De Margharita Sarfatti à Eric Zemmour, des trajectoires similaires, portées par les extrêmes


 
 
Qui est Margharita Sarfatti ? Née Margharita Grassani, d’une famille juive italienne, à Venise le 8 avril 1880, elle est une femme de lettres, une journaliste et une critique d’art italienne. Elle fut, de la Première Guerre mondiale au début des années 1930, la maîtresse et la muse de Benito Mussolini et l’un des fondateurs historiques du parti fasciste italien. Elle est à l’origine du mouvement artistique du Novecento.

Son destin est paradoxal, au début de sa carrière politique, elle embrasse la cause humaine et les idées des socialistes, Margherita Sarfatti s’affirme rapidement comme critique d’art, collaborant à Avanti ! le journal du parti socialiste où elle tient une rubrique dès 1909.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Avanti!_(journal)

Margharita Sarfatti rencontre Benito Mussolini en 1912.

Avant la déclaration de la Première Guerre mondiale, alors que le Parti socialiste italien, suivant les résolutions de l’Internationale socialiste, prône la neutralité, Mussolini fait de même. C’est Margherita qui le convainc d’être “interventionniste” et appelle à l’entrée en guerre aux côtés de la France.

Mussolini est exclu du Parti et fonde son propre journal, Il Popolo d’Italia. Margherita, qui était devenue sa conseillère, l’aide à financer le journal avec ses propres fonds et ses relations. Son salon devient le point de ralliement de l’interventionnisme.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Il_Popolo_d%27Italia

Dès la signature de l’armistice, le 11 novembre 1918, la relation entre Mussolini et Margherita Sarfatti se transforme en une histoire d’amour.
 

Grâce à sa fortune, ses écrits, ses réseaux, son sens politique, elle deviendra la propagandiste du fascisme. Justifiant la violence des milices, critiquant ses amis d’hier, proclamant sa haine des démocraties, elle soutient l’ascension du Duce jusqu’à la marche sur Rome et l’instauration du nouveau régime. Rédactrice de Gerarchia, la revue théorique du fascisme, fondée par Mussolini, elle en explique les principes et les objectifs.
 
 

Margharita Sarfatti écrivant l’hagiographie de Mussolini -1925

Dès le début du fascisme, elle établit son pouvoir d’influence, qui atteint son apogée à la fin des années 1920. C’est à elle que les journalistes étrangers devaient demander une interview avec le Duce, c’est elle qui donnait à Mussolini le rapport de la presse étrangère, c’est elle qui était sollicitée pour des faveurs et des privilèges.

Elle devint le chef de file de la révolution culturelle fasciste, proclamant qu’il était temps de “revenir à l’ordre”, à une nouvelle figuration puisant aux sources du classicisme.

 
 
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une rare image publique de Mussolini avec Margherita (assis entre les deux, l’écrivain Luigi Siciliani).


Margharita Sarfati a en tête la création d’un groupe d’artistes appelé Novecento italiano, qu’elle expose à la Triennale de Milan, puis lors de tournées en Europe du Nord et en Amérique du Sud, avec l’intention d’accréditer l’avènement d’un “style fasciste”.


Margharita Sarfatti devient une célébrité internationale avec Dux, son hagiographie de Mussolini, publiée en 1925, d’abord à Londres (en Italie à partir de 1926), vendue à 25 000 exemplaires la première année, puis à des millions d’exemplaires et traduite en 17 langues. Elle y construit le mythe du Duce, un nouvel Auguste étendant son empire au-delà de la Méditerranée et offrant au peuple une nouvelle ère de prospérité, la “Troisième Rome”.

Après la publication du livre aux États-Unis, le patron de presse américain William Randolph Hearst propose à Mussolini des contrats astronomiques pour des articles qui le présentent sous le meilleur jour possible et prônent le réarmement de l’Italie en vue de son expansion coloniale. Le contrat est double : il prévoit qu’ils soient rédigés par Margherita Sarfatti et signés par le dictateur, et il est renouvelé jusqu’en 1934.

Margharita Sarfatti a été la caution morale de Mussolini, d’Adolph Hitler et du mouvement nationaliste-faciste. Comment peut-on soupçonner ces deux monstres dictatoriaux de racisme alors que Margharita Sarfatti est juive. Il est clair qu’elle a causé de graves dommages à sa propre communauté.
 
Margherita Sarfatti-1-800x400
                 Sarfatti est invitée au Kulturbund de Vienne, où elle parle du mode de vie au XXe siècle sous Mussolini – A. Mahler et F. Werfel sont également dans l’assistance.
 
Son aveuglement, ses convictions nationalistes et son pseudo amour pour la nation italienne ont porté au pouvoir des fous hystériques et criminels.

Son origine juive la rattrape et elle s’exile à Paris, puis en Amérique latine lorsque le fascisme italien devient antisémite.

Sa sœur, Nella Grassini Errera, restée en Italie, est déportée à Auschwitz avec son mari. Elle y mourut.

En septembre 1939, elle s’installe en Uruguay où son fils Amedeo s’est réfugié.

Eric Zemmour suit la même démarche que Margherita Sarfatti, ils ont les mêmes idéaux, pour Margherita Safatti, rendre à l’Italie la splendeur de Rome et devenir un empire, la priorité aux Italiens de souche et le rejet de l’immigré.

Eric Zemmour est dans la même lignée, rendre à la France son empire de l’époque napoléonienne, la priorité aux Français, le rejet de l’immigré, utiliser la démocratie pour imposer un état autoritaire, son amour pour Pétain et le régime de Vichy, ses idées sont sectaires et dangereuses.

Eric Zemmour aime l’histoire, il serait bon qu’il étudie cette période de l’histoire et la montée du facisme en Italie et en Europe.

Les extrêmes sont dangereux et surtout agissent comme des boomerangs, Eric Zemmour a une famille, des enfants, il peut crier qu’il aime la France, mais il sera le premier à être touché par les vrais extrémistes de droite, les pétainiste, les antisémites virulents.

Eric Zemmour est manipulé par des gens qui n’aiment pas les étrangers et surtout qui détestent les juifs aux idées nazies. Ils l’utilisent comme caution morale parce qu’il est “juif” comme Margherita Sarfatti.

Eric Zemmour peut aimer la France sans détester les autres et se souvenir de cette phrase célèbre “oublier son passé, c’est être condamné à le revivre”.

Tous les chemins mènent à Rome et ceux des facistes à Vichy ou au Berghof, le nid d’aigle d’Hitler.
 
 
 
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De Margharita Sarfatti à Eric Zemmour, des trajectoires similaires, portées par les extrêmes

Qui est Margharita Sarfatti ? Née Margharita Grassani, d'une famille juive italienne, à Venise le 8 avril 1880, elle est une femme de lettres, une journaliste et une critique d'art italienne. Elle fut, de la Première Guerre mondiale au début des années 1930, la maîtresse et la muse de Benito Mussolini et l'un des fondateurs historiques du parti fasciste italien. Elle est à l'origine du mouvement artistique du Novecento. Son destin est paradoxal, au début de sa carrière politique, elle embrasse la cause humaine et les idées des socialistes, Margherita Sarfatti s'affirme rapidement comme critique d'art, collaborant à Avanti ! le journal du parti socialiste où elle tient une rubrique dès 1909.https://fr.wikipedia.org/wiki/Avanti!_(journal) Margharita Sarfatti rencontre Benito Mussolini en 1912. Avant la déclaration de la Première Guerre mondiale, alors que le Parti socialiste italien, suivant les résolutions de l'Internationale socialiste, prône la neutralité, Mussolini fait de même. C'est Margherita qui le convainc d'être "interventionniste" et appelle à l'entrée en guerre aux côtés de la France. Mussolini est exclu du Parti et fonde son propre journal, Il Popolo d'Italia. Margherita, qui était devenue sa conseillère, l'aide à financer le journal avec ses propres fonds et ses relations. Son salon devient le point de ralliement de l'interventionnisme.https://fr.wikipedia.org/wiki/Il_Popolo_d%27Italia Dès la signature de l'armistice, le 11 novembre 1918, la relation entre Mussolini et Margherita Sarfatti se transforme en une histoire d'amour. Grâce à sa fortune, ses écrits, ses réseaux, son sens politique, elle deviendra la propagandiste du fascisme. Justifiant la violence des milices, critiquant ses amis d'hier, proclamant sa haine des démocraties, elle soutient l'ascension du Duce jusqu'à la marche sur Rome et l'instauration du nouveau régime. Rédactrice de Gerarchia, la revue théorique du fascisme, fondée par Mussolini, elle en explique les principes et les objectifs.https://en.wikipedia.org/wiki/Gerarchia   Margharita Sarfatti écrivant l'hagiographie de Mussolini -1925 Dès le début du fascisme, elle établit son pouvoir d'influence, qui atteint son apogée à la fin des années 1920. C'est à elle que les journalistes étrangers devaient demander une interview avec le Duce, c'est elle qui donnait à Mussolini le rapport de la presse étrangère, c'est elle qui était sollicitée pour des faveurs et des privilèges. Elle devint le chef de file de la révolution culturelle fasciste, proclamant qu'il était temps de "revenir à l'ordre", à une nouvelle figuration puisant aux sources du classicisme.
7954368954_77a7243657_bune rare image publique de Mussolini avec Margherita (assis entre les deux, l'écrivain Luigi Siciliani). Margharita Sarfati a en tête la création d'un groupe d'artistes appelé Novecento italiano, qu'elle expose à la Triennale de Milan, puis lors de tournées en Europe du Nord et en Amérique du Sud, avec l'intention d'accréditer l'avènement d'un "style fasciste".https://en.wikipedia.org/wiki/Novecento_Italiano Margharita Sarfatti devient une célébrité internationale avec Dux, son hagiographie de Mussolini, publiée en 1925, d'abord à Londres (en Italie à partir de 1926), vendue à 25 000 exemplaires la première année, puis à des millions d'exemplaires et traduite en 17 langues. Elle y construit le mythe du Duce, un nouvel Auguste étendant son empire au-delà de la Méditerranée et offrant au peuple une nouvelle ère de prospérité, la "Troisième Rome". Après la publication du livre aux États-Unis, le patron de presse américain William Randolph Hearst propose à Mussolini des contrats astronomiques pour des articles qui le présentent sous le meilleur jour possible et prônent le réarmement de l'Italie en vue de son expansion coloniale. Le contrat est double : il prévoit qu'ils soient rédigés par Margherita Sarfatti et signés par le dictateur, et il est renouvelé jusqu'en 1934. Margharita Sarfatti a été la caution morale de Mussolini, d'Adolph Hitler et du mouvement nationaliste-faciste. Comment peut-on soupçonner ces deux monstres dictatoriaux de racisme alors que Margharita Sarfatti est juive. Il est clair qu'elle a causé de graves dommages à sa propre communauté. Margherita Sarfatti-1-800x400                 Sarfatti est invitée au Kulturbund de Vienne, où elle parle du mode de vie au XXe siècle sous Mussolini - A. Mahler et F. Werfel sont également dans l'assistance. Son aveuglement, ses convictions nationalistes et son pseudo amour pour la nation italienne ont porté au pouvoir des fous hystériques et criminels. Son origine juive la rattrape et elle s'exile à Paris, puis en Amérique latine lorsque le fascisme italien devient antisémite. Sa sœur, Nella Grassini Errera, restée en Italie, est déportée à Auschwitz avec son mari. Elle y mourut. En septembre 1939, elle s'installe en Uruguay où son fils Amedeo s'est réfugié. Eric Zemmour suit la même démarche que Margherita Sarfatti, ils ont les mêmes idéaux, pour Margherita Safatti, rendre à l'Italie la splendeur de Rome et devenir un empire, la priorité aux Italiens de souche et le rejet de l'immigré. Eric Zemmour est dans la même lignée, rendre à la France son empire de l'époque napoléonienne, la priorité aux Français, le rejet de l'immigré, utiliser la démocratie pour imposer un état autoritaire, son amour pour Pétain et le régime de Vichy, ses idées sont sectaires et dangereuses. Eric Zemmour aime l'histoire, il serait bon qu'il étudie cette période de l'histoire et la montée du facisme en Italie et en Europe. Les extrêmes sont dangereux et surtout agissent comme des boomerangs, Eric Zemmour a une famille, des enfants, il peut crier qu'il aime la France, mais il sera le premier à être touché par les vrais extrémistes de droite, les pétainiste, les antisémites virulents. Eric Zemmour est manipulé par des gens qui n'aiment pas les étrangers et surtout qui détestent les juifs aux idées nazies. Ils l'utilisent comme caution morale parce qu'il est "juif" comme Margherita Sarfatti. Eric Zemmour peut aimer la France sans détester les autres et se souvenir de cette phrase célèbre "oublier son passé, c'est être condamné à le revivre". Tous les chemins mènent à Rome et ceux des facistes à Vichy ou au Berghof, le nid d'aigle d'Hitler.
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