Les méga-feux de forêt mettent en danger la planète

 

Depuis 20 ans , les énormes-feux se multiplient à une vitesse affolante. De l’Océanie à la Californie, et en Europe , Portugal , Espagne , les images de feux spectaculaires dévorant forêts et habitations ont fait la Une, ces derniers mois. Et ce n’est qu’un début, préviennent l’ONU-Environnement et le centre GRID-Arendal.

La terre n’est pas prête à faire face aux incendies exceptionnels comme ceux ayant ravagé l’Australie sur la période 2019-2020, des épisodes extrêmes alimentés par le réchauffement climatique dont le nombre devrait augmenter d’ici la fin du si
ècle , met en garde l’ONU dans un rapport publié mercredi 23 février.

Tous les incendies, naturels, accidentels ou provoqués, ne sont pas directement causés par le réchauffement de la planète, mais les épisodes de plus en plus fréquents et intenses de sécheresses et de canicules créent des conditions propices à leur développement. “Même en mettant en place les efforts les plus ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la planète subira une hausse dramatique de la fréquence des conditions favorisant les incendies extrêmes”, indique le document.


Les conditions favorables ne veulent pas forcément dire incendies. Malgré tout, même si le monde parvenait à limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l’ère préindustrielle, objectif principal de l’accord de Paris, le nombre d’épisodes d’incendies catastrophiques comme ceux qui ont ravagé l’Australie pendant l’été austral 2019-2020 ou l’Arctique en 2020, devrait augmenter entre 9 et 14% d’ici 2030, entre 20 à 33% d’ici 2050, et entre 31 et 52% d’ici 2100.

Tous ces chiffres ne concernent que les incendies les plus exceptionnels, qui en théorie ne se produisent qu’une fois tous les 100 ans et qui se produisent ainsi un peu plus souvent. “Ce sont des événements à faible probabilité et cela accroît leur probabilité légèrement”, explique l’un des auteurs, Andrew Sullivan, de l’agence CSIRO. Si le rapport ne fournit pas d’estimation pour le reste des incendies, “il est probable que les épisodes extrêmes augmentent tout autant”, ajoute-t-il, notant que la hausse du nombre d’événements pouvait aussi être interprétée comme une extension des surfaces brûlées.

Et même en parlant d’une possible aggravation de la situation, les incendies sont déjà un danger pour la vie sur la planète : inhalation de fumée, dégradation des sols et pollution de l’eau, destruction des habitats de nombreuses espèces… Sans oublier l’aggravation du réchauffement climatique en raison de la destruction des forêts, cruciales pour absorber le carbone que nous émettons. Mais si éliminer le risque d’incendies est impossible, il peut en revanche être réduit, insiste le rapport.

Les solutions seraient d’améliorer la gestion des “combustibles” – tout ce qui peut brûler -, autre variable clé du comportement d’un incendie avec les conditions météo (chaleur et sécheresse) et la topographie. Mais “la réponse des gouvernements face aux incendies est de mettre de l’argent au mauvais endroit”, regrette la patronne de l’ONU-Environnement, Inger Andersen. Selon le rapport, les coûts des dommages causés par les feux sont largement plus élevés que les investissements pour les combattre, dont la plus grande part concerne aujourd’hui la réaction aux feux déjà démarrés (pompiers, évacuations, …).

Il faudrait tenter de corriger ce déséquilibre  en investissant dans la prévention : réduire les activités pouvant causer des départs de feux, mieux gérer les végétaux morts, débroussailler autour des habitations, modifier l’aménagement du territoire… “Nous devons minimiser les risques d’incendies extrêmes en étant préparés”, a insisté Inger Andersen. Cela passe par “investir plus dans la réduction des risques, travailler avec les communautés locales et renforcer les engagements contre le changement climatique”.
 
 
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Les méga-feux de forêt mettent en danger la planète

 

Depuis 20 ans , les énormes-feux se multiplient à une vitesse affolante. De l'Océanie à la Californie, et en Europe , Portugal , Espagne , les images de feux spectaculaires dévorant forêts et habitations ont fait la Une, ces derniers mois. Et ce n'est qu'un début, préviennent l'ONU-Environnement et le centre GRID-Arendal.
La terre n'est pas prête à faire face aux incendies exceptionnels comme ceux ayant ravagé l'Australie sur la période 2019-2020, des épisodes extrêmes alimentés par le réchauffement climatique dont le nombre devrait augmenter d'ici la fin du siècle , met en garde l'ONU dans un rapport publié mercredi 23 février.
Tous les incendies, naturels, accidentels ou provoqués, ne sont pas directement causés par le réchauffement de la planète, mais les épisodes de plus en plus fréquents et intenses de sécheresses et de canicules créent des conditions propices à leur développement. "Même en mettant en place les efforts les plus ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la planète subira une hausse dramatique de la fréquence des conditions favorisant les incendies extrêmes", indique le document.


Les conditions favorables ne veulent pas forcément dire incendies. Malgré tout, même si le monde parvenait à limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l'ère préindustrielle, objectif principal de l'accord de Paris, le nombre d'épisodes d'incendies catastrophiques comme ceux qui ont ravagé l'Australie pendant l'été austral 2019-2020 ou l'Arctique en 2020, devrait augmenter entre 9 et 14% d'ici 2030, entre 20 à 33% d'ici 2050, et entre 31 et 52% d'ici 2100.

Tous ces chiffres ne concernent que les incendies les plus exceptionnels, qui en théorie ne se produisent qu'une fois tous les 100 ans et qui se produisent ainsi un peu plus souvent. "Ce sont des événements à faible probabilité et cela accroît leur probabilité légèrement", explique l'un des auteurs, Andrew Sullivan, de l'agence CSIRO. Si le rapport ne fournit pas d'estimation pour le reste des incendies, "il est probable que les épisodes extrêmes augmentent tout autant", ajoute-t-il, notant que la hausse du nombre d'événements pouvait aussi être interprétée comme une extension des surfaces brûlées.

Et même en parlant d'une possible aggravation de la situation, les incendies sont déjà un danger pour la vie sur la planète : inhalation de fumée, dégradation des sols et pollution de l'eau, destruction des habitats de nombreuses espèces... Sans oublier l'aggravation du réchauffement climatique en raison de la destruction des forêts, cruciales pour absorber le carbone que nous émettons. Mais si éliminer le risque d'incendies est impossible, il peut en revanche être réduit, insiste le rapport.

Les solutions seraient d'améliorer la gestion des "combustibles" - tout ce qui peut brûler -, autre variable clé du comportement d'un incendie avec les conditions météo (chaleur et sécheresse) et la topographie. Mais "la réponse des gouvernements face aux incendies est de mettre de l'argent au mauvais endroit", regrette la patronne de l'ONU-Environnement, Inger Andersen. Selon le rapport, les coûts des dommages causés par les feux sont largement plus élevés que les investissements pour les combattre, dont la plus grande part concerne aujourd'hui la réaction aux feux déjà démarrés (pompiers, évacuations, ...).

Il faudrait tenter de corriger ce déséquilibre  en investissant dans la prévention : réduire les activités pouvant causer des départs de feux, mieux gérer les végétaux morts, débroussailler autour des habitations, modifier l'aménagement du territoire... "Nous devons minimiser les risques d'incendies extrêmes en étant préparés", a insisté Inger Andersen. Cela passe par "investir plus dans la réduction des risques, travailler avec les communautés locales et renforcer les engagements contre le changement climatique".  
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