Le groupe Renault veut rattraper son retard sur les voitures électriques

 

 

Le groupe Renault rentre de plain-pied dans une nouvelle phase de son histoire, mardi 8 novembre, avec la présentation de son projet de réorganisation et la filialisation de ses activités thermiques et électriques, lors d’une journée dédiée aux investisseurs à Paris.

La filiale, Ampère aura pour mission de chapeauter la production de véhicules à propulsion électrique, promise à un fort développement en Europe depuis que les 27 États membres de l’UE et le Parlement ont entériné l’interdiction des voitures neuves à moteur thermique en 2035 au nom de la lutte contre le réchauffement climatique.

Ampere devrait regrouper environ 10.000 salariés, tous basés en France, sur les 157.000 que compte le groupe dans le monde.

La société Renault a pour ambition de rester actionnaire majoritaire d’Ampère, dont il garderait le contrôle. Nissan, partenaire historique de la marque au losange via l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et actionnaire de Renault à hauteur de 15%, devrait investir dans le capital de la filiale.

Les négociations entre le groupe français et le japonais pourraient durer au-delà du 15 novembre, selon une source proche de Nissan. Si les relations se sont réchauffées entre les deux groupes ces derniers mois, l’engagement technologique de Nissan au sein d’Ampère est toujours en négociation, au-delà de sa simple participation capitalistique.

Le groupe Renault, fortement mis en difficulté, depuis son retrait de Russie, a besoin d’investissements massifs pour électrifier son offre.

Cette réorganisation chez Renault annonce une refonte profonde de l’alliance menée par le directeur général de la marque au losange Luca de Meo et son homologue japonais, Makoto Uchida.

Les relations entre Renault et ses partenaires japonais ont ete bénéfiques mais surtout orageuses et compliquees tumultueuse et fructueuse, Renault pourrait réduire sa part au capital de Nissan à 15%, contre 43% actuellement.

Début 2022, les trois membres de l’alliance, troisième groupe automobile mondial, informaient un investissement de 23 milliards d’euros dans l’électrification sur les cinq prochaines années, pour lancer 35 nouveaux modèles électriques d’ici à 2030.

Dans le même temps, Renault prévoit de réunir ses activités thermiques et hybrides dans une autre entité baptisée “Horse” et qui réunirait elle aussi 10.000 salariés, qui eux seraient basés à l’étranger.

Renault serait cette fois-ci actionnaire minoritaire même s’il resterait un actionnaire “de référence”. Nissan de son côté ne prévoit pas d’investir dans Horse, au contraire du constructeur automobile chinois Geely et du géant pétrolier saoudien Aramco, pressentis pour entrer au capital.

Depuis des années, chez Renault, ce sont des licenciements sur plan de licenciement Après plusieurs vagues de suppressions de postes chez Renault, cette séparation des activités inquiète les organisations syndicales. La CGT s’est notamment opposée début septembre au “démantèlement de l’entreprise”, demandant que Renault reste “une entreprise cohérente qui détient l’ensemble des métiers d’un constructeur automobile”.

“On attend de connaître les contours juridiques d’Ampère: est-ce que ça va être une filiale ? Est-ce que ce sera mis en Bourse ? Est-ce que Nissan va y participer ? Tout cela a des conséquences sur nos contrats de travail”, a déclaré à l’AFP Florent Grimaldi, délégué syndical CGT au centre technique et d’essais de Lardy (Essonne).

Au sein du site de Renault-Lardy, les effectifs sont passés de 2.400 à 1.400 salariés entre 2018 et 2022, assure-t-il. Avec la délocalisation des activités de recherche sur le thermique et l’hybride en Roumanie et en Espagne, “il y aurait de nouveau une baisse de 200 à 300 salariés en quatre ans”, car il n’y aura pas assez de place dans l’électrique pour tout le monde, dénonce Florent Grimaldi.

Concernant le premier semestre 2022, les véhicules hybrides et électriques représentaient 36% des immatriculations de la marque en Europe, contre 26% au premier semestre 2021.

Renault n’est pas un cas isole et Ford a entrepris des manœuvres similaires à celles de Renault en créant des entités à part. La transition vers l’électrique nécessite de très importants investissements et la valorisation des groupes automobiles traditionnels faite pâle figure face à celle de nouveaux entrants spécialisés dans les automobiles zéro émission, comme l’américain Tesla.

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Le groupe Renault veut rattraper son retard sur les voitures électriques

    Le groupe Renault rentre de plain-pied dans une nouvelle phase de son histoire, mardi 8 novembre, avec la présentation de son projet de réorganisation et la filialisation de ses activités thermiques et électriques, lors d'une journée dédiée aux investisseurs à Paris. La filiale, Ampère aura pour mission de chapeauter la production de véhicules à propulsion électrique, promise à un fort développement en Europe depuis que les 27 États membres de l'UE et le Parlement ont entériné l'interdiction des voitures neuves à moteur thermique en 2035 au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Ampere devrait regrouper environ 10.000 salariés, tous basés en France, sur les 157.000 que compte le groupe dans le monde. La société Renault a pour ambition de rester actionnaire majoritaire d'Ampère, dont il garderait le contrôle. Nissan, partenaire historique de la marque au losange via l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et actionnaire de Renault à hauteur de 15%, devrait investir dans le capital de la filiale. Les négociations entre le groupe français et le japonais pourraient durer au-delà du 15 novembre, selon une source proche de Nissan. Si les relations se sont réchauffées entre les deux groupes ces derniers mois, l'engagement technologique de Nissan au sein d'Ampère est toujours en négociation, au-delà de sa simple participation capitalistique. Le groupe Renault, fortement mis en difficulté, depuis son retrait de Russie, a besoin d'investissements massifs pour électrifier son offre. Cette réorganisation chez Renault annonce une refonte profonde de l'alliance menée par le directeur général de la marque au losange Luca de Meo et son homologue japonais, Makoto Uchida. Les relations entre Renault et ses partenaires japonais ont ete bénéfiques mais surtout orageuses et compliquees tumultueuse et fructueuse, Renault pourrait réduire sa part au capital de Nissan à 15%, contre 43% actuellement. Début 2022, les trois membres de l'alliance, troisième groupe automobile mondial, informaient un investissement de 23 milliards d'euros dans l'électrification sur les cinq prochaines années, pour lancer 35 nouveaux modèles électriques d'ici à 2030. Dans le même temps, Renault prévoit de réunir ses activités thermiques et hybrides dans une autre entité baptisée "Horse" et qui réunirait elle aussi 10.000 salariés, qui eux seraient basés à l'étranger. Renault serait cette fois-ci actionnaire minoritaire même s'il resterait un actionnaire "de référence". Nissan de son côté ne prévoit pas d'investir dans Horse, au contraire du constructeur automobile chinois Geely et du géant pétrolier saoudien Aramco, pressentis pour entrer au capital. Depuis des années, chez Renault, ce sont des licenciements sur plan de licenciement Après plusieurs vagues de suppressions de postes chez Renault, cette séparation des activités inquiète les organisations syndicales. La CGT s'est notamment opposée début septembre au "démantèlement de l'entreprise", demandant que Renault reste "une entreprise cohérente qui détient l'ensemble des métiers d'un constructeur automobile". "On attend de connaître les contours juridiques d'Ampère: est-ce que ça va être une filiale ? Est-ce que ce sera mis en Bourse ? Est-ce que Nissan va y participer ? Tout cela a des conséquences sur nos contrats de travail", a déclaré à l'AFP Florent Grimaldi, délégué syndical CGT au centre technique et d'essais de Lardy (Essonne). Au sein du site de Renault-Lardy, les effectifs sont passés de 2.400 à 1.400 salariés entre 2018 et 2022, assure-t-il. Avec la délocalisation des activités de recherche sur le thermique et l'hybride en Roumanie et en Espagne, "il y aurait de nouveau une baisse de 200 à 300 salariés en quatre ans", car il n'y aura pas assez de place dans l'électrique pour tout le monde, dénonce Florent Grimaldi. Concernant le premier semestre 2022, les véhicules hybrides et électriques représentaient 36% des immatriculations de la marque en Europe, contre 26% au premier semestre 2021. Renault n'est pas un cas isole et Ford a entrepris des manœuvres similaires à celles de Renault en créant des entités à part. La transition vers l'électrique nécessite de très importants investissements et la valorisation des groupes automobiles traditionnels faite pâle figure face à celle de nouveaux entrants spécialisés dans les automobiles zéro émission, comme l'américain Tesla.
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