Les voyages dans l’espace se multiplient et se démocratisent avec l’arrivée de nouveaux engins financés par des milliardaires comme Richard Branson, Jeff Bezos et Elon Musk.

Ces voyages plutôt onéreux peuvent concerner un simple vol à la limite de l’espace comme avec l’appareil de Virgin Galactic ou un voyage autour de la Lune comme celui réservé pour 2023 par le milliardaire japonais Yusaku Maezawa qui sera effectué par l’entreprise SpaceX ou encore un séjour en compagnie d’astronautes comme le proposait le vaisseau russe Soyouz.

En se démocratisant et en devenant une marchandise comme une autre, le voyage spatial voit également son impact sur l’environnement augmenter, de manière différente en fonction des types de vols organisés. Un vol en apesanteur dans un avion réalisant des paraboles, comme les vols zéroG proposé par Novespace, sont accessibles pour 6.000 € et sont ouverts au grand public depuis 2012.

Ces vols ont un impact environnemental relativement faible par rapport aux 4,5 milliards de passagers des vols commerciaux transportés en 2019 et les 915 millions de tonnes de CO2 émis lors de ces voyages. Plus onéreux, de l’ordre de 250.000 $, et plus haut, à environ 100 kilomètres d’altitude, le vol suborbital est celui proposé par la société Virgin Galactic.

Un rapport concernant l’évaluation environnementale du vaisseau SpaceShipTwo de Virgin Galactic estime que le coût d’un vol complet est de 27,2 tonnes de CO2, soit 4,5 tonnes par personne pour 6 passagers, l’équivalent d’un tour du monde seul dans une voiture de taille moyenne et deux fois plus que l’émission individuelle annuelle de CO2 permettant de respecter l’objectif de +2˚C défini pour limiter le réchauffement climatique.

La propulsion hybride de SpaceShipTwo produit du CO2 mais également de la suie, résultant de la combustion incomplète d’un mélange à base de protoxyde d’azote. En 2010, un article scientifique a estimé que 1000 vols suborbitaux de ce type produiraient 600 tonnes de suie qui resteraient environ 10 ans en suspension dans la stratosphère entre 30 et 50 kilomètres d’altitude et contribuerait à modifier le climat de la planète.

En comparaison, les 7.200 tonnes de suie par an produites par l’aviation civile restent en suspension à une altitude beaucoup plus basse et peuvent ainsi être lessivées par les pluies. La société Blue Origin de Jeff Bezos s’est aussi positionnée sur ces voyages suborbitaux et propose de transporter 6 passagers selon une trajectoire identique.

Des voyages vers une altitude plus élevées à destination de la station spatiale internationale, un temps proposés par le vaisseau Soyouz, redeviennent possible grâce à la capsule Crew Dragon de la société SpaceX. Ces voyages, organisés par la société Space Adventures, seront accessibles en déboursant environ 100.000 millions de dollars et autorisés après avoir passé des tests d’aptitude pour s’assurer que l’organisme pourra supporter l’accélération du décollage.

La fusée Falcon, qui doit mettre la capsule en orbite, utilise au décollage 119 tonnes de kérosène raffiné et le vol complet, incluant la récupération de la capsule avec navires et hélicoptère, émettra 1.150 tonnes de CO2, l’équivalent de 638 années d’émissions de CO2 d’une voiture de taille moyenne parcourant 15.000 kilomètres par an.

Ainsi, un touriste spatial équivaut, en terme de production de CO2, à 65 passagers d’un vol suborbital et environ 160 années d’émissions de CO2 d’une voiture.  Le projet le plus ambitieux, le vol autour de la Lune projeté par le milliardaire japonais Maezawa, s’effectuera avec le vaisseau Starship de la fusée Super Heavy développée par SpaceX et intéresserait déjà plus de 2.000 candidats.

Un récent rapport environnemental indique que le vaisseau et la fusée produisent 3.750 tonnes de CO2 à chaque vol. Ce projet de tourisme lunaire, baptisé DearMoon, qui prévoit d’embarquer 6 à 8 personnes, produira ainsi des émissions individuelles de CO2 de l’ordre de 470 à 625 tonnes.

D’autres impacts environnementaux peuvent être pris en compte comme l’impact des aménagements réalisés pour accueillir ces vols par exemple. Ainsi, pour un nombre de vols estimés à 1.000 vols par an pour Virgin Galactic, il est nécessaire de créer une base de lancement de 73km2 de béton alors qu’en comparaison, l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle en France, le plus grand de l’Union Européenne, occupe 32km2 pour plus de 470.000 décollages et atterrissage d’avions par an.

https://lactualite.com/sante-et-science/quand-voyager-dans-lespace-pollue-la-planete/

 
 
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En se démocratisant et en devenant une marchandise comme une autre, le voyage spatial voit également son impact sur l’environnement augmenter, de manière différente en fonction des types de vols organisés. Un vol en apesanteur dans un avion réalisant des paraboles, comme les vols zéroG proposé par Novespace, sont accessibles pour 6.000 € et sont ouverts au grand public depuis 2012.

Ces vols ont un impact environnemental relativement faible par rapport aux 4,5 milliards de passagers des vols commerciaux transportés en 2019 et les 915 millions de tonnes de CO2 émis lors de ces voyages. Plus onéreux, de l’ordre de 250.000 $, et plus haut, à environ 100 kilomètres d’altitude, le vol suborbital est celui proposé par la société Virgin Galactic.

Un rapport concernant l’évaluation environnementale du vaisseau SpaceShipTwo de Virgin Galactic estime que le coût d’un vol complet est de 27,2 tonnes de CO2, soit 4,5 tonnes par personne pour 6 passagers, l’équivalent d’un tour du monde seul dans une voiture de taille moyenne et deux fois plus que l’émission individuelle annuelle de CO2 permettant de respecter l’objectif de +2˚C défini pour limiter le réchauffement climatique.

La propulsion hybride de SpaceShipTwo produit du CO2 mais également de la suie, résultant de la combustion incomplète d’un mélange à base de protoxyde d’azote. En 2010, un article scientifique a estimé que 1000 vols suborbitaux de ce type produiraient 600 tonnes de suie qui resteraient environ 10 ans en suspension dans la stratosphère entre 30 et 50 kilomètres d’altitude et contribuerait à modifier le climat de la planète.

En comparaison, les 7.200 tonnes de suie par an produites par l’aviation civile restent en suspension à une altitude beaucoup plus basse et peuvent ainsi être lessivées par les pluies. La société Blue Origin de Jeff Bezos s’est aussi positionnée sur ces voyages suborbitaux et propose de transporter 6 passagers selon une trajectoire identique.

Des voyages vers une altitude plus élevées à destination de la station spatiale internationale, un temps proposés par le vaisseau Soyouz, redeviennent possible grâce à la capsule Crew Dragon de la société SpaceX. Ces voyages, organisés par la société Space Adventures, seront accessibles en déboursant environ 100.000 millions de dollars et autorisés après avoir passé des tests d’aptitude pour s’assurer que l’organisme pourra supporter l’accélération du décollage.

La fusée Falcon, qui doit mettre la capsule en orbite, utilise au décollage 119 tonnes de kérosène raffiné et le vol complet, incluant la récupération de la capsule avec navires et hélicoptère, émettra 1.150 tonnes de CO2, l’équivalent de 638 années d’émissions de CO2 d’une voiture de taille moyenne parcourant 15.000 kilomètres par an.

Ainsi, un touriste spatial équivaut, en terme de production de CO2, à 65 passagers d’un vol suborbital et environ 160 années d’émissions de CO2 d’une voiture.  Le projet le plus ambitieux, le vol autour de la Lune projeté par le milliardaire japonais Maezawa, s’effectuera avec le vaisseau Starship de la fusée Super Heavy développée par SpaceX et intéresserait déjà plus de 2.000 candidats.

Un récent rapport environnemental indique que le vaisseau et la fusée produisent 3.750 tonnes de CO2 à chaque vol. Ce projet de tourisme lunaire, baptisé DearMoon, qui prévoit d’embarquer 6 à 8 personnes, produira ainsi des émissions individuelles de CO2 de l’ordre de 470 à 625 tonnes.

D’autres impacts environnementaux peuvent être pris en compte comme l’impact des aménagements réalisés pour accueillir ces vols par exemple. Ainsi, pour un nombre de vols estimés à 1.000 vols par an pour Virgin Galactic, il est nécessaire de créer une base de lancement de 73km2 de béton alors qu’en comparaison, l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle en France, le plus grand de l’Union Européenne, occupe 32km2 pour plus de 470.000 décollages et atterrissage d’avions par an.

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