Comment sortir de cette tourmente économique

Paul Krugman et Joseph Stiglitz
SIPA/AFP
 

Crise économique : sortir par l’offre ou par la demande 

En période de crise économique, les politiques économiques vont intervenir pour surmonter la crise soit au niveau l’offre, en se référant aux théories libérales classiques et néo-classiques, soit au niveau de la demande, en se référant aux théories keynésiennes. Les principaux économistes ayant influencés les politiques économiques sont :

Les 8 principaux économistes associés aux politiques libérales néo-classiques :

Les contemporains aux fondateurs de la théorie classique :

Thomas Malthus, 1766-1834, estime que toute hausse du revenu se traduit par une hausse des naissances qui amène à une pénurie des ressources, la hausse de mortalité va permettre de revenir à un équilibre entre population et ressources, célèbre pour la parabole du banquet où selon lui ceux qui ne peuvent se nourrir par eux-mêmes ne peuvent pas s’asseoir au grand banquet de la nature

Jean-Baptiste Say, 1767-1832, a énoncé la loi des débouchés selon laquelle la production ouvre des débouchés aux produits, l’offre crée la demande qui est satisfaite grâce aux revenus distribués aux facteurs de production, considère l’entrepreneur comme moteur de la croissance économique


Les fondateurs de l’école néo-classique

Léon Walras, 1834-1910, définit le prix à partir de la notion de rareté d’un produit et de son utilité, considère que la confrontation de l’offre et de la demande sur les marchés permet d’atteindre des prix d’équilibre, les prix évoluant tant que l’équilibre n’est pas atteint, considère que le rôle de l’État est principalement de lutter contre les monopoles

Alfred Marshall, 1842-1924, considère que le prix dépend du coût des facteurs de production et de la valeur que le consommateur accorde au produit, a formalisé la représentation de l’équilibre sur le marché par des courbes présentant l’offre et la demande, est à l’origine de la loi des rendements non proportionnels, d’abord croissants puis décroissants, soutient l’obligation pour les entreprises de s’adapter au marché grâce à des économie d’échelle et aux apports externes pour survivre


Les représentants de l’école autrichienne

Carl Menger, 1840-1921, fondateur de l’école autrichienne, considère que la valeur d’un bien dépend aussi de son utilisateur et de ses besoins, prend en compte le rôle de la monnaie dans l’économie réelle, explique les phénomènes économiques par les comportements individuels rationnels des agents économiques, considère que les échanges s’expliquent par l’hétérogénéité des préférences des individus 

Friedrich Hayek, 1899-1992, considère les prix comme l’information permettant la coordination des agents économiques, estime que la fragmentation de l’information rend inefficace la planification, considère que la crise de 1929 est dû à un excès de crédit et à la formation de bulle spéculatives


Les représentants de l’école de Chicago

Milton Friedman, 1912-2006, fondateur de l’école de Chicago, remet en cause l’intervention de l’État qui est à l’origine de l’inflation, développe la théorie des revenus permanent et la notion de taux de chômage naturel, considère que les politiques de relance sont sans effet car les agents épargnent le surplus de revenus et que l’inflation est due à une croissance excessive de la masse monétaire, a notamment influencé les politiques de Ronald Reagan, Margaret Thatcher, du Chili, de l’Argentine, de l’Islande et de l’Estonie

Robert Lucas, né en 1937, rejette la distinction entre micro-économie et macro-économie, est à l’origine du concept des anticipations rationnelles des agents économiques qui ajustent leur comportement en anticipant l’avenir en fonction de l’information dont ils disposent et de la connaissance qu’ils ont de l’économie


Les 6 principaux économistes associés aux politiques keynésiennes :

Les post-keynésiens

Joan Robinson, 1903-1983, considère que la détermination du prix s’effectue principalement par les entreprises et non par le rapport entre l’offre et la demande, cherche à démontrer les convergences entre les théories de Marx et de Keynes, considère que la croissance détermine le taux de profit et l’épargne

Nicholas Kaldor, 1908-1986, a inventé le carré magique keynésien qui représente les quatre grandes variables de la politique économique conjoncturelle, la croissance, l’emploi, la balance commerciale et la stabilité des prix, ce carré magique constitue une situation idéale car il est impossible d’atteindre simultanément les quatre objectifs, a proposé une théorie de la répartition des revenus et considère que l’investissement public peut être assuré par le déficit et qu’il favorise la croissance et une meilleure redistribution des revenus


Les néo-keynésiens

John Hicks, 1904-1989, reformule la théorie générale de Keynes et définit une relation entre taux d’intérêt et épargne, intègre certaines théories néo-classiques à la théorie keynésienne et considère que l’analyse keynésienne est valable à court terme, permettant de corriger les perturbations et que la théorie de l’équilibre générale est valable sur le long terne, estime que l’équilibre conjoint du marché des biens et de la monnaie détermine le revenu national

Paul Samuelson, 1915-2009, considéré comme le dernier généraliste de l’économie et le père de la micro-économie traditionnelle, a recherché à faire une synthèse des théories macro-économique keynésiennes et micro-économiques classiques, remet en question la théorie des avantages comparatifs dans le commerce international en mettant en avant le rôle du transfert de technologie et le phénomène d’imitation 


La nouvelle économie keynésienne

Joseph Stiglitz, né en 1943, considère que l’efficacité des marchés est une exception car les informations détenues par les agents économiques sont imparfaites et asymétriques, définit le salaire d’efficience proposé par un employeur comme celui étant au-dessus du niveau optimisant son profit afin de conserver les meilleurs salariés et corriger les biais d’information

Paul Krugman, né en 1953, démontre l’impact des économies d’échelles dans le commerce international, propose une nouvelle théorie des échanges internationaux qui tient compte des goûts différenciés des consommateurs pour expliquer l’intensité des échanges entre pays développés et la localisation des entreprises, critique les interventions des États dans la politique industrielle


2 économistes ayant développés une approche spécifique centrée sur le fonctionnement du capitalisme et le rôle des institutions :

Joseph Schumpeter, 1883-1950, considère que la dynamique du capitalisme dépend des innovations et du progrès technique, les grappes d’innovations provoquant la disparition des activités obsolètes, l’entrepreneur est l’acteur central de la croissance économique et son profit est la récompense pour la prise de risque 

Thorstein Veblen, 1857-1929, fondateur de l’institutionnalisme, s’intéresse aux évolutions de la société et de l’économie, aux motivations des acheteurs et au rôle des institutions dans les évolutions de la société, considère les institutions comme des habitudes de pensée dominantes qui façonnent les comportements, montre que les habitudes de consommation remplissent différentes fonction, le rôle des institutions se retrouve dans la théorie économique de la régulation qui cherche à expliquer le passage périodes de croissance et périodes de crises.


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Comment sortir de cette tourmente économique

Paul Krugman et Joseph Stiglitz
SIPA/AFP
 

Crise économique : sortir par l’offre ou par la demande 

En période de crise économique, les politiques économiques vont intervenir pour surmonter la crise soit au niveau l’offre, en se référant aux théories libérales classiques et néo-classiques, soit au niveau de la demande, en se référant aux théories keynésiennes. Les principaux économistes ayant influencés les politiques économiques sont :

Les 8 principaux économistes associés aux politiques libérales néo-classiques :

Les contemporains aux fondateurs de la théorie classique :

Thomas Malthus, 1766-1834, estime que toute hausse du revenu se traduit par une hausse des naissances qui amène à une pénurie des ressources, la hausse de mortalité va permettre de revenir à un équilibre entre population et ressources, célèbre pour la parabole du banquet où selon lui ceux qui ne peuvent se nourrir par eux-mêmes ne peuvent pas s’asseoir au grand banquet de la nature

Jean-Baptiste Say, 1767-1832, a énoncé la loi des débouchés selon laquelle la production ouvre des débouchés aux produits, l’offre crée la demande qui est satisfaite grâce aux revenus distribués aux facteurs de production, considère l’entrepreneur comme moteur de la croissance économique

Les fondateurs de l’école néo-classique

Léon Walras, 1834-1910, définit le prix à partir de la notion de rareté d’un produit et de son utilité, considère que la confrontation de l’offre et de la demande sur les marchés permet d’atteindre des prix d’équilibre, les prix évoluant tant que l’équilibre n’est pas atteint, considère que le rôle de l’État est principalement de lutter contre les monopoles

Alfred Marshall, 1842-1924, considère que le prix dépend du coût des facteurs de production et de la valeur que le consommateur accorde au produit, a formalisé la représentation de l’équilibre sur le marché par des courbes présentant l’offre et la demande, est à l’origine de la loi des rendements non proportionnels, d’abord croissants puis décroissants, soutient l’obligation pour les entreprises de s’adapter au marché grâce à des économie d’échelle et aux apports externes pour survivre

Les représentants de l’école autrichienne

Carl Menger, 1840-1921, fondateur de l’école autrichienne, considère que la valeur d’un bien dépend aussi de son utilisateur et de ses besoins, prend en compte le rôle de la monnaie dans l’économie réelle, explique les phénomènes économiques par les comportements individuels rationnels des agents économiques, considère que les échanges s’expliquent par l’hétérogénéité des préférences des individus 

Friedrich Hayek, 1899-1992, considère les prix comme l’information permettant la coordination des agents économiques, estime que la fragmentation de l’information rend inefficace la planification, considère que la crise de 1929 est dû à un excès de crédit et à la formation de bulle spéculatives

Les représentants de l’école de Chicago

Milton Friedman, 1912-2006, fondateur de l’école de Chicago, remet en cause l’intervention de l’État qui est à l’origine de l’inflation, développe la théorie des revenus permanent et la notion de taux de chômage naturel, considère que les politiques de relance sont sans effet car les agents épargnent le surplus de revenus et que l’inflation est due à une croissance excessive de la masse monétaire, a notamment influencé les politiques de Ronald Reagan, Margaret Thatcher, du Chili, de l’Argentine, de l’Islande et de l’Estonie

Robert Lucas, né en 1937, rejette la distinction entre micro-économie et macro-économie, est à l’origine du concept des anticipations rationnelles des agents économiques qui ajustent leur comportement en anticipant l’avenir en fonction de l’information dont ils disposent et de la connaissance qu’ils ont de l’économie

Les 6 principaux économistes associés aux politiques keynésiennes :

Les post-keynésiens

Joan Robinson, 1903-1983, considère que la détermination du prix s’effectue principalement par les entreprises et non par le rapport entre l’offre et la demande, cherche à démontrer les convergences entre les théories de Marx et de Keynes, considère que la croissance détermine le taux de profit et l’épargne

Nicholas Kaldor, 1908-1986, a inventé le carré magique keynésien qui représente les quatre grandes variables de la politique économique conjoncturelle, la croissance, l’emploi, la balance commerciale et la stabilité des prix, ce carré magique constitue une situation idéale car il est impossible d’atteindre simultanément les quatre objectifs, a proposé une théorie de la répartition des revenus et considère que l’investissement public peut être assuré par le déficit et qu’il favorise la croissance et une meilleure redistribution des revenus

Les néo-keynésiens

John Hicks, 1904-1989, reformule la théorie générale de Keynes et définit une relation entre taux d’intérêt et épargne, intègre certaines théories néo-classiques à la théorie keynésienne et considère que l’analyse keynésienne est valable à court terme, permettant de corriger les perturbations et que la théorie de l’équilibre générale est valable sur le long terne, estime que l’équilibre conjoint du marché des biens et de la monnaie détermine le revenu national

Paul Samuelson, 1915-2009, considéré comme le dernier généraliste de l’économie et le père de la micro-économie traditionnelle, a recherché à faire une synthèse des théories macro-économique keynésiennes et micro-économiques classiques, remet en question la théorie des avantages comparatifs dans le commerce international en mettant en avant le rôle du transfert de technologie et le phénomène d’imitation 

La nouvelle économie keynésienne

Joseph Stiglitz, né en 1943, considère que l’efficacité des marchés est une exception car les informations détenues par les agents économiques sont imparfaites et asymétriques, définit le salaire d’efficience proposé par un employeur comme celui étant au-dessus du niveau optimisant son profit afin de conserver les meilleurs salariés et corriger les biais d’information

Paul Krugman, né en 1953, démontre l’impact des économies d’échelles dans le commerce international, propose une nouvelle théorie des échanges internationaux qui tient compte des goûts différenciés des consommateurs pour expliquer l’intensité des échanges entre pays développés et la localisation des entreprises, critique les interventions des États dans la politique industrielle

2 économistes ayant développés une approche spécifique centrée sur le fonctionnement du capitalisme et le rôle des institutions :

Joseph Schumpeter, 1883-1950, considère que la dynamique du capitalisme dépend des innovations et du progrès technique, les grappes d’innovations provoquant la disparition des activités obsolètes, l’entrepreneur est l’acteur central de la croissance économique et son profit est la récompense pour la prise de risque 

Thorstein Veblen, 1857-1929, fondateur de l’institutionnalisme, s’intéresse aux évolutions de la société et de l’économie, aux motivations des acheteurs et au rôle des institutions dans les évolutions de la société, considère les institutions comme des habitudes de pensée dominantes qui façonnent les comportements, montre que les habitudes de consommation remplissent différentes fonction, le rôle des institutions se retrouve dans la théorie économique de la régulation qui cherche à expliquer le passage périodes de croissance et périodes de crises.

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