Les projets de l’éolien en mer en France

Un parc éolien offshore. (Crédits

Les côtes françaises ont plus de 2.800 km et la France a décidé de se lancer dans l’éolien en mer dès 2009, mais aucun projet ne s’était matérialisé jusqu’à cette année.

Trop de complications, de procédures administratives et des recours en justice, il faut aujourd’hui en moyenne dix ans pour qu’un site entre en service dans l’Hexagone, quand il en faut cinq en Allemagne, six au Royaume-Uni… et quand le pionnier mondial, le Danemark, installait sa première turbine en 1991.

La ville de Saint-Nazaire a attribué, dès 2012 à EDF et au canadien Enbridge, un projet important avec 80 éoliennes, réparties entre 12 et 20 km au large du Pouliguen et du Croisic, sur 78 km². Une puissance installée de 480 mégawatts (MW) capable d’alimenter 700.000 personnes.

C’est un Projet à 2 milliards d’euros, ce chantier a vu ses premières fondations sortir de l’eau en 2021, la première éolienne a été raccordée au printemps 2022, la dernière en septembre. Il devrait entrer en production complète d’ici à la fin 2022.

Cela représente, sept parcs (3,6 gigawatts pour l’ensemble) ont à ce jour été attribués à des opérateurs. Les chantiers de Saint-Brieuc, objet de frictions avec les pêcheurs, Courseulles-sur-Mer et Fécamp sont en cours de construction.

Le plan industriel n’est pas en reste et le pays accueille notamment les usines de GE à Saint-Nazaire et Cherbourg, Siemens Gamesa au Havre. Selon l’Observatoire des énergies de la mer, la filière a fourni en 2021 plus de 6.000 emplois.

Il y a bien sûr d’autres appels d’offres qui ont été lancés, en Bretagne et pour la première fois en Méditerranée. Un autre doit l’être d’ici à la fin 2022 pour un second parc au large du Calvados (“Centre Manche 2”).

Plus au sud, en Méditerranée, il a un appel d’offres de qui concerne la construction d’ici à 2030 de deux parcs flottants. Cette technologie en développement, encore jamais utilisée pour un parc commercial en France, est souvent vue comme l’avenir de l’éolien marin car permettant de s’implanter en grandes profondeurs, ce qui présente plusieurs avantages : il y a plus de vent, et les éoliennes sont plus loin des côtes, donc des regards.

En ligne de mire, celui d’Oléron a fait l’objet d’un débat public nourri. L’emplacement prévu a d’ailleurs été éloigné des côtes. Il prévoit la construction d’ici à 2030 d’un parc posé sur les fonds marins, qui pourra être complété d’un second parc.

Plusieurs organisations, préoccupées par la conservation des oiseaux, et la mairie de Saint-Pierre-d’Oléron, inquiète pour la pêche, viennent d’annoncer des recours pour qu’il soit encore éloigné.

Dans le cas où la France veut atteindre en 2050 la neutralité carbone pour lutter contre le réchauffement climatique, toutes les projections mettent en avant un rôle indispensable pour l’éolien en mer, que le pays relance le nucléaire ou pas.

Concernant RTE, le gestionnaire du réseau électrique, il en faudra 22 à 62 GW, selon les combinaisons choisies.

L’Élysée soutient l’implantation de 50 parcs (40 GW) au total d’ici à 2050.

La filière appelle à une planification par façade maritime pour y arriver, et cite en exemple l’Allemagne et sa cartographie fine aux zonages tracés pour le court et le long terme.

Le projet de loi pour l’accélération des renouvelables, attendu en Conseil des ministres le 26 septembre, inclut cette mutualisation des débats par façade maritime.

Le secteur demande à l’État de prépositionner de grandes zones potentielles avant d’affiner les débats localement, mettant en garde contre un “trou d’air” après 2023, date des derniers appels d’offres prévus à ce jour.

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Les projets de l’éolien en mer en France

Un parc éolien offshore. (Crédits Les côtes françaises ont plus de 2.800 km et la France a décidé de se lancer dans l'éolien en mer dès 2009, mais aucun projet ne s'était matérialisé jusqu'à cette année. Trop de complications, de procédures administratives et des recours en justice, il faut aujourd'hui en moyenne dix ans pour qu'un site entre en service dans l'Hexagone, quand il en faut cinq en Allemagne, six au Royaume-Uni... et quand le pionnier mondial, le Danemark, installait sa première turbine en 1991. La ville de Saint-Nazaire a attribué, dès 2012 à EDF et au canadien Enbridge, un projet important avec 80 éoliennes, réparties entre 12 et 20 km au large du Pouliguen et du Croisic, sur 78 km². Une puissance installée de 480 mégawatts (MW) capable d'alimenter 700.000 personnes. C'est un Projet à 2 milliards d'euros, ce chantier a vu ses premières fondations sortir de l'eau en 2021, la première éolienne a été raccordée au printemps 2022, la dernière en septembre. Il devrait entrer en production complète d'ici à la fin 2022. Cela représente, sept parcs (3,6 gigawatts pour l'ensemble) ont à ce jour été attribués à des opérateurs. Les chantiers de Saint-Brieuc, objet de frictions avec les pêcheurs, Courseulles-sur-Mer et Fécamp sont en cours de construction. Le plan industriel n'est pas en reste et le pays accueille notamment les usines de GE à Saint-Nazaire et Cherbourg, Siemens Gamesa au Havre. Selon l'Observatoire des énergies de la mer, la filière a fourni en 2021 plus de 6.000 emplois. Il y a bien sûr d'autres appels d'offres qui ont été lancés, en Bretagne et pour la première fois en Méditerranée. Un autre doit l'être d'ici à la fin 2022 pour un second parc au large du Calvados ("Centre Manche 2"). Plus au sud, en Méditerranée, il a un appel d'offres de qui concerne la construction d'ici à 2030 de deux parcs flottants. Cette technologie en développement, encore jamais utilisée pour un parc commercial en France, est souvent vue comme l'avenir de l'éolien marin car permettant de s'implanter en grandes profondeurs, ce qui présente plusieurs avantages : il y a plus de vent, et les éoliennes sont plus loin des côtes, donc des regards. En ligne de mire, celui d'Oléron a fait l'objet d'un débat public nourri. L'emplacement prévu a d'ailleurs été éloigné des côtes. Il prévoit la construction d'ici à 2030 d'un parc posé sur les fonds marins, qui pourra être complété d'un second parc. Plusieurs organisations, préoccupées par la conservation des oiseaux, et la mairie de Saint-Pierre-d'Oléron, inquiète pour la pêche, viennent d'annoncer des recours pour qu'il soit encore éloigné. Dans le cas où la France veut atteindre en 2050 la neutralité carbone pour lutter contre le réchauffement climatique, toutes les projections mettent en avant un rôle indispensable pour l'éolien en mer, que le pays relance le nucléaire ou pas. Concernant RTE, le gestionnaire du réseau électrique, il en faudra 22 à 62 GW, selon les combinaisons choisies. L'Élysée soutient l'implantation de 50 parcs (40 GW) au total d'ici à 2050. La filière appelle à une planification par façade maritime pour y arriver, et cite en exemple l'Allemagne et sa cartographie fine aux zonages tracés pour le court et le long terme. Le projet de loi pour l'accélération des renouvelables, attendu en Conseil des ministres le 26 septembre, inclut cette mutualisation des débats par façade maritime. Le secteur demande à l'État de prépositionner de grandes zones potentielles avant d'affiner les débats localement, mettant en garde contre un "trou d'air" après 2023, date des derniers appels d'offres prévus à ce jour.
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