La flambée des prix des matières premières

Avec l’amélioration de la situation sanitaire dans tous les pays, l’activité industrielle commence à retrouver son niveau d’avant-crise. Cependant cette amélioration commence déjà à être freinée par une certaine désorganisation des chaînes de production longtemps à l’arrêt, des difficultés d’approvisionnement, voire la pénurie pour certains composants tels que les semi-conducteurs et l’augmentation des prix, notamment celui de certaines matières premières comme l’acier, l’étain, le cuivre, le bois, le soja ou le blé.

Cette inflation est la conséquence directe de plusieurs éléments conjoncturels qui favorisent une augmentation de la demande, en particulier la reprise à plein régime de l’activité chinoise, le plan de relance américain et la mise en œuvre de la transition énergétique avec la montée en puissance des des besoins en batteries pour les véhicules propres.

Ces différents aspects font dire à Agnès Bénassy-Quéré, chef économiste à le direction du Trésor à Paris que l’augmentation des prix n’est qu’une normalisation puisque les comparaisons font référence à la période précédente pendant laquelle l’activité avait connu un creux.

Néanmoins ces tensions inflationnistes sont jugées préoccupantes par les différents gouvernements qui ont décidé de réagir, tels que la Chine qui connaît une hausse des prix de la production la plus importante depuis 13 ans et qui a décidé de puiser dans ses réserves pour les vendre par lots aux industriels pour éviter d’aller sur le secteur concurrentiel ou la France qui vient de mettre en place un comité de suivi et une médiation de la filière pour le BTP .

La hausse des prix n’est pas simplement le fait de la reprise de l’activité, concernant les matières premières alimentaires, cette hausse s’explique aussi par les aléas climatiques qui ont ont eu un impact sur les niveaux de production et dans le cas du soja, par la reconstitution du cheptel porcin chinois décimé par la fièvre porcine.

Pour les pays en développement cette inflation pourrait avoir des conséquences dramatiques sur le niveau de vie des populations car après une baisse de revenus liée à la pandémie, le budget disponible risque d’être fortement impacté par la part consacrée à l’achat de nourriture si les prix continuent d’augmenter.

Le risque que l’inflation limite la croissance naissante est réel, mais pour l’instant, l’inflation se limite encore à certains prix et ne s’est pas traduite par une hausse des salaires, signe précurseur d’une nouvelle spirale inflationniste. Dans ce contexte, les banques centrales n’ont pas encore prévu de relever leur taux.

A l’opposé, certains spécialistes alertent sur les indicateurs d’une inflation durable comme l’augmentation des prix de l’immobilier et des matières premières, la mise en œuvre des plans de relance et le retour à une croissance soutenue dans la plupart des pays.

Ainsi en mai, l'inflation était de 3,9% aux Etats-Unis, plus de 2% en Allemagne, Grande-Bretagne et Espagne et 1,8% en France. Ces chiffres seront très surveillés sur les prochains mois même si l'OCDE attend le pic inflationniste pour la fin de l'année 2021.
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La flambée des prix des matières premières

Avec l'amélioration de la situation sanitaire dans tous les pays, l'activité industrielle commence à retrouver son niveau d'avant-crise. Cependant cette amélioration commence déjà à être freinée par une certaine désorganisation des chaînes de production longtemps à l'arrêt, des difficultés d'approvisionnement, voire la pénurie pour certains composants tels que les semi-conducteurs et l'augmentation des prix, notamment celui de certaines matières premières comme l'acier, l'étain, le cuivre, le bois, le soja ou le blé.

Cette inflation est la conséquence directe de plusieurs éléments conjoncturels qui favorisent une augmentation de la demande, en particulier la reprise à plein régime de l'activité chinoise, le plan de relance américain et la mise en œuvre de la transition énergétique avec la montée en puissance des des besoins en batteries pour les véhicules propres.

Ces différents aspects font dire à Agnès Bénassy-Quéré, chef économiste à le direction du Trésor à Paris que l'augmentation des prix n'est qu'une normalisation puisque les comparaisons font référence à la période précédente pendant laquelle l'activité avait connu un creux.

Néanmoins ces tensions inflationnistes sont jugées préoccupantes par les différents gouvernements qui ont décidé de réagir, tels que la Chine qui connaît une hausse des prix de la production la plus importante depuis 13 ans et qui a décidé de puiser dans ses réserves pour les vendre par lots aux industriels pour éviter d'aller sur le secteur concurrentiel ou la France qui vient de mettre en place un comité de suivi et une médiation de la filière pour le BTP .

La hausse des prix n'est pas simplement le fait de la reprise de l'activité, concernant les matières premières alimentaires, cette hausse s'explique aussi par les aléas climatiques qui ont ont eu un impact sur les niveaux de production et dans le cas du soja, par la reconstitution du cheptel porcin chinois décimé par la fièvre porcine.

Pour les pays en développement cette inflation pourrait avoir des conséquences dramatiques sur le niveau de vie des populations car après une baisse de revenus liée à la pandémie, le budget disponible risque d'être fortement impacté par la part consacrée à l'achat de nourriture si les prix continuent d'augmenter.

Le risque que l'inflation limite la croissance naissante est réel, mais pour l'instant, l'inflation se limite encore à certains prix et ne s'est pas traduite par une hausse des salaires, signe précurseur d'une nouvelle spirale inflationniste. Dans ce contexte, les banques centrales n'ont pas encore prévu de relever leur taux.

A l'opposé, certains spécialistes alertent sur les indicateurs d'une inflation durable comme l'augmentation des prix de l'immobilier et des matières premières, la mise en œuvre des plans de relance et le retour à une croissance soutenue dans la plupart des pays.

Ainsi en mai, l'inflation était de 3,9% aux Etats-Unis, plus de 2% en Allemagne, Grande-Bretagne et Espagne et 1,8% en France. Ces chiffres seront très surveillés sur les prochains mois même si l'OCDE attend le pic inflationniste pour la fin de l'année 2021.
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