Les villes côtières sont menacées
 
 
 
À Venise, des digues anti-inondations ont été construites pour éviter que les habitations et la fameuse place Saint-Marc ne se retrouvent sous les eaux.
À Venise, des digues anti-inondations ont été construites pour éviter que les habitations et la fameuse place Saint-Marc ne se retrouvent sous les eaux. (Archives EPA)


Une des conséquences la plus visible du réchauffement climatique est la montée des eaux que connaît un nombre toujours plus important de villes côtières. En 2020 par exemple, Dacca, la capitale du Bengladesh a été submergée sous plusieurs centimètres d’eau en raison de la mousson et de l’augmentation du niveau des océans, en particulier dans le delta du Gange qui a vu le niveau monter de 13,5 cm en 45 ans. 
 
Dans le dernier rapport du GIEC, les experts alertent sur la possibilité d’une montée des eaux de l’ordre de 1 mètre d’ici 2100, menaçant des villes comme New-York, Rio de Janeiro ou Copenhague. 
 
Selon différents scénarios, les experts envisagent même une augmentation du niveau de l’eau de 2 mètres obligeant la plupart des villes côtières à revoir leur développement, comme en France par exemple, où la montée des eaux pourrait concerner 1,4 millions de personnes. 
 
L’augmentation du niveau de l’eau s’explique par deux raisons principales. La première est la dilation thermique qui s’explique par le réchauffement de l’eau de mer qui prend plus de place. Le réchauffement de l’eau de mer est actuellement estimé entre 2,2˚C et 3,5˚C d’ici 2100. 
 
La deuxième raison est liée à la fonte des glaciers en Arctique et Antarctique qui alimente la montée du niveau des mers. Ainsi, depuis le début de l’aire industrielle, le niveau des mers a augmenté de 20 cm et ces dernières années la fonte s’est accélérée, dépassant les prévisions initiales. 
 
Environ 570 villes côtières seraient concernées par un risque de submersion et pour les 136 villes les plus importantes, le coût estimé a été évalué entre 1,3 et 3.000 milliards d’euros d’ici 2050. Dans ce contexte, certains imaginent déjà que des territoires pourraient suivre l’exemple de la mythique Atlantide est disparaître brutalement. 
 
Plus concrètement, certaines populations ont déjà fui les zones les plus submersibles, comme en Thaïlande où de nombreux villages se sont repliés vers l’intérieur des terres. Mais les solutions de repli vers des grandes villes restent dans certains cas provisoires, comme dans le cas de Bangkok notamment. 
 
La ville, construite sur des terrains marécageux à seulement 1,5 mètres au-dessus du niveau de la mer subit le phénomène de subsidence, la ville commence à couler sous le poids des gratte-ciels et de l’affaissement des sols argileux. La situation est presque identique à Djakarta où 40% de la ville est déjà sous le niveau de la mer et s’enfonce de 10 cm supplémentaires par an. 
 
Les autorités ont décidé en 2019 de déplacer la capitale sur l’île de Bornéo, l’opération pourrait prendre 10 ans et coûter un minimum de 33 milliards de dollars. Les déplacements des populations pour raisons climatiques, en se généralisant, pourraient devenir source de conflits avec les territoires les accueillants comme c’est déjà le cas avec d’autres types de réfugiés. 
 
Pour éviter ces déplacements, certains pays ont déjà mis en place des mesures d’adaptation face à la montée des eaux, tels que les Pays-Bas un des pays les plus concernés, une partie de son territoire étant situé en dessous du niveau de la mer. Grâce aux dispositifs de digues notamment, les autorités ont évité qu’un tiers du pays ne soit déjà submergé par la mer. 
 
Le système de digues est renforcé par le mécanisme de moteur de sables qui consiste à récupérer du sable au large pour créer un banc de sable artificiel qui agit comme un barrage et se déplace avec le vent et les marées. A Venise, le principe retenu pour freiner les submersions a été baptisé Moïse et consiste en 78 digues flottantes qui peuvent s’élever en 30 minutes pour fermer la lagune et ainsi empêcher les eaux de monter. 
 
Ce système s’activant pour des montées des eaux supérieures à 1,30 mètres, Venise continue d’être inondée lorsque la marée est inférieure à cette hauteur. D’autres solutions ont été mises en place, comme le système des villes éponges en Chines avec des étangs artificiels et des zones humides ou à Londres avec une barrière construite dès 1982 en amont de la capitale protégeant plus d’1 millions de personnes. 
 
Face au besoin de trouver des solutions nouvelles, d’autres projets commencent à émerger, comme par exemple le projet Oceanix présenté à l’ONU qui consiste à proposer un réseau de villes flottantes formés de modules hexagonaux reliés entre eux et pouvant résister aux tempêtes.
https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/cop26-montee-des-eaux-quelles-solutions-pour-nos-villes-cotieres-1359361
 

Quels que soient les efforts entrepris pour limiter le réchauffement climatique, certains experts estiment que le niveau de la mer continuera à monter même si le réchauffement est limité à 1,5˚C. Les différents scénarios ont été présentés dans une étude publiée dans Environmental Research Letters. 
 
Ils montrent que l’élévation du niveau de la mer se poursuivra bien au-delà de 2100 sous l’effet conjugué de l’accumulation de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, la fonte des glaces et que l’augmentation pourrait atteindre 8,9 mètres dans le scénario à +4˚C. Benjamin Strauss, l’auteur principal de l’étude, précise que cette évolution est irrémédiable compte tenu de la concentration de CO2 présent dans l’atmosphère supérieure de 50% à ce qu’elle était en 1800 et de l’augmentation moyenne de la température de la Terre de 1,1˚C. 
 
La rapidité avec laquelle le niveau des mers s’élèvera dépendra du scénario qui se réalisera et pourrait durer entre plusieurs années et plusieurs siècles. La population actuellement concernée par des inondations des zones habitées à marée haute est estimée à 385 millions, elle atteindrait 510 millions dans le cas d’un scénario à +1,5C et plus de 1 milliards pour le scénario à +4˚C, soit environ 15% de la population mondiale. 
 
L'Asie est le continent le plus exposé aux risques liés à la montée des eaux.
L’Asie est le continent le plus exposé aux risques liés à la montée des eaux. (Romeo Gacad/AFP)
 
Les villes les plus à risque se trouvent en Asie, en particulier en Chine, au Bengladesh, en Indonésie, en Inde et au Vietnam. Les chercheurs alertent sur la disparition possible d’îles entières, comme cela s’est déjà produit avec deux îles de Sumatra en 2020 et rappellent que les mesures de protections, telles que les digues peuvent aussi comporter des risques pour les populations, notamment en cas de rupture des dispositifs mis en place.
https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/rechauffement-climatique-montee-eaux-voici-ressembleront-villes-15-c-3-c-rechauffement-59817/
 
 
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epa08752935 A small dog walks with its paws immersed in the water in San Marco square, in Venice, Italy, 17 October 2020. For the third consecutive day Venice reckons with the high water, this time the floodgates of the Mose have not come into operation and the tide has reached 105 cm, flooding St Mark's Square. The high tide reached a level of 110 cm at the Lido, and at Malamocco, where it reached a maximum altitude of 112 cm.  EPA-EFE/ANDREA MEROLA

Les villes côtières sont menacées

Les villes côtières sont menacées   À Venise, des digues anti-inondations ont été construites pour éviter que les habitations et la fameuse place Saint-Marc ne se retrouvent sous les eaux.À Venise, des digues anti-inondations ont été construites pour éviter que les habitations et la fameuse place Saint-Marc ne se retrouvent sous les eaux. (Archives EPA)

Une des conséquences la plus visible du réchauffement climatique est la montée des eaux que connaît un nombre toujours plus important de villes côtières. En 2020 par exemple, Dacca, la capitale du Bengladesh a été submergée sous plusieurs centimètres d’eau en raison de la mousson et de l’augmentation du niveau des océans, en particulier dans le delta du Gange qui a vu le niveau monter de 13,5 cm en 45 ans.  Dans le dernier rapport du GIEC, les experts alertent sur la possibilité d’une montée des eaux de l’ordre de 1 mètre d’ici 2100, menaçant des villes comme New-York, Rio de Janeiro ou Copenhague.  Selon différents scénarios, les experts envisagent même une augmentation du niveau de l’eau de 2 mètres obligeant la plupart des villes côtières à revoir leur développement, comme en France par exemple, où la montée des eaux pourrait concerner 1,4 millions de personnes.  L’augmentation du niveau de l’eau s’explique par deux raisons principales. La première est la dilation thermique qui s’explique par le réchauffement de l’eau de mer qui prend plus de place. Le réchauffement de l’eau de mer est actuellement estimé entre 2,2˚C et 3,5˚C d’ici 2100.  La deuxième raison est liée à la fonte des glaciers en Arctique et Antarctique qui alimente la montée du niveau des mers. Ainsi, depuis le début de l’aire industrielle, le niveau des mers a augmenté de 20 cm et ces dernières années la fonte s’est accélérée, dépassant les prévisions initiales.  Environ 570 villes côtières seraient concernées par un risque de submersion et pour les 136 villes les plus importantes, le coût estimé a été évalué entre 1,3 et 3.000 milliards d’euros d’ici 2050. Dans ce contexte, certains imaginent déjà que des territoires pourraient suivre l’exemple de la mythique Atlantide est disparaître brutalement.  Plus concrètement, certaines populations ont déjà fui les zones les plus submersibles, comme en Thaïlande où de nombreux villages se sont repliés vers l’intérieur des terres. Mais les solutions de repli vers des grandes villes restent dans certains cas provisoires, comme dans le cas de Bangkok notamment.  La ville, construite sur des terrains marécageux à seulement 1,5 mètres au-dessus du niveau de la mer subit le phénomène de subsidence, la ville commence à couler sous le poids des gratte-ciels et de l’affaissement des sols argileux. La situation est presque identique à Djakarta où 40% de la ville est déjà sous le niveau de la mer et s’enfonce de 10 cm supplémentaires par an.  Les autorités ont décidé en 2019 de déplacer la capitale sur l’île de Bornéo, l’opération pourrait prendre 10 ans et coûter un minimum de 33 milliards de dollars. Les déplacements des populations pour raisons climatiques, en se généralisant, pourraient devenir source de conflits avec les territoires les accueillants comme c’est déjà le cas avec d’autres types de réfugiés.  Pour éviter ces déplacements, certains pays ont déjà mis en place des mesures d’adaptation face à la montée des eaux, tels que les Pays-Bas un des pays les plus concernés, une partie de son territoire étant situé en dessous du niveau de la mer. Grâce aux dispositifs de digues notamment, les autorités ont évité qu’un tiers du pays ne soit déjà submergé par la mer.  Le système de digues est renforcé par le mécanisme de moteur de sables qui consiste à récupérer du sable au large pour créer un banc de sable artificiel qui agit comme un barrage et se déplace avec le vent et les marées. A Venise, le principe retenu pour freiner les submersions a été baptisé Moïse et consiste en 78 digues flottantes qui peuvent s’élever en 30 minutes pour fermer la lagune et ainsi empêcher les eaux de monter.  Ce système s’activant pour des montées des eaux supérieures à 1,30 mètres, Venise continue d’être inondée lorsque la marée est inférieure à cette hauteur. D’autres solutions ont été mises en place, comme le système des villes éponges en Chines avec des étangs artificiels et des zones humides ou à Londres avec une barrière construite dès 1982 en amont de la capitale protégeant plus d’1 millions de personnes.  Face au besoin de trouver des solutions nouvelles, d’autres projets commencent à émerger, comme par exemple le projet Oceanix présenté à l’ONU qui consiste à proposer un réseau de villes flottantes formés de modules hexagonaux reliés entre eux et pouvant résister aux tempêtes.
https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/cop26-montee-des-eaux-quelles-solutions-pour-nos-villes-cotieres-1359361 
Quels que soient les efforts entrepris pour limiter le réchauffement climatique, certains experts estiment que le niveau de la mer continuera à monter même si le réchauffement est limité à 1,5˚C. Les différents scénarios ont été présentés dans une étude publiée dans Environmental Research Letters.  Ils montrent que l’élévation du niveau de la mer se poursuivra bien au-delà de 2100 sous l’effet conjugué de l’accumulation de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, la fonte des glaces et que l’augmentation pourrait atteindre 8,9 mètres dans le scénario à +4˚C. Benjamin Strauss, l’auteur principal de l’étude, précise que cette évolution est irrémédiable compte tenu de la concentration de CO2 présent dans l’atmosphère supérieure de 50% à ce qu’elle était en 1800 et de l’augmentation moyenne de la température de la Terre de 1,1˚C.  La rapidité avec laquelle le niveau des mers s’élèvera dépendra du scénario qui se réalisera et pourrait durer entre plusieurs années et plusieurs siècles. La population actuellement concernée par des inondations des zones habitées à marée haute est estimée à 385 millions, elle atteindrait 510 millions dans le cas d’un scénario à +1,5C et plus de 1 milliards pour le scénario à +4˚C, soit environ 15% de la population mondiale.  L'Asie est le continent le plus exposé aux risques liés à la montée des eaux.L'Asie est le continent le plus exposé aux risques liés à la montée des eaux. (Romeo Gacad/AFP) Les villes les plus à risque se trouvent en Asie, en particulier en Chine, au Bengladesh, en Indonésie, en Inde et au Vietnam. Les chercheurs alertent sur la disparition possible d’îles entières, comme cela s’est déjà produit avec deux îles de Sumatra en 2020 et rappellent que les mesures de protections, telles que les digues peuvent aussi comporter des risques pour les populations, notamment en cas de rupture des dispositifs mis en place.
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