La disparition d’animaux gêne la reproduction des plantes

Hocco mitou

 


La disparition d’espèces capables de disperser des graines est néfaste pour les plantes, qui perdent en capacité à migrer vers des lieux n’étant pas rendus inhospitaliers par le changement climatique, selon une nouvelle étude publiée jeudi 13 janvier dans la revue Science.

“Lorsque nous perdons des oiseaux ou des mammifères, nous ne perdons pas seulement ces espèces. Nous perdons aussi leur fonction écologique importante, qui est de disperser les graines”, a expliqué Evan Fricke, de l’université Rice.

Ce rapport est le premier à quantifier le problème au niveau mondial, et estime que la disposition à s’adapter au changement climatique des plantes réclamant la collaboration d’animaux a déjà été réduite de 60%.

Les catégories d’arbres présents dans des régions devenues inhospitalières à cause du réchauffement de la planète peuvent par exemple migrer vers d’autres où il pleut davantage, mais doivent pour cela le faire sous forme de graines.

La majorité des plantes comptent sur les animaux pour manger leurs fruits ou leurs noix et ainsi les emmener plus loin, tandis que d’autres dépendent uniquement du vent.

Concernant leurs travaux, les chercheurs danois ont utilisé les données accumulées par des milliers de précédentes études sur le comportement d’animaux, afin de construire une carte de leur contribution à la dispersion de graines.

Par la suite, ils ont comparé une carte annulant l’effet des extinctions d’espèces causées par les humains, et de la réduction de leurs territoires.

Leurs modèles incluaient de nombreux détails : “Quels animaux mangent quelles graines de quel fruit, jusqu’où les graines peuvent être déplacées par rapport à la plante d’origine…”, a par exemple énuméré Evan Fricke, auteur principal de l’étude.

Pour les animaux n’ayant pas été précisément étudiés, leur comportement a été prédit par ordinateur en utilisant les données d’espèces similaires.

Les résultats se sont révélés surprenants. La perte en dispersion de graines était particulièrement marquée dans les régions tempérées d’Amérique du Nord et du sud, d’Europe, et d’Australie – même si elles n’avaient perdu qu’un faible pourcentage d’espèces de mammifères et d’oiseaux.

La perturbation était moindre dans les régions tropicales d’Amérique du Sud, d’Afrique ou d’Asie du Sud-Est. Elle pourrait toutefois s’accélérer si d’autres espèces importantes s’éteignent, comme les éléphants.

L’étude montre ainsi que les efforts de protection des animaux peuvent aider à combattre le changement climatique.

“Les déclins chez les animaux peuvent perturber les réseaux écologiques d’une façon qui menace la résilience d’écosystèmes entiers”, conclut Evan Fricke.

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La disparition d’animaux gêne la reproduction des plantes

Hocco mitou

 
La disparition d'espèces capables de disperser des graines est néfaste pour les plantes, qui perdent en capacité à migrer vers des lieux n'étant pas rendus inhospitaliers par le changement climatique, selon une nouvelle étude publiée jeudi 13 janvier dans la revue Science. "Lorsque nous perdons des oiseaux ou des mammifères, nous ne perdons pas seulement ces espèces. Nous perdons aussi leur fonction écologique importante, qui est de disperser les graines", a expliqué Evan Fricke, de l'université Rice. Ce rapport est le premier à quantifier le problème au niveau mondial, et estime que la disposition à s'adapter au changement climatique des plantes réclamant la collaboration d'animaux a déjà été réduite de 60%. Les catégories d'arbres présents dans des régions devenues inhospitalières à cause du réchauffement de la planète peuvent par exemple migrer vers d'autres où il pleut davantage, mais doivent pour cela le faire sous forme de graines. La majorité des plantes comptent sur les animaux pour manger leurs fruits ou leurs noix et ainsi les emmener plus loin, tandis que d'autres dépendent uniquement du vent. Concernant leurs travaux, les chercheurs danois ont utilisé les données accumulées par des milliers de précédentes études sur le comportement d'animaux, afin de construire une carte de leur contribution à la dispersion de graines. Par la suite, ils ont comparé une carte annulant l'effet des extinctions d'espèces causées par les humains, et de la réduction de leurs territoires. Leurs modèles incluaient de nombreux détails : "Quels animaux mangent quelles graines de quel fruit, jusqu'où les graines peuvent être déplacées par rapport à la plante d'origine...", a par exemple énuméré Evan Fricke, auteur principal de l'étude. Pour les animaux n'ayant pas été précisément étudiés, leur comportement a été prédit par ordinateur en utilisant les données d'espèces similaires. Les résultats se sont révélés surprenants. La perte en dispersion de graines était particulièrement marquée dans les régions tempérées d'Amérique du Nord et du sud, d'Europe, et d'Australie - même si elles n'avaient perdu qu'un faible pourcentage d'espèces de mammifères et d'oiseaux. La perturbation était moindre dans les régions tropicales d'Amérique du Sud, d'Afrique ou d'Asie du Sud-Est. Elle pourrait toutefois s'accélérer si d'autres espèces importantes s'éteignent, comme les éléphants. L'étude montre ainsi que les efforts de protection des animaux peuvent aider à combattre le changement climatique. "Les déclins chez les animaux peuvent perturber les réseaux écologiques d'une façon qui menace la résilience d'écosystèmes entiers", conclut Evan Fricke.
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