Les effets d’une guerre nucléaire sur le climat

 

Une étude publiée le 23 juillet 2019 dans la revue Journal of Geophysical Research : Atmospheres présente les effets d’une guerre nucléaire sur le climat global. Ces résultats viennent confirmer et compléter ceux des études précédentes concernant ce phénomène appelé hiver nucléaire qui s’étalerait sur des dizaines d’années.

En se référant aux simulations réalisées pour la première fois dans les années 80, les scientifiques ont la certitude qu’un conflit nucléaire de grande ampleur affecterait le climat de l’ensemble de la planète. En plus des impacts directement liés au conflit, les pays non-belligérants seraient également affectés par des effets collatéraux tels que famines ou maladies notamment.

Dans cette dernière simulation réalisée en 2019, les scientifiques ont choisi un scénario dit pessimiste dans lequel les États-Unis et la Russie utilisent l’ensemble de leur arsenal disponible. Jusqu’alors, une seule simulation numérique similaire avait été élaborée et datait de 2007 et le nouveau modèle, plus sophistiqué, a cherché à valider et à affiner les premiers résultats obtenus. Le conflit, qui débute de manière arbitraire un 15 mai, libère dans la haute atmosphère 150 téragrammes de carbone noir.

Cette immense quantité d’aérosols provient de l’élévation des panaches de fumées causés par les incendies de forêts et des centres urbains suite aux bombardements qui sont en totalité localisés dans les deux pays belligérants. Les particules de fumée atteignent la stratosphère et en l’espace d’une dizaine de jours, sous l’effet des vents, un voile va progressivement recouvrir l’ensemble de la planète, les aérosols de carbone absorbant une partie de l’énergie solaire et provoquant une forte diminution du rayonnement arrivant au sol.

Au cours des six premiers mois qui suivent le conflit, le Soleil n’éclaire plus qu’à des niveaux équivalents à 30 à 40% de sa capacité habituelle, le temps nécessaire pour un retour à un rayonnement normal étant estimé à 10 ans, afin que les poussières s’évacuent de la stratosphère. La température moyenne du globe diminue de pratiquement 10˚C un an après la fin du conflit et la situation est particulièrement critique au-dessus de l’hémisphère nord avec des températures moyennes inférieures de 20 à 30˚C par rapport à la normale.

Durant les 2 à 3 ans qui suivent le conflit, la température pendant la journée, dans la majeure partie des latitudes tempérées, dépasse très rarement 0˚C et elle va remonter plutôt lentement en raison de l’inertie de l’océan et des surfaces gelées qui auront eu le temps de progresser dans l’intervalle. Il faudrait ainsi atteindre plus de 10 ans pour retrouver des niveaux équivalents à ceux des températures initiales d’avant le conflit.

Une fois le voile dissipé, le système climatique se stabilisera à un niveau global de température de 0,5 à 1˚C en-dessous des normales constatées. La situation est inversée au niveau de la stratosphère car les aérosols absorbent l’énergie du Soleil, faisant augmenter les températures de 100˚C au-dessus de la normale, et provoquent un effet dévastateur sur la couche d’ozone qui ne bloque plus les rayons UV, ces derniers arrivants au sol en dépassant le seuil de risque. Le conflit a aussi un effet sur les précipitations qui diminuent de 30 à 40%, cette diminution pouvant atteindre 60% la troisième année suivant le conflit. L’évolution de la situation est telle que les zones qui deviennent plus humides sont les déserts.

Ces résultats confirment ceux obtenus en 2007 et notamment un refroidissement et assèchement généralisés et une baisse de luminosité. Ces effets auront aussi des conséquences sur les récoltes et engendreront une famine globale, alors que de nouvelles pathologies sont également à prévoir, favorisant l’émergence de nouveaux conflits. Les auteurs concluent l’étude en indiquant qu’une attaque nucléaire à grande échelle serait suicidaire pour le pays qui décide de la mener. Pour éliminer complétement le risque d’une catastrophe environnementale résultant d’une guerre nucléaire de grande échelle, les décideurs doivent avoir une compréhension complète des conséquences climatiques et agir en conclusion.

https://sciencepost.fr/voici-les-impacts-catastrophiques-quaurait-une-guerre-nucleaire-sur-le-climat/

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Les effets d’une guerre nucléaire sur le climat

 

Une étude publiée le 23 juillet 2019 dans la revue Journal of Geophysical Research : Atmospheres présente les effets d’une guerre nucléaire sur le climat global. Ces résultats viennent confirmer et compléter ceux des études précédentes concernant ce phénomène appelé hiver nucléaire qui s’étalerait sur des dizaines d’années.

En se référant aux simulations réalisées pour la première fois dans les années 80, les scientifiques ont la certitude qu’un conflit nucléaire de grande ampleur affecterait le climat de l’ensemble de la planète. En plus des impacts directement liés au conflit, les pays non-belligérants seraient également affectés par des effets collatéraux tels que famines ou maladies notamment.

Dans cette dernière simulation réalisée en 2019, les scientifiques ont choisi un scénario dit pessimiste dans lequel les États-Unis et la Russie utilisent l’ensemble de leur arsenal disponible. Jusqu’alors, une seule simulation numérique similaire avait été élaborée et datait de 2007 et le nouveau modèle, plus sophistiqué, a cherché à valider et à affiner les premiers résultats obtenus. Le conflit, qui débute de manière arbitraire un 15 mai, libère dans la haute atmosphère 150 téragrammes de carbone noir.

Cette immense quantité d’aérosols provient de l’élévation des panaches de fumées causés par les incendies de forêts et des centres urbains suite aux bombardements qui sont en totalité localisés dans les deux pays belligérants. Les particules de fumée atteignent la stratosphère et en l’espace d’une dizaine de jours, sous l’effet des vents, un voile va progressivement recouvrir l’ensemble de la planète, les aérosols de carbone absorbant une partie de l’énergie solaire et provoquant une forte diminution du rayonnement arrivant au sol.

Au cours des six premiers mois qui suivent le conflit, le Soleil n’éclaire plus qu’à des niveaux équivalents à 30 à 40% de sa capacité habituelle, le temps nécessaire pour un retour à un rayonnement normal étant estimé à 10 ans, afin que les poussières s’évacuent de la stratosphère. La température moyenne du globe diminue de pratiquement 10˚C un an après la fin du conflit et la situation est particulièrement critique au-dessus de l’hémisphère nord avec des températures moyennes inférieures de 20 à 30˚C par rapport à la normale.

Durant les 2 à 3 ans qui suivent le conflit, la température pendant la journée, dans la majeure partie des latitudes tempérées, dépasse très rarement 0˚C et elle va remonter plutôt lentement en raison de l’inertie de l’océan et des surfaces gelées qui auront eu le temps de progresser dans l’intervalle. Il faudrait ainsi atteindre plus de 10 ans pour retrouver des niveaux équivalents à ceux des températures initiales d’avant le conflit.

Une fois le voile dissipé, le système climatique se stabilisera à un niveau global de température de 0,5 à 1˚C en-dessous des normales constatées. La situation est inversée au niveau de la stratosphère car les aérosols absorbent l’énergie du Soleil, faisant augmenter les températures de 100˚C au-dessus de la normale, et provoquent un effet dévastateur sur la couche d’ozone qui ne bloque plus les rayons UV, ces derniers arrivants au sol en dépassant le seuil de risque. Le conflit a aussi un effet sur les précipitations qui diminuent de 30 à 40%, cette diminution pouvant atteindre 60% la troisième année suivant le conflit. L’évolution de la situation est telle que les zones qui deviennent plus humides sont les déserts.

Ces résultats confirment ceux obtenus en 2007 et notamment un refroidissement et assèchement généralisés et une baisse de luminosité. Ces effets auront aussi des conséquences sur les récoltes et engendreront une famine globale, alors que de nouvelles pathologies sont également à prévoir, favorisant l’émergence de nouveaux conflits. Les auteurs concluent l’étude en indiquant qu’une attaque nucléaire à grande échelle serait suicidaire pour le pays qui décide de la mener. Pour éliminer complétement le risque d’une catastrophe environnementale résultant d’une guerre nucléaire de grande échelle, les décideurs doivent avoir une compréhension complète des conséquences climatiques et agir en conclusion.

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