La voiture : de l’électrique au nucléaire

La voiture-concept AUDI Mesarthim F-Tron Quattro a été inspirée en partie par Michel Laberge.
 
 

Le véhicule à motorisation électrique est actuellement privilégié pour remplacer les classiques véhicules thermiques. Mais avec la démocratisation et la production de masse de ces nouveaux véhicules, de plus en plus de voix s’élèvent pour pointer du doigt les aspects polluants de la voiture électrique.

Ces véhicules sont considérés comme propres car ils n’émettent pas ou beaucoup moins, s’ils sont hybrides, de gaz à effets de serre et les critiques concernent plutôt la production des voitures, des batteries et des sources d’énergies utilisées pour les faire fonctionner.

En fonction de l’utilisation que l’on fait du véhicule, notamment du nombre de kilomètres réalisés par an, la voiture électrique n’est pas forcément le véhicule le plus écologique comparé à une voiture hybride, voiture avec une petite batterie qui se recharge grâce au moteur thermique, ou à une voiture hybride rechargeable, voiture avec une batterie de taille moyenne qui peut se recharger sur le réseau électrique.

Dans une étude portant sur les États-Unis, l’American Council for an Energy Efficient Economy avait identifié en 2019 les véhicules les plus propres en tenant d’une production d’électricité issue à 28% du charbon et parmi les 12 premiers véhicules, seuls 3 étaient des véhicules complètement électriques.

En se basant sur différentes études, dont une du Swedisch Environnemental Research Institute en 2017 qui estime qu’il est nécessaire de dépenser environ 10 tonnes de gaz à effet de serre pour produire une batterie de 60 kWh, il est possible comparer cette pollution avec celle émise par un véhicule thermique classique, de type une Honda Civic par exemple.

Ce véhicule émettra la même quantité de gaz à effet de serre, soit 10 tonnes, lorsqu’il circule un minimum de 60.000 kmn. Ainsi, selon l’origine dominante de la source d’électricité utilisée, charbon, gaz, hydroélectricité ou nucléaire, un véhicule rechargeable pourra avoir une meilleure performance environnementale qu’un véhicule électrique s’il parcoure moins de 15.000 km par an.

Le véhicule électrique sera plus écologique sur de longues distances et si le véhicule est conservé plus de 5 ans, même si l’origine de l’électricité produite aura aussi une influence sur ses performances. Pour une région comme le Québec qui produit majoritairement de l’électricité à partir de l’énergie hydroélectrique, l’avantage écologique du véhicule électrique sera réel mais il sera moins évident pour l’Alberta par exemple qui utilise majoritairement le charbon pour produire de l’électricité. Dans ce cas, le véhicule électrique, en fonction de la distance parcourue annuellement et de sa durée de détention peut rester plus polluant que le véhicule thermique.

L’avantage écologique est d’autant moins évident que le véhicule électrique représente un véhicule d’appoint à une véhicule thermique et non un véhicule venant en remplacement, comme c’est le cas pour 42% des ménages américains selon une étude publiée en 2017.

https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-02-24/la-voiture-la-plus-verte-n-est-pas-toujours-celle-qu-on-pense

Dans ce contexte de diminution des émissions de gaz à effet de serre, la technologie vient au secours du climat pour proposer des solutions de véhicules permettant de diminuer ces émissions.

A côté des véhicules thermiques et électriques traditionnels, certains industriels se penchent sur l’utilisation de l’énergie nucléaire pour faire fonctionner les véhicules. Une des possibilités actuellement étudiée est celle d’utiliser le thorium comme combustible, ce matériau étant le plus dense connu, 8 grammes permettraient à une voiture de se déplacer pendant 100 ans.

Une société basée dans le Connecticut, Laser Power System, a commencé à mettre point des moteurs de la même taille qu’un moteur de voiture thermique et utilisant le thorium comme combustible. Selon le PDG de LPS, 1 gramme de thorium peut fournir autant d’énergie que 7.396 gallons d’essence, environ 33.600 Litres.

Sur le plan énergétique, le thorium est moins réactif que l’uranium et n’étant pas fissile, il ne peut pas provoquer de réactions nucléaires comme le ferait l’uranium. Cependant, le thorium reste un élément radioactif, même s’il l’est moins que l’uranium et il produit une grande quantité de chaleur, pouvant ainsi présenter un danger pour les occupants comme pour la voiture.

Une autre alternative pourrait être d’utiliser le thorium non comme combustible mais comme source d’énergie pour alimenter des batteries. Ce serait le rôle du réacteur à fluorure de thorium liquide, le LFTR, qui permet de produire de l’énergie à partir du thorium.

Contrairement à un réacteur nucléaire à uranium, le LFTR utilise du combustible liquide, n’émet donc pas de vapeur d’eau radioactive, consomme 99% de son combustible contre 1% dans le réacteur traditionnel et ne peut pas fondre puisqu’il est déjà composé de sel fondu utilisé comme liquide de refroidissement. Les déchets issus de ce réacteur sont de l’ordre de 1% et restent radioactif pendant environ 300 ans contre 10.000 ans pour l’uranium.

https://www.tech-connect.info/technologies/le-moteur-automobile-du-futur-serait-base-de-thorium/3161/

L’utilisation d’un matériau radioactif pour alimenter des engins de transport, qu’il s’agisse de vaisseaux spatiaux ou de voitures, si elle devient techniquement réalisable, se heurte cependant à d’autres considérations qu’il pourrait être plus difficile de lever.

 

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La voiture : de l’électrique au nucléaire

La voiture-concept AUDI Mesarthim F-Tron Quattro a été inspirée en partie par Michel Laberge.
  

Le véhicule à motorisation électrique est actuellement privilégié pour remplacer les classiques véhicules thermiques. Mais avec la démocratisation et la production de masse de ces nouveaux véhicules, de plus en plus de voix s’élèvent pour pointer du doigt les aspects polluants de la voiture électrique.

Ces véhicules sont considérés comme propres car ils n’émettent pas ou beaucoup moins, s’ils sont hybrides, de gaz à effets de serre et les critiques concernent plutôt la production des voitures, des batteries et des sources d’énergies utilisées pour les faire fonctionner.

En fonction de l’utilisation que l’on fait du véhicule, notamment du nombre de kilomètres réalisés par an, la voiture électrique n’est pas forcément le véhicule le plus écologique comparé à une voiture hybride, voiture avec une petite batterie qui se recharge grâce au moteur thermique, ou à une voiture hybride rechargeable, voiture avec une batterie de taille moyenne qui peut se recharger sur le réseau électrique.

Dans une étude portant sur les États-Unis, l’American Council for an Energy Efficient Economy avait identifié en 2019 les véhicules les plus propres en tenant d’une production d’électricité issue à 28% du charbon et parmi les 12 premiers véhicules, seuls 3 étaient des véhicules complètement électriques.

En se basant sur différentes études, dont une du Swedisch Environnemental Research Institute en 2017 qui estime qu’il est nécessaire de dépenser environ 10 tonnes de gaz à effet de serre pour produire une batterie de 60 kWh, il est possible comparer cette pollution avec celle émise par un véhicule thermique classique, de type une Honda Civic par exemple.

Ce véhicule émettra la même quantité de gaz à effet de serre, soit 10 tonnes, lorsqu’il circule un minimum de 60.000 kmn. Ainsi, selon l’origine dominante de la source d’électricité utilisée, charbon, gaz, hydroélectricité ou nucléaire, un véhicule rechargeable pourra avoir une meilleure performance environnementale qu’un véhicule électrique s’il parcoure moins de 15.000 km par an.

Le véhicule électrique sera plus écologique sur de longues distances et si le véhicule est conservé plus de 5 ans, même si l’origine de l’électricité produite aura aussi une influence sur ses performances. Pour une région comme le Québec qui produit majoritairement de l’électricité à partir de l’énergie hydroélectrique, l’avantage écologique du véhicule électrique sera réel mais il sera moins évident pour l’Alberta par exemple qui utilise majoritairement le charbon pour produire de l’électricité. Dans ce cas, le véhicule électrique, en fonction de la distance parcourue annuellement et de sa durée de détention peut rester plus polluant que le véhicule thermique.

L’avantage écologique est d’autant moins évident que le véhicule électrique représente un véhicule d’appoint à une véhicule thermique et non un véhicule venant en remplacement, comme c’est le cas pour 42% des ménages américains selon une étude publiée en 2017.

https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-02-24/la-voiture-la-plus-verte-n-est-pas-toujours-celle-qu-on-pense

Dans ce contexte de diminution des émissions de gaz à effet de serre, la technologie vient au secours du climat pour proposer des solutions de véhicules permettant de diminuer ces émissions.

A côté des véhicules thermiques et électriques traditionnels, certains industriels se penchent sur l’utilisation de l’énergie nucléaire pour faire fonctionner les véhicules. Une des possibilités actuellement étudiée est celle d’utiliser le thorium comme combustible, ce matériau étant le plus dense connu, 8 grammes permettraient à une voiture de se déplacer pendant 100 ans.

Une société basée dans le Connecticut, Laser Power System, a commencé à mettre point des moteurs de la même taille qu’un moteur de voiture thermique et utilisant le thorium comme combustible. Selon le PDG de LPS, 1 gramme de thorium peut fournir autant d’énergie que 7.396 gallons d’essence, environ 33.600 Litres.

Sur le plan énergétique, le thorium est moins réactif que l’uranium et n’étant pas fissile, il ne peut pas provoquer de réactions nucléaires comme le ferait l’uranium. Cependant, le thorium reste un élément radioactif, même s’il l’est moins que l’uranium et il produit une grande quantité de chaleur, pouvant ainsi présenter un danger pour les occupants comme pour la voiture.

Une autre alternative pourrait être d’utiliser le thorium non comme combustible mais comme source d’énergie pour alimenter des batteries. Ce serait le rôle du réacteur à fluorure de thorium liquide, le LFTR, qui permet de produire de l’énergie à partir du thorium.

Contrairement à un réacteur nucléaire à uranium, le LFTR utilise du combustible liquide, n’émet donc pas de vapeur d’eau radioactive, consomme 99% de son combustible contre 1% dans le réacteur traditionnel et ne peut pas fondre puisqu’il est déjà composé de sel fondu utilisé comme liquide de refroidissement. Les déchets issus de ce réacteur sont de l’ordre de 1% et restent radioactif pendant environ 300 ans contre 10.000 ans pour l’uranium.

https://www.tech-connect.info/technologies/le-moteur-automobile-du-futur-serait-base-de-thorium/3161/

L’utilisation d’un matériau radioactif pour alimenter des engins de transport, qu’il s’agisse de vaisseaux spatiaux ou de voitures, si elle devient techniquement réalisable, se heurte cependant à d’autres considérations qu’il pourrait être plus difficile de lever.

 

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