La guerre en Ukraine est devenue médiatique, en plus d’être militaire.  Volodymyr Zelensky, le président ukrainien a un avantage sur Poutine, c’est qu’il manie parfaitement les médias et les réseaux sociaux alors que Poutine est encore très XXe siècle et s’en tient au classique téléphone et fax.

Volodymyr Zelensky joue très bien son rôle grâce à son expérience d’humoriste.

“C’est un vrai showman, il a fait campagne en tant qu’acteur avec des producteurs et des animateurs. Il a clairement le sens de la mise en scène. Il y a toute une héroïsation autour de sa personne qui permet de mettre en scène l’histoire de ‘martyr’ portée en ce moment par l’Ukraine”, explique pour Le HuffPost, Arnaud Mercier, professeur de communication à l’université Paris-Panthéon-Assas.

Au final, les images d’un Volodymyr Zelensky qui n’hésite pas à être proche de ses troupes, saluant chaleureusement son chef des armées, contrastent avec celles d’un Vladimir Poutine, dur et glacial, un homme sans cœur. Qui incarne davantage, notamment aux yeux des Occidentaux, le sentiment de solitude au bout de sa grande table que celui d’un chef de guerre : de nombreux observateurs le décrivent, depuis le début de l’invasion militaire, comme un ” chef de guerre solitaire ” au Kremlin.

On peut en tout cas s’étonner de l’absence de présence numérique pour un pays accusé d’avoir interféré dans les élections américaines par le biais des réseaux sociaux. “Quelque part, on se demande si on n’a pas parfois surestimé la Russie sur le plan cybernétique. Cela reste un pays sur lequel on a très peu d’informations et donc qui peut avoir de quoi générer des fantasmes”, ajoute Asma Mhalla.

Sur le site américain Vox, Mason Clark, de l’Institute for the Study of War, une organisation non gouvernementale basée à Washington, présente parfaitement le Kremlin. Les médias du Kremlin essaient de tracer une ligne très claire entre la population ukrainienne, dont ils attendent qu’elle accueille les Russes comme des libérateurs, et le régime de Kiev, qu’ils présentent comme des néo-nazis drogués (…) C’est un mélange où ils essaient de montrer aux Russes qu’il ne s’agit pas d’une guerre contre l’Ukraine mais contre un gouvernement fasciste qu’il faut juste remplacer”.

Arnaud Mercier souligne toutefois que plus la guerre en Ukraine se prolonge, moins cette posture peut tenir. “Le fait qu’elle dure alors qu’on parlait d’une opération éclair, pose un énorme problème de communication à Poutine. Le Kremlin se retrouve coincé et c’est pour cela qu’il doit intensifier ses frappes, notamment sur Kharkiv. En fait, il est difficile de bombarder Kiev quand on prétend que c’est le berceau de la civilisation russe.

La censure en Russie commence à être mise en place, de nombreux médias russes indépendants comme la radio Echo Moskvy, l’une des plus respectées, ou la chaîne de télévision Dojd ont baissé le rideau et les mesures de ce type se multiplient. Une liste de 1 300 sites sera soumise à la Douma pour être interdite, des mots-clés sont retirés des moteurs de recherche russes, tandis que les sanctions sont renforcées pour les personnes qui publient de fausses informations sur l’armée russe. “Nous avons un continuum de médias grand public qui distillent des éléments du langage et du récit du pouvoir. C’est un confinement cognitif de la population”, explique Asma Mhalla.

Il est important de souligner que dans ce contexte, pour la première fois cette semaine, le Kremlin a été contraint de reconnaître des pertes : Moscou a donné, jeudi 3 mars, un premier bilan officiel de 500 soldats russes tués dans les opérations en Ukraine.

Les photos et vidéos en provenance de Kiev, qui sont également régulièrement mises en ligne, montrent de jeunes soldats russes qui semblent désorientés dans ce conflit et soulagés d’être pris en charge : des images dont on ne connaît pas tout le contexte dans lequel elles ont été tournées, mais qui renforcent les axes de communication des autorités ukrainiennes.

Volodymyr Zelensky a tout à gagner en poussant Vladimir Poutine à une réunion publique qui est, selon lui, le “seul moyen d’arrêter la guerre”. Avec une telle rencontre, il aurait l’avantage de renforcer son image de chef militaire et obligerait son homologue russe à le reconnaître comme un égal.

Mais Vladimir Poutine continue dans sa rhétorique très violente contre les autorités ukrainiennes. Une semaine après le début de l’invasion militaire de l’Ukraine, il continue de les traiter de “nazis” dans sa dernière allocution télévisée, il est temps pour Poutine de changer de discours car le disque devient rayé et à l’heure de Spotify ou tout est numérique, il devrait  ranger ses disques vinyles dans ses placards.

 

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La guerre en Ukraine est devenue médiatique, en plus d'être militaire.  Volodymyr Zelensky, le président ukrainien a un avantage sur Poutine, c'est qu'il manie parfaitement les médias et les réseaux sociaux alors que Poutine est encore très XXe siècle et s'en tient au classique téléphone et fax. Volodymyr Zelensky joue très bien son rôle grâce à son expérience d'humoriste. "C'est un vrai showman, il a fait campagne en tant qu'acteur avec des producteurs et des animateurs. Il a clairement le sens de la mise en scène. Il y a toute une héroïsation autour de sa personne qui permet de mettre en scène l'histoire de 'martyr' portée en ce moment par l'Ukraine", explique pour Le HuffPost, Arnaud Mercier, professeur de communication à l'université Paris-Panthéon-Assas. Au final, les images d'un Volodymyr Zelensky qui n'hésite pas à être proche de ses troupes, saluant chaleureusement son chef des armées, contrastent avec celles d'un Vladimir Poutine, dur et glacial, un homme sans cœur. Qui incarne davantage, notamment aux yeux des Occidentaux, le sentiment de solitude au bout de sa grande table que celui d'un chef de guerre : de nombreux observateurs le décrivent, depuis le début de l'invasion militaire, comme un " chef de guerre solitaire " au Kremlin. On peut en tout cas s'étonner de l'absence de présence numérique pour un pays accusé d'avoir interféré dans les élections américaines par le biais des réseaux sociaux. "Quelque part, on se demande si on n'a pas parfois surestimé la Russie sur le plan cybernétique. Cela reste un pays sur lequel on a très peu d'informations et donc qui peut avoir de quoi générer des fantasmes", ajoute Asma Mhalla. Sur le site américain Vox, Mason Clark, de l'Institute for the Study of War, une organisation non gouvernementale basée à Washington, présente parfaitement le Kremlin. Les médias du Kremlin essaient de tracer une ligne très claire entre la population ukrainienne, dont ils attendent qu'elle accueille les Russes comme des libérateurs, et le régime de Kiev, qu'ils présentent comme des néo-nazis drogués (...) C'est un mélange où ils essaient de montrer aux Russes qu'il ne s'agit pas d'une guerre contre l'Ukraine mais contre un gouvernement fasciste qu'il faut juste remplacer". Arnaud Mercier souligne toutefois que plus la guerre en Ukraine se prolonge, moins cette posture peut tenir. "Le fait qu'elle dure alors qu'on parlait d'une opération éclair, pose un énorme problème de communication à Poutine. Le Kremlin se retrouve coincé et c'est pour cela qu'il doit intensifier ses frappes, notamment sur Kharkiv. En fait, il est difficile de bombarder Kiev quand on prétend que c'est le berceau de la civilisation russe. La censure en Russie commence à être mise en place, de nombreux médias russes indépendants comme la radio Echo Moskvy, l'une des plus respectées, ou la chaîne de télévision Dojd ont baissé le rideau et les mesures de ce type se multiplient. Une liste de 1 300 sites sera soumise à la Douma pour être interdite, des mots-clés sont retirés des moteurs de recherche russes, tandis que les sanctions sont renforcées pour les personnes qui publient de fausses informations sur l'armée russe. "Nous avons un continuum de médias grand public qui distillent des éléments du langage et du récit du pouvoir. C'est un confinement cognitif de la population", explique Asma Mhalla. Il est important de souligner que dans ce contexte, pour la première fois cette semaine, le Kremlin a été contraint de reconnaître des pertes : Moscou a donné, jeudi 3 mars, un premier bilan officiel de 500 soldats russes tués dans les opérations en Ukraine. Les photos et vidéos en provenance de Kiev, qui sont également régulièrement mises en ligne, montrent de jeunes soldats russes qui semblent désorientés dans ce conflit et soulagés d'être pris en charge : des images dont on ne connaît pas tout le contexte dans lequel elles ont été tournées, mais qui renforcent les axes de communication des autorités ukrainiennes. Volodymyr Zelensky a tout à gagner en poussant Vladimir Poutine à une réunion publique qui est, selon lui, le "seul moyen d'arrêter la guerre". Avec une telle rencontre, il aurait l'avantage de renforcer son image de chef militaire et obligerait son homologue russe à le reconnaître comme un égal. Mais Vladimir Poutine continue dans sa rhétorique très violente contre les autorités ukrainiennes. Une semaine après le début de l'invasion militaire de l'Ukraine, il continue de les traiter de "nazis" dans sa dernière allocution télévisée, il est temps pour Poutine de changer de discours car le disque devient rayé et à l'heure de Spotify ou tout est numérique, il devrait  ranger ses disques vinyles dans ses placards.
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