences désastreuses. Au Chili, plus d’un tiers de la population a reçu une première dose de vaccin. Et pourtant, 80% des Chiliens sont à nouveau confinés, à cause de la saturation des hôpitaux. La prouesse de la campagne vaccinale n’a pas été couronnée des résultats escomptés dans ce pays d’Amérique du Sud. L’épidémie semble au contraire s’accélérer. Un constat qui étonne certains. Et qui sert d’arguments aux opposants à la vaccination, qui voient là la démonstration de son inutilité. Les choses ne sont pourtant pas si simples. 
 

Plus de cas que lors de la première vague

Il y a eu à ce jour plus de sept millions de doses administrées dans le pays. Une campagne ambitieuse, qui a démarré sur les chapeaux de roue grâce à des contrats conclus très tôt avec les laboratoires, et notamment le chinois Sinovac. Résultat : d’après l’outil Our World in Data, le Chili a déjà inoculé une dose à  plus de 37% de sa population. De quoi le classer au troisième des rangs des doses de vaccin injectées par habitant, derrière Israël et les Émirats arabes unis. Et pourtant, le pays reconfine, de manière stricte, comme au printemps 2020. Comme le note cet article de Reuters, les frontières extérieures sont désormais fermées, un couvre-feu national est entré en vigueur et les élections qui devaient avoir lieu le 11 avril ont été repoussées. La très grande majorité des 19 millions de Chiliens sont quant à eux totalement confinés, empêchés de circuler librement, sauf à prouver qu’ils sont travailleurs essentiels – principalement le personnel médical et de grandes surfaces –  peuvent se déplacer. 

Un confinement devenu inéluctable face à une vague épidémique d’une ampleur supérieure à la première. Et qui a frappé le pays avant que celui-ci ne puisse atteindre une quelconque forme d’immunité collective, prévue en juillet. Ce jeudi, les autorités sanitaires ont enregistré 7830 nouveaux cas. Un record qui a fait passer le pays au-dessus du seuil symbolique du million d’infections. Et qui fait peser un lourd poids sur les hôpitaux, au bord de la saturation. Ce jeudi, plus de 95 % des lits étaient occupés, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Des patients de plus en plus jeunes. Dans ces services, il y a désormais plus de personnes de moins de 39 ans que de malades de plus de 70 ans, relèvent les autorités sanitaires. La mortalité reste, quant à elle, bien en deçà du niveau du premier confinement.

 

 

Un “faux sentiment de sécurité”

Alors comment expliquer ce paradoxe ? Les experts évoquent l’effet d’un “faux sentiment de sécurité”, parfaitement résumé par la Dr Francisca Crispi interrogée dans les pages du New York TimesElle décrit un phénomène qui voit la population, face à une campagne vaccinale accélérée, a l’impression que la pandémie est terminée. Or, la vaccination, qu’elle que soit son ampleur ou sa vitesse, ne peut pas être efficace si rapidement. Comme nous l’expliquons déjà dans un précédent article, qui traitait du même phénomène apparu en Israël, les  vaccins ne protègent pas à la minute où l’aiguille entre dans le bras. Surtout quand les produits inoculés sont ceux de Pfizer et Sinovac, qui nécessitent tous les deux injections, espacées de plusieurs semaines, après lesquelles il faut attendre au moins une semaine avant d’observer un quelconque effet.

 

Une efficacité qui, pour rappel, a fait ses preuves sur les cas symptomatiques ou les hospitalisations. Et non pas sur la contagiosité. Si certaines données sont prometteuses sur le sujet, notamment les observations faites au Royaume-Uni avec Pfizer, on manque encore de recul sur la capacité des vaccins à freiner la propagation. D’autant  plus que la population est majoritairement vaccinée avec le produit du chinois Sinovac, dont on dispose de très peu de données publiées dans des revues scientifiques. On peut cependant rappeler que lors d’études effectuées au Brésil, son efficacité n’a été évaluée qu’aux alentours de 50% contre les contaminations et de 80% contre les hospitalisations.

Résultat : ce pays à la campagne qui servait un temps de modèle est désormais pris en contre-exemple. L’OMS a cité cette situation pour prouver que la vaccination ne pouvait pas être l’unique seule solution. Et que, dans l’attente d’une immunité collective, nul ne pouvait baisser la garde. Pour rappel, d’après l’Institut Pasteur, il faudrait vacciner neuf adultes sur dix pour atteindre cette protection à l’échelle nationale. 

https://www.lci.fr/international/covid-19-sinovac-pays-parmi-les-plus-vaccines-pourquoi-le-chili-se-remet-il-en-confinement-2183119.html

 
 
 
 
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ÉPIDÉMIE - Le Chili a décidé de confiner une nouvelle fois sa population malgré une campagne vaccinale qui va bon train. De quoi décrédibiliser l’utilité des vaccins aux yeux des internautes. Nous avons passé ce phénomène au crible.

C'est un paradoxe aux conséquences désastreuses. Au Chili, plus d'un tiers de la population a reçu une première dose de vaccin. Et pourtant, 80% des Chiliens sont à nouveau confinés, à cause de la saturation des hôpitaux. La prouesse de la campagne vaccinale n'a pas été couronnée des résultats escomptés dans ce pays d'Amérique du Sud. L'épidémie semble au contraire s'accélérer. Un constat qui étonne certains. Et qui sert d'arguments aux opposants à la vaccination, qui voient là la démonstration de son inutilité. Les choses ne sont pourtant pas si simples. 
 

Plus de cas que lors de la première vague

Il y a eu à ce jour plus de sept millions de doses administrées dans le pays. Une campagne ambitieuse, qui a démarré sur les chapeaux de roue grâce à des contrats conclus très tôt avec les laboratoires, et notamment le chinois Sinovac. Résultat : d'après l'outil Our World in Data, le Chili a déjà inoculé une dose à  plus de 37% de sa population. De quoi le classer au troisième des rangs des doses de vaccin injectées par habitant, derrière Israël et les Émirats arabes unis. Et pourtant, le pays reconfine, de manière stricte, comme au printemps 2020. Comme le note cet article de Reuters, les frontières extérieures sont désormais fermées, un couvre-feu national est entré en vigueur et les élections qui devaient avoir lieu le 11 avril ont été repoussées. La très grande majorité des 19 millions de Chiliens sont quant à eux totalement confinés, empêchés de circuler librement, sauf à prouver qu'ils sont travailleurs essentiels - principalement le personnel médical et de grandes surfaces -  peuvent se déplacer. 

Un confinement devenu inéluctable face à une vague épidémique d'une ampleur supérieure à la première. Et qui a frappé le pays avant que celui-ci ne puisse atteindre une quelconque forme d'immunité collective, prévue en juillet. Ce jeudi, les autorités sanitaires ont enregistré 7830 nouveaux cas. Un record qui a fait passer le pays au-dessus du seuil symbolique du million d'infections. Et qui fait peser un lourd poids sur les hôpitaux, au bord de la saturation. Ce jeudi, plus de 95 % des lits étaient occupés, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Des patients de plus en plus jeunes. Dans ces services, il y a désormais plus de personnes de moins de 39 ans que de malades de plus de 70 ans, relèvent les autorités sanitaires. La mortalité reste, quant à elle, bien en deçà du niveau du premier confinement.

 

 

Un "faux sentiment de sécurité"

Alors comment expliquer ce paradoxe ? Les experts évoquent l'effet d'un "faux sentiment de sécurité", parfaitement résumé par la Dr Francisca Crispi interrogée dans les pages du New York TimesElle décrit un phénomène qui voit la population, face à une campagne vaccinale accélérée, a l'impression que la pandémie est terminée. Or, la vaccination, qu'elle que soit son ampleur ou sa vitesse, ne peut pas être efficace si rapidement. Comme nous l'expliquons déjà dans un précédent article, qui traitait du même phénomène apparu en Israël, les  vaccins ne protègent pas à la minute où l'aiguille entre dans le bras. Surtout quand les produits inoculés sont ceux de Pfizer et Sinovac, qui nécessitent tous les deux injections, espacées de plusieurs semaines, après lesquelles il faut attendre au moins une semaine avant d'observer un quelconque effet.

 

Une efficacité qui, pour rappel, a fait ses preuves sur les cas symptomatiques ou les hospitalisations. Et non pas sur la contagiosité. Si certaines données sont prometteuses sur le sujet, notamment les observations faites au Royaume-Uni avec Pfizer, on manque encore de recul sur la capacité des vaccins à freiner la propagation. D'autant  plus que la population est majoritairement vaccinée avec le produit du chinois Sinovac, dont on dispose de très peu de données publiées dans des revues scientifiques. On peut cependant rappeler que lors d'études effectuées au Brésil, son efficacité n'a été évaluée qu'aux alentours de 50% contre les contaminations et de 80% contre les hospitalisations.

Résultat : ce pays à la campagne qui servait un temps de modèle est désormais pris en contre-exemple. L'OMS a cité cette situation pour prouver que la vaccination ne pouvait pas être l'unique seule solution. Et que, dans l'attente d'une immunité collective, nul ne pouvait baisser la garde. Pour rappel, d'après l'Institut Pasteur, il faudrait vacciner neuf adultes sur dix pour atteindre cette protection à l'échelle nationale. 

https://www.lci.fr/international/covid-19-sinovac-pays-parmi-les-plus-vaccines-pourquoi-le-chili-se-remet-il-en-confinement-2183119.html

 
 
 
 
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