La politique mondiale de lutte contre la pollution est un échec

 

 
Trois raisons expliquent cet échec patent, que nous allons développer, mais il est clair que trouver une politique commune avec deux cents propriétaires aux intérêts totalement différents est un objectif pratiquement impossible.

Le premier constat :

Tout le monde sait que le système financier qui sous-tend le modèle économique de notre époque nécessite un volume de transactions toujours plus important pour ne pas s’effondrer. Le fameux PIB. Et nous savons que les émissions de CO2 sont directement corrélées à sa trajectoire ascendante, de l’ordre de 3% par an depuis le début de l’ère industrielle. 
 
Découpler les émissions de CO2 du PIB est un mythe qui voudrait nous faire croire que l’on pourrait faire croître l’économie pour toujours, tout en faisant diminuer le CO2 pour toujours ! 
 
Tous les économistes et politiciens néoclassiques croient comme des fous à cette fable, ou certains font semblant, et ils ont inventé le concept de croissance verte et de durabilité faible pour tenter de la rendre crédible, qui repose sur le techno-solutionnisme et l’innovation à tous les niveaux, comme le gaz des immeubles haussmanniens de Paris au bon vieux temps. Mais malheureusement pour eux, les limites planétaires, les lois de la thermodynamique et de la biophysique ne sont pas tout à fait d’accord.


Le deuxième constat concernant cet échec répété des COP est la géopolitique de l’énergie. 
 
La plupart des pays producteurs tirent leurs revenus et leur stabilité sociale de la vente de leurs hydrocarbures, et les pays clients ont besoin de cette énergie concentrée pour soutenir leur système de production, c’est-à-dire l’énergie de leurs milliards de machines. Il est amusant de constater que l’Arabie Saoudite, qui vient d’annoncer sa neutralité carbone pour 2060 en plantant des ” milliards d’arbres ” (dans le désert ?), reconnaît implicitement par cette annonce fantaisiste qu’elle ne peut pas renoncer à l’exploitation de ses réserves fossiles. Elle a donc décidé de les compenser. Dans le festival du greenwashing étatique, ce pays a toutes ses chances.

Pour être clair, globalement tous les pays reconnaissent le fait qu’il y a un réchauffement climatique, mais unanimement ne s’accordent pas sur le fait de réduire leurs émissions, car cela conduirait simplement à les appauvrir avec le raisonnement économique qui domine encore.


Le troisième constat de cet échec futur :
 
C’est l’ignorance réelle ou simulée des conséquences du dérèglement climatique actuel de la part des décideurs politiques et économiques qui sont censés prendre des décisions fortes aujourd’hui pour protéger le monde vivant et la jeune génération qui ne leur sera en rien redevable demain. Comme le disait Upton Sinclair, “Il est difficile de faire comprendre quelque chose à quelqu’un quand son salaire ou la préservation de son statut social dépend précisément de son incompréhension.” Au final, c’est le manque de courage des décideurs qui nous conduira au chaos et rien d’autre, car en réalité les solutions existent pour produire le monde autrement. Mais pour les mettre en œuvre, il faut un débat politique à la hauteur des enjeux, des médias plus responsables et surtout plus conscients des drames qui s’annoncent, et enfin des individus aspirant au pouvoir qui soient moins amoureux de leur ego que de l’intérêt général et du bien commun.
 
 
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La politique mondiale de lutte contre la pollution est un échec

 

 Trois raisons expliquent cet échec patent, que nous allons développer, mais il est clair que trouver une politique commune avec deux cents propriétaires aux intérêts totalement différents est un objectif pratiquement impossible.

Le premier constat :

Tout le monde sait que le système financier qui sous-tend le modèle économique de notre époque nécessite un volume de transactions toujours plus important pour ne pas s'effondrer. Le fameux PIB. Et nous savons que les émissions de CO2 sont directement corrélées à sa trajectoire ascendante, de l'ordre de 3% par an depuis le début de l'ère industrielle.  Découpler les émissions de CO2 du PIB est un mythe qui voudrait nous faire croire que l'on pourrait faire croître l'économie pour toujours, tout en faisant diminuer le CO2 pour toujours !  Tous les économistes et politiciens néoclassiques croient comme des fous à cette fable, ou certains font semblant, et ils ont inventé le concept de croissance verte et de durabilité faible pour tenter de la rendre crédible, qui repose sur le techno-solutionnisme et l'innovation à tous les niveaux, comme le gaz des immeubles haussmanniens de Paris au bon vieux temps. Mais malheureusement pour eux, les limites planétaires, les lois de la thermodynamique et de la biophysique ne sont pas tout à fait d'accord.


Le deuxième constat concernant cet échec répété des COP est la géopolitique de l'énergie. 
 La plupart des pays producteurs tirent leurs revenus et leur stabilité sociale de la vente de leurs hydrocarbures, et les pays clients ont besoin de cette énergie concentrée pour soutenir leur système de production, c'est-à-dire l'énergie de leurs milliards de machines. Il est amusant de constater que l'Arabie Saoudite, qui vient d'annoncer sa neutralité carbone pour 2060 en plantant des " milliards d'arbres " (dans le désert ?), reconnaît implicitement par cette annonce fantaisiste qu'elle ne peut pas renoncer à l'exploitation de ses réserves fossiles. Elle a donc décidé de les compenser. Dans le festival du greenwashing étatique, ce pays a toutes ses chances.

Pour être clair, globalement tous les pays reconnaissent le fait qu'il y a un réchauffement climatique, mais unanimement ne s'accordent pas sur le fait de réduire leurs émissions, car cela conduirait simplement à les appauvrir avec le raisonnement économique qui domine encore.


Le troisième constat de cet échec futur : C'est l'ignorance réelle ou simulée des conséquences du dérèglement climatique actuel de la part des décideurs politiques et économiques qui sont censés prendre des décisions fortes aujourd'hui pour protéger le monde vivant et la jeune génération qui ne leur sera en rien redevable demain. Comme le disait Upton Sinclair, "Il est difficile de faire comprendre quelque chose à quelqu'un quand son salaire ou la préservation de son statut social dépend précisément de son incompréhension." Au final, c'est le manque de courage des décideurs qui nous conduira au chaos et rien d'autre, car en réalité les solutions existent pour produire le monde autrement. Mais pour les mettre en œuvre, il faut un débat politique à la hauteur des enjeux, des médias plus responsables et surtout plus conscients des drames qui s'annoncent, et enfin des individus aspirant au pouvoir qui soient moins amoureux de leur ego que de l'intérêt général et du bien commun.  
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