La production d’énergie est une activité dangereuse, source de nombreux dommages et accidents mortels. Lorsque l’on compare l’exploitation des différentes sources d’énergie, il apparait que l’énergie, estimée comme la plus dangereuse, le nucléaire, n’est en définitive pas celle qui occasionne le plus de morts.

Par le passé, dans les pays occidentaux, l’exploitation du charbon dans les mines sous-terraines notamment, alors que les politiques de sécurité ou de protection sociales n’étaient pas développées, a causé de nombreux décès. Avec les progrès technologiques et sociaux, les risques ont diminué mais le risque s’est déplacé vers les pays en développement qui exploitent des mines de charbon et qui connaissent un nombre de morts important.

Une base de données tenue à jour en Suisse au Paul Scherrer Institute, répertorie le nombre d’accidents ayant causé la mort directe d’au moins 5 personnes entre 1960 et 2000 lors de l’exploitation d’une source d’énergie. Ainsi, les 3 principales sources d’énergie ayant causé le plus de morts sont :

L’hydraulique qui a connu 11 accidents et provoqué la mort de 29.938 personnes

Le charbon qui a connu 1.221 accidents et provoqué la mort de 25.107 personnes

Le pétrole qui a connu 397 accidents et provoqué la mort de 20.218 personnes

 

Le fort taux de mortalité lié à l’exploitation de l’énergie hydraulique s’explique en particulier par un seul accident, la rupture du barrage de Bangiao en Chine en 1975 qui avait provoqué la disparition d’environ 26.000 personnes. A titre de comparaison, durant cette même période le nucléaire a connu 1 accident, Tchernobyl, qui a causé la mort directe d’environ une trentaine de personne, selon un rapport officiel.

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/sources-denergie-dangers-et-risques-6307/

L’ancien haut-commissaire à l’énergie atomique en France, Yves Berchet, affirme en 2019 dans un interview au magazine le Point que le nucléaire tue 1.700 fois moins par kilowattheure produit que le charbon, 350 fois moins que le pétrole et 4 fois moins que le solaire ou l’éolien.

Deux études permettent de vérifier les ratios avancés par ce spécialiste. La première étude de 2007 publiée dans la revue the Lancet indique que les morts directes et les cancers induits par le nucléaire pourraient atteindre un maximum de 0,07 morts par térawattheure produit, soit 350 fois moins que le charbon et 260 fois moins que le pétrole. La seconde étude de 2014 publiée dans la revue Sustainable Materials and Technologies d’Elsevier inclut la catastrophe de Fukushima.

Selon cette étude, le nucléaire représenterait 0,04 mort par térawattheure produit, soit 2.500 fois moins que le charbon, 900 fois moins que le pétrole, 600 fois moins que la biomasse, 100 fois moins que le gaz, 35 fois oins que l’hydraulique, 11 fois moins que le solaire et 3,75 fois moins que l’éolien.

https://www.clubic.com/energie-renouvelable/actualite-875165-nucleaire-provoque-morts-solaire-eolien.html

Une autre étude, publiée en 2021 dans la revue Environnemental Research et réalisée par les universités de Harvard, Birmingham, Leicester et l’University College de Londres, montre que l’extraction des énergies fossiles en 2018 a provoqué la mort de 8,5 millions de personnes, soit un mort sur cinq sur la planète, plus que le tabac et le paludisme réunis.

Une des particularités de l’étude est de s’être attachée à étudier plus précisément les particules fines inférieures à 2,5 micromètres et sa cartographie afin de connaître son impact sur la population par rapport à sa zone d’habitation. L’étude précise que la combustion des énergies fossiles causerait moins de décès en Europe et aux États-Unis, de l’ordre de 15%, qu’en Asie du Sud-Est, de l’ordre de 30%, avec une proportion particulièrement importante en Chine et en Inde.

Pour Georges Thurston, expert en pollution de l’air et en santé à l’université de médecine de New-York, il est évident que la principale cause du coût humain de la pollution atmosphérique est la combustion des énergies fossiles.

https://lenergeek.com/2021/02/12/energies-fossiles-responsables-un-mort-sur-cinq-monde/

Deux chercheurs de l’institut Goddard d’études spatiales de la NASA, Pushker Kharecha et James Hansen, ont publié en 2013 dans Environmental Science and Technology, une analyse de l’impact sur le long terme de l’énergie nucléaire sur la santé humaine et l’environnement, en particulier sur le climat.

Cette étude permet notamment de quantifier et d’associer la baisse de la mortalité à la baisse des émissions de gaz à effet de serre et les auteurs profitent de rappeler que sans énergie nucléaire, les centrales à charbon auraient produit encore plus d’énergie et émis encore plus de pollution de gaz à effet de serre.

En tenant compte des trois catastrophes nucléaires majeures de Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986 et Fukushima en 2011, l’utilisation de l’énergie nucléaire conserve un bilan positif par rapport aux autres sources d’énergies. Selon les calculs effectués, l’énergie nucléaire a permis d’éviter environ 1,84 millions décès entre 1971 et 2009, soit environ 76.000 morts par an en moyenne.

Ces données ont été obtenues en prenant en compte la mortalité directe liée à l’exploitation des énergies fossiles et les décès liés à la pollution atmosphérique en les combinant avec les chiffres qui seraient obtenus si les énergies fossiles étaient utilisées à la place de l’énergie nucléaire.

Les deux scientifiques ont ensuite déduit les décès liés à l’énergie nucléaire estimés à 4.900 décès entre 1971 et 2009. Si aucun décès direct n’est associé à Three Mile Island et Fukushima, le décompte des décès associé à Tchernobyl reste sujet à caution, trois rapports différents évaluent notamment trois périmètres différents. En 2005, le rapport officiel de l’OMS prend en compte l’exposition aux radiations et évalue le nombre de morts à 4.000.

En 2008, le rapport du comité scientifique des Nations Unis sur les effets des radiations atomiques limite son évaluation au nombre de morts certains associés aux conséquences des émissions radioactives et estime le nombre de morts à 43. En 2011, le groupe d’experts de l’Union of Conerned Scientists prend en compte le nombre de décès à imputer aux cancers mortels induits par la catastrophe et estime le nombre de morts à 25.000 puis le réévalue à 50.000. 

A l’échelle du climat, l’utilisation de l’énergie nucléaire a permis d’économiser 64 gigatonnes d’équivalent CO2 entre 1971 et 2009, soit pratiquement deux ans d’émissions de gaz à effet de serre pour la planète. Pour la période 2010-2050, l’étude extrapole l’utilisation future de l’énergie nucléaire à partir des données de l’agence internationale de l’énergie atomique. Les calculs prennent ainsi en compte l’impact de l’accident de Fukushima sur le développement de l’énergie nucléaire et anticipent le remplacement de centrales nucléaires par des centrales au charbon et au gaz naturel.

Les scénarios révèlent un nombre de décès supplémentaire compris entre 420.000 et 7 millions de personnes et l’émission supplémentaire de 84 à 240 gigatonnes d’équivalents CO2, la fourchette haute imageant le scénario du pire, celui où seules des centrales à charbon sont utilisées en remplacement. Un tel scénario favoriserait l’émission d’une quantité de CO2 qui se rapprocherait encore plus du seuil fixé à 450 parties par millions de concentration de CO2 dans l’atmosphère correspondant à la limite à ne pas dépasser pour éviter un basculement climatique mondial. 

https://www.notre-planete.info/actualites/3763-energie-nucleaire-deces

 

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Quelle énergie est la plus sûre

 

La production d’énergie est une activité dangereuse, source de nombreux dommages et accidents mortels. Lorsque l’on compare l’exploitation des différentes sources d’énergie, il apparait que l’énergie, estimée comme la plus dangereuse, le nucléaire, n’est en définitive pas celle qui occasionne le plus de morts.

Par le passé, dans les pays occidentaux, l’exploitation du charbon dans les mines sous-terraines notamment, alors que les politiques de sécurité ou de protection sociales n’étaient pas développées, a causé de nombreux décès. Avec les progrès technologiques et sociaux, les risques ont diminué mais le risque s’est déplacé vers les pays en développement qui exploitent des mines de charbon et qui connaissent un nombre de morts important.

Une base de données tenue à jour en Suisse au Paul Scherrer Institute, répertorie le nombre d’accidents ayant causé la mort directe d’au moins 5 personnes entre 1960 et 2000 lors de l’exploitation d’une source d’énergie. Ainsi, les 3 principales sources d’énergie ayant causé le plus de morts sont :

L’hydraulique qui a connu 11 accidents et provoqué la mort de 29.938 personnes

Le charbon qui a connu 1.221 accidents et provoqué la mort de 25.107 personnes

Le pétrole qui a connu 397 accidents et provoqué la mort de 20.218 personnes

 

Le fort taux de mortalité lié à l’exploitation de l’énergie hydraulique s’explique en particulier par un seul accident, la rupture du barrage de Bangiao en Chine en 1975 qui avait provoqué la disparition d’environ 26.000 personnes. A titre de comparaison, durant cette même période le nucléaire a connu 1 accident, Tchernobyl, qui a causé la mort directe d’environ une trentaine de personne, selon un rapport officiel.

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/sources-denergie-dangers-et-risques-6307/

L’ancien haut-commissaire à l’énergie atomique en France, Yves Berchet, affirme en 2019 dans un interview au magazine le Point que le nucléaire tue 1.700 fois moins par kilowattheure produit que le charbon, 350 fois moins que le pétrole et 4 fois moins que le solaire ou l’éolien.

Deux études permettent de vérifier les ratios avancés par ce spécialiste. La première étude de 2007 publiée dans la revue the Lancet indique que les morts directes et les cancers induits par le nucléaire pourraient atteindre un maximum de 0,07 morts par térawattheure produit, soit 350 fois moins que le charbon et 260 fois moins que le pétrole. La seconde étude de 2014 publiée dans la revue Sustainable Materials and Technologies d’Elsevier inclut la catastrophe de Fukushima.

Selon cette étude, le nucléaire représenterait 0,04 mort par térawattheure produit, soit 2.500 fois moins que le charbon, 900 fois moins que le pétrole, 600 fois moins que la biomasse, 100 fois moins que le gaz, 35 fois oins que l’hydraulique, 11 fois moins que le solaire et 3,75 fois moins que l’éolien.

https://www.clubic.com/energie-renouvelable/actualite-875165-nucleaire-provoque-morts-solaire-eolien.html

Une autre étude, publiée en 2021 dans la revue Environnemental Research et réalisée par les universités de Harvard, Birmingham, Leicester et l’University College de Londres, montre que l’extraction des énergies fossiles en 2018 a provoqué la mort de 8,5 millions de personnes, soit un mort sur cinq sur la planète, plus que le tabac et le paludisme réunis.

Une des particularités de l’étude est de s’être attachée à étudier plus précisément les particules fines inférieures à 2,5 micromètres et sa cartographie afin de connaître son impact sur la population par rapport à sa zone d’habitation. L’étude précise que la combustion des énergies fossiles causerait moins de décès en Europe et aux États-Unis, de l’ordre de 15%, qu’en Asie du Sud-Est, de l’ordre de 30%, avec une proportion particulièrement importante en Chine et en Inde.

Pour Georges Thurston, expert en pollution de l’air et en santé à l’université de médecine de New-York, il est évident que la principale cause du coût humain de la pollution atmosphérique est la combustion des énergies fossiles.

https://lenergeek.com/2021/02/12/energies-fossiles-responsables-un-mort-sur-cinq-monde/

Deux chercheurs de l’institut Goddard d’études spatiales de la NASA, Pushker Kharecha et James Hansen, ont publié en 2013 dans Environmental Science and Technology, une analyse de l’impact sur le long terme de l’énergie nucléaire sur la santé humaine et l’environnement, en particulier sur le climat.

Cette étude permet notamment de quantifier et d’associer la baisse de la mortalité à la baisse des émissions de gaz à effet de serre et les auteurs profitent de rappeler que sans énergie nucléaire, les centrales à charbon auraient produit encore plus d’énergie et émis encore plus de pollution de gaz à effet de serre.

En tenant compte des trois catastrophes nucléaires majeures de Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986 et Fukushima en 2011, l’utilisation de l’énergie nucléaire conserve un bilan positif par rapport aux autres sources d’énergies. Selon les calculs effectués, l’énergie nucléaire a permis d’éviter environ 1,84 millions décès entre 1971 et 2009, soit environ 76.000 morts par an en moyenne.

Ces données ont été obtenues en prenant en compte la mortalité directe liée à l’exploitation des énergies fossiles et les décès liés à la pollution atmosphérique en les combinant avec les chiffres qui seraient obtenus si les énergies fossiles étaient utilisées à la place de l’énergie nucléaire.

Les deux scientifiques ont ensuite déduit les décès liés à l’énergie nucléaire estimés à 4.900 décès entre 1971 et 2009. Si aucun décès direct n’est associé à Three Mile Island et Fukushima, le décompte des décès associé à Tchernobyl reste sujet à caution, trois rapports différents évaluent notamment trois périmètres différents. En 2005, le rapport officiel de l’OMS prend en compte l’exposition aux radiations et évalue le nombre de morts à 4.000.

En 2008, le rapport du comité scientifique des Nations Unis sur les effets des radiations atomiques limite son évaluation au nombre de morts certains associés aux conséquences des émissions radioactives et estime le nombre de morts à 43. En 2011, le groupe d’experts de l’Union of Conerned Scientists prend en compte le nombre de décès à imputer aux cancers mortels induits par la catastrophe et estime le nombre de morts à 25.000 puis le réévalue à 50.000. 

A l’échelle du climat, l’utilisation de l’énergie nucléaire a permis d’économiser 64 gigatonnes d’équivalent CO2 entre 1971 et 2009, soit pratiquement deux ans d’émissions de gaz à effet de serre pour la planète. Pour la période 2010-2050, l’étude extrapole l’utilisation future de l’énergie nucléaire à partir des données de l’agence internationale de l’énergie atomique. Les calculs prennent ainsi en compte l’impact de l’accident de Fukushima sur le développement de l’énergie nucléaire et anticipent le remplacement de centrales nucléaires par des centrales au charbon et au gaz naturel.

Les scénarios révèlent un nombre de décès supplémentaire compris entre 420.000 et 7 millions de personnes et l’émission supplémentaire de 84 à 240 gigatonnes d’équivalents CO2, la fourchette haute imageant le scénario du pire, celui où seules des centrales à charbon sont utilisées en remplacement. Un tel scénario favoriserait l’émission d’une quantité de CO2 qui se rapprocherait encore plus du seuil fixé à 450 parties par millions de concentration de CO2 dans l’atmosphère correspondant à la limite à ne pas dépasser pour éviter un basculement climatique mondial. 

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