Les médecins retraités, reprennent le chemin du travail

 

Des régions entières en France n’ont plus de médecins , des retraites reprennent la blouse blanche pour sauver des patients sans soins depuis des années comme ce patient diabétique qui n’avait “pas consulté depuis cinq ans” : à Avesnes-sur-Helpe (Nord), quatre généralistes retraités ont repris du service face à la désertification médicale de la région.

Evelyne Debeaumont, 70 ans, de la petite commune rurale, a rendez-vous avec le Dr Didier Fontaneau, qui a presque le même âge.

En effet, depuis plus de deux, la septuagénaire et son mari de 75 ans n’ont plus de médecin traitant. Leur dernier est parti en retraite sans trouver de successeur. Alors ces consultations avec des retraités, “c’est parfait comme solution”, dit-elle, espérant toutefois voir un jour “de nouveaux médecins sur le secteur”.

Cette solution médicale originale a démarré depuis début mai 2022, cinq médecins – quatre retraités et une trentenaire – assurent chacun une après-midi de consultation du lundi au vendredi, rémunérés par l’hôpital.

Cette solution est parfaite pour les deux parties, les médecins retraites, de continuer à aider des patients sans solution, mais aussi d’échapper à la forme de repli que peut représenter la retraite et des patients heureux d’être soigné.

Ce  programme  s’inscrit dans la dynamique enclenchée par la campagne de vaccination contre la COVID-19, qui a mobilisé, déjà, des médecins à la retraite.

“L’objectif n’est pas de redevenir des médecins traitants, des référents, mais de répondre à la maman dont le gamin chauffe et qui passe la matinée au téléphone pour trouver un rendez-vous”, explique Serge Gunst, le directeur de l’hôpital.

La consultation aide aussi à soulager les généralistes du secteur et éviter une embolie des urgences de Maubeuge, “éternellement saturées”, poursuit-il.

Au sein de cette région oubliée du monde médicale, le nombre de médecins ne cesse de décroître et ceux qui prennent leur retraite laissent souvent leurs patients sans recours.

“On estime à 20% le nombre de personnes sur le territoire qui n’a plus de médecin traitant”, explique Nicolas Dosen, président du conseil de surveillance de l’hôpital et de la communauté de communes du Coeur de l’Avesnois (environ 30.000 habitants).

“Dans le secteur, le ratio est de 0,7 médecin pour 1.000 patients, ce qui est ingérable si les médecins ne commencent pas à 7h00 pour finir à 22 h 00”, complète Serge Gunst.

Ce combat contre cette désertification médicale constitue une “urgence” pour le nouveau ministre de la Santé, François Braun, dans un système de santé français qu’il juge “à bout de souffle”.

À la retraite  depuis 6 ans de son activité de généraliste libéral, le Dr Christian Castel, 72 ans, fait partie de ceux qui ont choisi de poursuivre leur activité : non seulement il assure une après-midi de consultation, mais il travaille aussi à mi-temps en médecine interne à l’hôpital.

“Un généraliste voit généralement 30 patients par jour, mais dans le coin, certains montent à 60”, raconte le praticien, l’air juvénile sous ses cheveux gris.

Pour certains patients qui ne parviennent pas à se faire suivre régulièrement, certains finissent par “lâcher l’affaire”, tandis que “des complications s’ajoutent à bas bruit”, s’alarme-t-il. Il se rappelle notamment d'”un monsieur diabétique qui n’avait pas consulté de médecin depuis cinq ans”.

Il faut compter environ une vingtaine de patients, chaque après midi, de tous âges, la consultation constitue une rustine bienvenue. Mais cette solution d’urgence risque de se pérenniser. “On s’était dit au départ que cette consultation servirait à résoudre des problèmes ponctuels et on s’aperçoit qu’on doit prendre en charge des patients sur le moyen terme, qui ne vont pas trouver de médecin traitant et qu’on ne va pas relâcher dans la nature”, explique le Dr Castel.

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  Des régions entières en France n'ont plus de médecins , des retraites reprennent la blouse blanche pour sauver des patients sans soins depuis des années comme ce patient diabétique qui n'avait "pas consulté depuis cinq ans" : à Avesnes-sur-Helpe (Nord), quatre généralistes retraités ont repris du service face à la désertification médicale de la région. Evelyne Debeaumont, 70 ans, de la petite commune rurale, a rendez-vous avec le Dr Didier Fontaneau, qui a presque le même âge. En effet, depuis plus de deux, la septuagénaire et son mari de 75 ans n'ont plus de médecin traitant. Leur dernier est parti en retraite sans trouver de successeur. Alors ces consultations avec des retraités, "c'est parfait comme solution", dit-elle, espérant toutefois voir un jour "de nouveaux médecins sur le secteur". Cette solution médicale originale a démarré depuis début mai 2022, cinq médecins - quatre retraités et une trentenaire - assurent chacun une après-midi de consultation du lundi au vendredi, rémunérés par l'hôpital. Cette solution est parfaite pour les deux parties, les médecins retraites, de continuer à aider des patients sans solution, mais aussi d'échapper à la forme de repli que peut représenter la retraite et des patients heureux d'être soigné. Ce  programme  s'inscrit dans la dynamique enclenchée par la campagne de vaccination contre la COVID-19, qui a mobilisé, déjà, des médecins à la retraite. "L'objectif n'est pas de redevenir des médecins traitants, des référents, mais de répondre à la maman dont le gamin chauffe et qui passe la matinée au téléphone pour trouver un rendez-vous", explique Serge Gunst, le directeur de l'hôpital. La consultation aide aussi à soulager les généralistes du secteur et éviter une embolie des urgences de Maubeuge, "éternellement saturées", poursuit-il. Au sein de cette région oubliée du monde médicale, le nombre de médecins ne cesse de décroître et ceux qui prennent leur retraite laissent souvent leurs patients sans recours. "On estime à 20% le nombre de personnes sur le territoire qui n'a plus de médecin traitant", explique Nicolas Dosen, président du conseil de surveillance de l'hôpital et de la communauté de communes du Coeur de l'Avesnois (environ 30.000 habitants). "Dans le secteur, le ratio est de 0,7 médecin pour 1.000 patients, ce qui est ingérable si les médecins ne commencent pas à 7h00 pour finir à 22 h 00", complète Serge Gunst. Ce combat contre cette désertification médicale constitue une "urgence" pour le nouveau ministre de la Santé, François Braun, dans un système de santé français qu'il juge "à bout de souffle". À la retraite  depuis 6 ans de son activité de généraliste libéral, le Dr Christian Castel, 72 ans, fait partie de ceux qui ont choisi de poursuivre leur activité : non seulement il assure une après-midi de consultation, mais il travaille aussi à mi-temps en médecine interne à l'hôpital. "Un généraliste voit généralement 30 patients par jour, mais dans le coin, certains montent à 60", raconte le praticien, l'air juvénile sous ses cheveux gris. Pour certains patients qui ne parviennent pas à se faire suivre régulièrement, certains finissent par "lâcher l'affaire", tandis que "des complications s'ajoutent à bas bruit", s'alarme-t-il. Il se rappelle notamment d'"un monsieur diabétique qui n'avait pas consulté de médecin depuis cinq ans". Il faut compter environ une vingtaine de patients, chaque après midi, de tous âges, la consultation constitue une rustine bienvenue. Mais cette solution d'urgence risque de se pérenniser. "On s'était dit au départ que cette consultation servirait à résoudre des problèmes ponctuels et on s'aperçoit qu'on doit prendre en charge des patients sur le moyen terme, qui ne vont pas trouver de médecin traitant et qu'on ne va pas relâcher dans la nature", explique le Dr Castel.
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