Les entreprises communiquent de plus en plus sur les efforts réalisés pour diminuer leur empreinte carbone et leur émission de CO2, devenu l’un des dangers les plus pernicieux du XXIème siècle en raison de ses côté incolore et inodore et de ses effets catastrophiques pour l’équilibre climatique de la planète.

Si la justesse des résultats est souvent critiquée, l’ambition est réelle et lors de la 26ème conférence des Nations-Unis pour le climat à Glasgow, les pays et de nombreuses entreprises se sont engagées à réduire, voire supprimer leur émission de CO2.

Selon Net Zéro Tracker qui regroupe des ONG et des universités à travers le monde, 136 États et 641 entreprises représentant 90% du PIB mondial ont assuré atteindre la neutralité carbone pour 2050, c’est-à-dire ne plus émettre plus de CO2 que ce que ne peuvent en absorber les puits de carbone comme les forêts ou les sols.

Pour évaluer les résultats obtenus, Charlotte Degot, directrice associée au Boston Consulting Group alerte sur la nécessité de connaître la situation de départ, la mesure des efforts déjà réalisés et ceux qui restent à faire.

Avec un retour d’expérience de deux années sur le calcul de l’empreinte carbone des entreprises, elle estime que dans une grande majorité des cas, il reste très compliqué d’arriver à évaluer correctement ce qui est rejeté dans l’atmosphère. Il y a quelques semaines, le Boston Consulting Group a sondé 1.200 groupes à travers le monde concernant leur émission de CO2 et il est apparu que 9 entreprises sur 10 ne savaient pas calculer leur rejet et celles qui essayaient, affichaient une importante marge d’erreur.

C’était le cas par exemple pour une société de vins et spiritueux dont le calcul pour mesurer l’empreinte carbone du verre utilisé pour la production des bouteilles présentait un écart de 45% avec le même calcul effectué par le cabinet de conseil.

Le directeur de la start-up Kayrros, Antoine Rostand, qui utilise les données satellitaires pour repérer les fuites de méthane confirme que s’agissant des émissions de méthane des industries pétrolières et gazières, il n’est pas rare d’avoir des écarts de 1 à 10 entre les chiffres que communiquent les entreprises et les relevés effectués par satellites.

Pour autant, Charlotte Degot reconnaît qu’il est particulièrement difficile de mesurer son empreinte carbone même si depuis 2001, un standard international existe, le GHG Protocol, de même qu’une méthodologie de calcul.

Ce protocole demande aux entreprises de comptabiliser leurs émissions directes de gaz à effet de serre liées à la combustion des énergies fossiles, appelé scope 1, puis celles liées à la consommation d’électricité, appelé scope 2, puis enfin celles induites indirectement dans la chaîne de valeur, appelé scope 3.

Juliette Decq, manager chez Carbone 4, cabinet de conseil en stratégie carbone, estime que le système n’est pas plus compliqué que la comptabilité financière mais à l’échelle internationale peu d’entreprises font le choix d’être transparente sur ce sujet. La principale organisation répertoriant le bilan carbone des grandes entreprises mondiales, le Carbon disclosure project, indique qu’en 2020 sur 3.200 entreprises cotées ayant répondu à ses questionnaires, seules 15% ont transmis des informations sur le scope 3.

Pour Juliette Decq, le faible taux de retour s’explique par l’absence de réglementation sur le reporting environnemental des entreprises. Elle précise que la France est peut-être l’un des seuls pays à imposer aux entreprises concernées de rendre compte de leur émission de scope 3 qui constitue les émissions les plus importantes, soit environ 80% des émissions d’une entreprise.

Il s’agit par exemple pour les entreprises pétrolières des émissions générées par la combustion de l’essence vendue dans les stations-services. Bien que la France impose le reporting sur l’ensemble des scopes aux entreprises de plus de 500 salariés, beaucoup d’entre elles ne respectent pas cette obligation.

L’association Bilan carbone estime que seules 30% la respectent et l’amende qui est passée de 1.500 € à 10.000 € en 2019 n’est pas dissuasive. A l’échelle mondiale, sur les 641 entreprises recensées par Net Zero Tracker, la plupart a exclu le scope 3 de leur intention, comme Walmart, Saudi Aramco, PetroChina ou Toyota par exemple.

Pourtant, ces données ne sont pas seulement utiles pour montrer les efforts réalisés auprès des pouvoirs publics et des citoyens, elles sont également regardées par les investisseurs pour connaître l’empreinte carbone de leur portefeuille selon Aurélie Baudhuin, directrice de la recherche en investissement responsable chez Meeschaert Amilton AM, et elles sont nécessaires au pilotage des stratégies de réduction des émissions.

Malgré ce constat, Laurent Babikian, directeur au Carbon disclosure project explique que les entreprises montent en compétences sur ce sujet et que les règles sont de plus en plus contraignantes. La technologie va aussi aider car les images satellitaires peuvent permettre de comptabiliser les émissions réelles des plus gros pollueurs, notamment dans l’industrie pétrolière, la cimenterie et la métallurgie.

https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/des-ecarts-de-1-a-10-le-grand-bluff-des-entreprises-sur-leurs-emissions-de-co2_2160402.html

 
 
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Si la justesse des résultats est souvent critiquée, l’ambition est réelle et lors de la 26ème conférence des Nations-Unis pour le climat à Glasgow, les pays et de nombreuses entreprises se sont engagées à réduire, voire supprimer leur émission de CO2.

Selon Net Zéro Tracker qui regroupe des ONG et des universités à travers le monde, 136 États et 641 entreprises représentant 90% du PIB mondial ont assuré atteindre la neutralité carbone pour 2050, c’est-à-dire ne plus émettre plus de CO2 que ce que ne peuvent en absorber les puits de carbone comme les forêts ou les sols.

Pour évaluer les résultats obtenus, Charlotte Degot, directrice associée au Boston Consulting Group alerte sur la nécessité de connaître la situation de départ, la mesure des efforts déjà réalisés et ceux qui restent à faire.

Avec un retour d’expérience de deux années sur le calcul de l’empreinte carbone des entreprises, elle estime que dans une grande majorité des cas, il reste très compliqué d’arriver à évaluer correctement ce qui est rejeté dans l’atmosphère. Il y a quelques semaines, le Boston Consulting Group a sondé 1.200 groupes à travers le monde concernant leur émission de CO2 et il est apparu que 9 entreprises sur 10 ne savaient pas calculer leur rejet et celles qui essayaient, affichaient une importante marge d’erreur.

C’était le cas par exemple pour une société de vins et spiritueux dont le calcul pour mesurer l’empreinte carbone du verre utilisé pour la production des bouteilles présentait un écart de 45% avec le même calcul effectué par le cabinet de conseil.

Le directeur de la start-up Kayrros, Antoine Rostand, qui utilise les données satellitaires pour repérer les fuites de méthane confirme que s’agissant des émissions de méthane des industries pétrolières et gazières, il n’est pas rare d’avoir des écarts de 1 à 10 entre les chiffres que communiquent les entreprises et les relevés effectués par satellites.

Pour autant, Charlotte Degot reconnaît qu’il est particulièrement difficile de mesurer son empreinte carbone même si depuis 2001, un standard international existe, le GHG Protocol, de même qu’une méthodologie de calcul.

Ce protocole demande aux entreprises de comptabiliser leurs émissions directes de gaz à effet de serre liées à la combustion des énergies fossiles, appelé scope 1, puis celles liées à la consommation d’électricité, appelé scope 2, puis enfin celles induites indirectement dans la chaîne de valeur, appelé scope 3.

Juliette Decq, manager chez Carbone 4, cabinet de conseil en stratégie carbone, estime que le système n’est pas plus compliqué que la comptabilité financière mais à l’échelle internationale peu d’entreprises font le choix d’être transparente sur ce sujet. La principale organisation répertoriant le bilan carbone des grandes entreprises mondiales, le Carbon disclosure project, indique qu’en 2020 sur 3.200 entreprises cotées ayant répondu à ses questionnaires, seules 15% ont transmis des informations sur le scope 3.

Pour Juliette Decq, le faible taux de retour s’explique par l’absence de réglementation sur le reporting environnemental des entreprises. Elle précise que la France est peut-être l’un des seuls pays à imposer aux entreprises concernées de rendre compte de leur émission de scope 3 qui constitue les émissions les plus importantes, soit environ 80% des émissions d’une entreprise.

Il s’agit par exemple pour les entreprises pétrolières des émissions générées par la combustion de l’essence vendue dans les stations-services. Bien que la France impose le reporting sur l’ensemble des scopes aux entreprises de plus de 500 salariés, beaucoup d’entre elles ne respectent pas cette obligation.

L’association Bilan carbone estime que seules 30% la respectent et l’amende qui est passée de 1.500 € à 10.000 € en 2019 n’est pas dissuasive. A l’échelle mondiale, sur les 641 entreprises recensées par Net Zero Tracker, la plupart a exclu le scope 3 de leur intention, comme Walmart, Saudi Aramco, PetroChina ou Toyota par exemple.

Pourtant, ces données ne sont pas seulement utiles pour montrer les efforts réalisés auprès des pouvoirs publics et des citoyens, elles sont également regardées par les investisseurs pour connaître l’empreinte carbone de leur portefeuille selon Aurélie Baudhuin, directrice de la recherche en investissement responsable chez Meeschaert Amilton AM, et elles sont nécessaires au pilotage des stratégies de réduction des émissions.

Malgré ce constat, Laurent Babikian, directeur au Carbon disclosure project explique que les entreprises montent en compétences sur ce sujet et que les règles sont de plus en plus contraignantes. La technologie va aussi aider car les images satellitaires peuvent permettre de comptabiliser les émissions réelles des plus gros pollueurs, notamment dans l’industrie pétrolière, la cimenterie et la métallurgie.

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