La dépendance de l’Europe en gaz

 

A partir de l’automne 2021, l’Europe s’est trouvée sous la menace d’un hiver rigoureux en raison des réserves qui étaient déjà à un niveau relativement bas et en raison du prix du gaz qui avait fortement augmenté. 
 
L’Europe est à la fois dépendant de la ressource gazière, le gaz représentant un cinquième de l’énergie qu’elle consomme, et de pays tiers pour son approvisionnement, notamment la Russie. Dès 2021, la Russie a été soupçonnée de limiter l’approvisionnement et le stockage du gaz en Europe pour accélérer l’approbation du nouveau gazoduc Nordstream 2, ce que réfutait l’intéressé. 
 
Depuis l’éclatement de l’URSS, une grande partie du gaz importé en Europe a transité par les infrastructures de pipelines existantes notamment en Ukraine. Dans les années 1990 et 2000, Gazprom a cherché à diversifier son réseau gazier et à réduire sa dépendance vis-à-vis de l’Ukraine, en installant notamment des gazoducs en Bélarus et en Pologne. 
 
Les tensions avec l’Ukraine ont continué à s’exacerber dans les années 2010 et la Russie a continué à construire des pipelines qui contournaient l’Ukraine. L’évolution de ces infrastructures a aussi eu pour conséquence une augmentation de la dépendance de l’Europe à l’égard du gaz russe. En 2020, le gazoduc Turkstream est entré service, renforçant les liens entre la Turquie e la Russie, qui exploitait déjà depuis 2003 le gazoduc Bluestream qui passe sous la mer Noire. 
 
En 2011, Gazprom a mis en service le gazoduc Nordstream 1, le plus long gazoduc sous-marin du monde, passant sous la mer Baltique et qui représente 40% du gaz naturel exporté de la Russie vers l’Europe. La mise en service d’un second gazoduc, Nordstream 2, en mer Baltique par un consortium dirigé par Gazprom a été décidé pour augmenter les volumes transportés entre la Russie et l’Europe avant que sa construction ne connaisse des difficultés en raison des sanctions imposées par les États-Unis aux entreprises impliquées dans le consortium. 
 
Les pays occidentaux ne veulent plus dépendre de la Russie pour leurs importations de gaz.
 
L’Allemagne est intervenue pour faciliter l’achèvement du gazoduc mais compte tenu de l’évolution du contexte géopolitique en 2021, les autorités allemandes sont devenues réticentes à autoriser son exploitation. Alors que l’agence internationale de l’énergie estimait fin 2021 que la Russie était en mesure d’envoyer 15% de gaz supplémentaire pour atténuer la crise, les analystes et des négociants en gaz ont estimé que la Russie freinait l’envoi de gaz pour accélérer la mise en service de Nordstream 2. 
 
Les raisons de la diminution des livraisons de gaz en Europe ne se limitent pas aux tensions avec la Russie, elles trouvent aussi leur origine dans la fermeture programmée du gisement de gaz de Groningue aux Pays-Bas et dans l’approvisionnement venant d’Afrique du Nord. 
 
Le gisement du gaz à Groningue, découvert en 1959 et l’un des rares au sein de l’Union européenne, a été la cause de plusieurs tremblements de terre et en 2012 un séisme d’une magnitude de 3,6 a endommagé de nombreuses maisons conduisant le gouvernement hollandais à diminuer la production et planifier sa fermeture. 
 
En Afrique du Nord, l’Algérie fournit les deux tiers des importations annuelles de gaz de l’Espagne et du Portugal mais les tensions entre l’Algérie et le Maroc menacent le bon fonctionnement de cet approvisionnement. A partir du 1er novembre 2021, l’Algérie a décidé de stopper les exportations passant par le Maroc à travers le gazoduc Maghreb-Europe d’une capacité de transport de 15,3 milliards de m3 et de maintenir uniquement opérationnel le gazoduc Medgaz reliant directement l’Algérie au port d’Alméria en l’Espagne, d’une capacité de 8 milliards de m3. 
 
Le maintien d’un seul gazoduc entre l’Algérie et l’Espagne s’explique notamment par la perte de parts de marché qu’a connu l’Algérie en 2021 après la décision de l’Espagne d’augmenter les quantités de gaz importés des États-Unis. Les parts de marché sont ainsi passées de 65 à 60% de gaz importé à 35 à 30%. Techniquement, l’Algérie peut se contenter d’un seul gazoduc, mais commercialement l’exploitation de ce seul gazoduc va avoir des conséquences sur le niveau de revenus et le partenariat avec l’Union européenne. La diminution de la livraison de gaz en Europe inquiète également le Royaume-Uni qui utilise plus de gaz que de charbon pour produire de l’électricité. 
 
Longtemps exportateur net de gaz grâce aux gisements en mer du Nord, le Royaume-Uni importe désormais la moitié du gaz qu’il consomme. La majorité du gaz est importé par des gazoducs arrivant de Norvège, le principal producteur de gaz européen après la Russie, et par bateaux en provenance du Qatar, des États-Unis et de la Russie sous forme de gaz naturel liquéfié. 
 
L’inquiétude du Royaume-Uni vient notamment d’une capacité de stockage plus faible qu’en Europe car les gisements en mer du Nord ont pendant longtemps suffit à répondre aux besoins d’approvisionnements et le principal site de stockage du Royaume-Uni, le site de Rough, qui représentait 70% de la capacité de stockage du royaume, a fermé en 2017. L’approvisionnement en gaz de l’Europe se fait encore principalement par gazoduc en provenance de Russie, qui essaie par ses décisions récentes de rester l’actrice incontournable de la crise énergétique européenne.  De l’autre côté, cette crise a mis en évidence une dépendance vis-à-vis de la livraison de gaz naturel liquéfié par pétroliers.
https://www.challenge.ma/comment-leurope-obtient-elle-son-gaz-225421/

L’Oxford institue for energy studies a publié une note le 5 août 2022 qui recontextualise l’évolution des livraisons actuelles de gaz et notamment la baisse des flux de Nordstream 1. Pour son auteur, Jack Sharples, la prise en compte de l’ensemble des évolutions récentes est nécessaire pour comprendre et expliquer la stratégie russe.  Nordstream 1 a une capacité de 165 millions de m3/jour et représente 15% des importations européennes de gaz en 2021. 
 
La diminution des livraisons depuis juin 2022 en dehors de la maintenance annuelle et des contrats à terme non renouvelés s’explique selon Gazprom par les problèmes de maintenance des turbines de la station de compression russe de Portovaya. L’entreprise Siemens qui assure l’entretien des machines, avait transporté l’une des turbines au Canada mais ne l’avait rapatriée dans le délai initial en raison des sanctions occidentales. 
 
Alors que l’Allemagne avait indiqué que les questions règlementaires étaient réglées, la turbine est restée entreposée dans une usine Siemens de la Ruhr et n’a pas été récupérée par Gazprom. Ce contentieux a conduit à faire fonctionner Nordstream 1 à 20% de sa capacité dès le 10 août 2022, mais Jack Sharpels estime que cette diminution s’inscrit dans le contexte de diminution générale des flux de la Russie vers l’Europe observée depuis la mi-2021. 
 
Un premier choc se produit à l’hiver 2020-2021 qui a été particulièrement froid, notamment en Asie du Nord-Est. Au printemps, la Chine et le Japon ont récupéré des livraisons de gaz naturel liquéfié destinées à l’Europe qui a dû réduire fortement ses réserves de gaz à un moment où les stocks commencent normalement à se remplir. Dans le même temps, l’hiver a aussi entamé les stocks de la Russie qui décide de diminuer ses exportations vers l’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas principalement. 
 
Ces évolutions commencent se faire sentir au niveau du marché, le prix des contrats à terme sur le TTF néerlandais passe de 13,5 € à 27,5 € le MW/h entre le 11 août 2020 et le 11 août 2021. Cette hausse atteindra 209,4 € le MW/H en août 2022. Un deuxième choc se produit à partir du 13 octobre 2021, lorsque Gazprom décide d’arrêter de vendre son gaz du jour au lendemain sur les marchés alors que les cadences de production et d’exportations de Gazprom sont déjà réduites depuis la pandémie de la Covid-19. 
 
D’autres décisions vont s’enchaîner, comme le 31 mars, le décret qui stipule que les contrats des entreprises étrangères avec Gazprom doivent être payés en roubles et non plus en dollars ou en euros et le 1er avril 2022, le retrait de Gazprom de ses filiales commerciales européennes. Le décret concernant le paiement des contrats en roubles entraine la caducité de certains contrats et une nouvelle baisse des livraisons, estimée par Jack Shapels à 25 millions de m3/jour via Nordstream 1 entre le 1er juin et le 12 juin 2022. 
 
En mai, la Russie décide une réduction importante du flux transitant par l’Ukraine et impose des sanctions à EuRoPol Gaz, le propriétaire exploitant du gazoduc Yamal-Europe sur le territoire polonais. Selon Jack Sharpels, cette décision a été anticipée par la Russie car le gazoduc n’a plus fonctionné à plein régime depuis le 30 septembre 2021, ce qui actait qu’il ne pouvait pas être utilisé en remplacement une fois que les flux de Nordstream 1 auraient diminué. 
 
Alors que l’Europe avait commencé à prendre conscience de sa dépendance disproportionnée au gaz russe à partir de 2014 et l’annexion de la Crimée, la Russie a continué à mettre la pression sur les européens en diminuant les flux du gaz russe vers l’Europe en 2021, puis en l’accélérant depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. L’Europe a réagi en multipliant des accords avec d’autres pays exportateurs de gaz comme l’Algérie, les États-Unis, le Qatar, l’Azerbaïdjan, la Norvège, l’Égypte ou Israël, en prévision de l’hiver à venir. 
 
Dans une note pour la banque britannique Standard Chartered publiée le 9 août, les auteurs, Emily Ashford et Paul Horsnell, indiquent que l’arme gazière russe s’est considérablement détériorée. Selon les deux auteurs, les stocks européens se sont bien constitués, malgré une réduction de 80 % des flux de Nord Stream et une chute de 70 % des exportations totales de gaz russe vers l’Europe, grâce à l’augmentation importations de gaz naturel liquéfié et une baisse de la demande. 
 
Ils estiment que la réouverture en octobre de l’usine de liquéfaction de Freeport LNG au Texas pourrait compenser de manière significative la disparition des flux restants de Nordstream 1. La note indique également que la saison de remplissage des stocks pourrait permettre de disposer de 103 milliards de m3 de gaz dans les sous-sols européens, l’Union européenne ayant fixé de son côté un objectif de 80% des stockages souterrains remplis au 1er novembre 2022.
https://www.usinenouvelle.com/article/comment-la-russie-a-organise-la-reduction-des-flux-de-gaz-vers-l-europe-depuis-2021.N2033747
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A partir de l’automne 2021, l’Europe s’est trouvée sous la menace d’un hiver rigoureux en raison des réserves qui étaient déjà à un niveau relativement bas et en raison du prix du gaz qui avait fortement augmenté. 
 
L’Europe est à la fois dépendant de la ressource gazière, le gaz représentant un cinquième de l’énergie qu’elle consomme, et de pays tiers pour son approvisionnement, notamment la Russie. Dès 2021, la Russie a été soupçonnée de limiter l’approvisionnement et le stockage du gaz en Europe pour accélérer l’approbation du nouveau gazoduc Nordstream 2, ce que réfutait l’intéressé. 
 
Depuis l’éclatement de l’URSS, une grande partie du gaz importé en Europe a transité par les infrastructures de pipelines existantes notamment en Ukraine. Dans les années 1990 et 2000, Gazprom a cherché à diversifier son réseau gazier et à réduire sa dépendance vis-à-vis de l’Ukraine, en installant notamment des gazoducs en Bélarus et en Pologne. 
 
Les tensions avec l’Ukraine ont continué à s’exacerber dans les années 2010 et la Russie a continué à construire des pipelines qui contournaient l’Ukraine. L’évolution de ces infrastructures a aussi eu pour conséquence une augmentation de la dépendance de l’Europe à l’égard du gaz russe. En 2020, le gazoduc Turkstream est entré service, renforçant les liens entre la Turquie e la Russie, qui exploitait déjà depuis 2003 le gazoduc Bluestream qui passe sous la mer Noire. 
 
En 2011, Gazprom a mis en service le gazoduc Nordstream 1, le plus long gazoduc sous-marin du monde, passant sous la mer Baltique et qui représente 40% du gaz naturel exporté de la Russie vers l’Europe. La mise en service d’un second gazoduc, Nordstream 2, en mer Baltique par un consortium dirigé par Gazprom a été décidé pour augmenter les volumes transportés entre la Russie et l’Europe avant que sa construction ne connaisse des difficultés en raison des sanctions imposées par les États-Unis aux entreprises impliquées dans le consortium. 
 
Les pays occidentaux ne veulent plus dépendre de la Russie pour leurs importations de gaz.
 
L’Allemagne est intervenue pour faciliter l’achèvement du gazoduc mais compte tenu de l’évolution du contexte géopolitique en 2021, les autorités allemandes sont devenues réticentes à autoriser son exploitation. Alors que l’agence internationale de l’énergie estimait fin 2021 que la Russie était en mesure d’envoyer 15% de gaz supplémentaire pour atténuer la crise, les analystes et des négociants en gaz ont estimé que la Russie freinait l’envoi de gaz pour accélérer la mise en service de Nordstream 2. 
 
Les raisons de la diminution des livraisons de gaz en Europe ne se limitent pas aux tensions avec la Russie, elles trouvent aussi leur origine dans la fermeture programmée du gisement de gaz de Groningue aux Pays-Bas et dans l’approvisionnement venant d’Afrique du Nord. 
 
Le gisement du gaz à Groningue, découvert en 1959 et l’un des rares au sein de l’Union européenne, a été la cause de plusieurs tremblements de terre et en 2012 un séisme d’une magnitude de 3,6 a endommagé de nombreuses maisons conduisant le gouvernement hollandais à diminuer la production et planifier sa fermeture. 
 
En Afrique du Nord, l’Algérie fournit les deux tiers des importations annuelles de gaz de l’Espagne et du Portugal mais les tensions entre l’Algérie et le Maroc menacent le bon fonctionnement de cet approvisionnement. A partir du 1er novembre 2021, l’Algérie a décidé de stopper les exportations passant par le Maroc à travers le gazoduc Maghreb-Europe d’une capacité de transport de 15,3 milliards de m3 et de maintenir uniquement opérationnel le gazoduc Medgaz reliant directement l’Algérie au port d’Alméria en l’Espagne, d’une capacité de 8 milliards de m3. 
 
Le maintien d’un seul gazoduc entre l’Algérie et l’Espagne s’explique notamment par la perte de parts de marché qu’a connu l’Algérie en 2021 après la décision de l’Espagne d’augmenter les quantités de gaz importés des États-Unis. Les parts de marché sont ainsi passées de 65 à 60% de gaz importé à 35 à 30%. Techniquement, l’Algérie peut se contenter d’un seul gazoduc, mais commercialement l’exploitation de ce seul gazoduc va avoir des conséquences sur le niveau de revenus et le partenariat avec l’Union européenne. La diminution de la livraison de gaz en Europe inquiète également le Royaume-Uni qui utilise plus de gaz que de charbon pour produire de l’électricité. 
 
Longtemps exportateur net de gaz grâce aux gisements en mer du Nord, le Royaume-Uni importe désormais la moitié du gaz qu’il consomme. La majorité du gaz est importé par des gazoducs arrivant de Norvège, le principal producteur de gaz européen après la Russie, et par bateaux en provenance du Qatar, des États-Unis et de la Russie sous forme de gaz naturel liquéfié. 
 
L’inquiétude du Royaume-Uni vient notamment d’une capacité de stockage plus faible qu’en Europe car les gisements en mer du Nord ont pendant longtemps suffit à répondre aux besoins d’approvisionnements et le principal site de stockage du Royaume-Uni, le site de Rough, qui représentait 70% de la capacité de stockage du royaume, a fermé en 2017. L’approvisionnement en gaz de l’Europe se fait encore principalement par gazoduc en provenance de Russie, qui essaie par ses décisions récentes de rester l’actrice incontournable de la crise énergétique européenne.  De l’autre côté, cette crise a mis en évidence une dépendance vis-à-vis de la livraison de gaz naturel liquéfié par pétroliers. https://www.challenge.ma/comment-leurope-obtient-elle-son-gaz-225421/
L’Oxford institue for energy studies a publié une note le 5 août 2022 qui recontextualise l’évolution des livraisons actuelles de gaz et notamment la baisse des flux de Nordstream 1. Pour son auteur, Jack Sharples, la prise en compte de l’ensemble des évolutions récentes est nécessaire pour comprendre et expliquer la stratégie russe.  Nordstream 1 a une capacité de 165 millions de m3/jour et représente 15% des importations européennes de gaz en 2021. 
 
La diminution des livraisons depuis juin 2022 en dehors de la maintenance annuelle et des contrats à terme non renouvelés s’explique selon Gazprom par les problèmes de maintenance des turbines de la station de compression russe de Portovaya. L’entreprise Siemens qui assure l’entretien des machines, avait transporté l’une des turbines au Canada mais ne l’avait rapatriée dans le délai initial en raison des sanctions occidentales. 
 
Alors que l’Allemagne avait indiqué que les questions règlementaires étaient réglées, la turbine est restée entreposée dans une usine Siemens de la Ruhr et n’a pas été récupérée par Gazprom. Ce contentieux a conduit à faire fonctionner Nordstream 1 à 20% de sa capacité dès le 10 août 2022, mais Jack Sharpels estime que cette diminution s’inscrit dans le contexte de diminution générale des flux de la Russie vers l’Europe observée depuis la mi-2021. 
 
Un premier choc se produit à l’hiver 2020-2021 qui a été particulièrement froid, notamment en Asie du Nord-Est. Au printemps, la Chine et le Japon ont récupéré des livraisons de gaz naturel liquéfié destinées à l’Europe qui a dû réduire fortement ses réserves de gaz à un moment où les stocks commencent normalement à se remplir. Dans le même temps, l’hiver a aussi entamé les stocks de la Russie qui décide de diminuer ses exportations vers l’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas principalement. 
 
Ces évolutions commencent se faire sentir au niveau du marché, le prix des contrats à terme sur le TTF néerlandais passe de 13,5 € à 27,5 € le MW/h entre le 11 août 2020 et le 11 août 2021. Cette hausse atteindra 209,4 € le MW/H en août 2022. Un deuxième choc se produit à partir du 13 octobre 2021, lorsque Gazprom décide d’arrêter de vendre son gaz du jour au lendemain sur les marchés alors que les cadences de production et d’exportations de Gazprom sont déjà réduites depuis la pandémie de la Covid-19. 
 
D’autres décisions vont s’enchaîner, comme le 31 mars, le décret qui stipule que les contrats des entreprises étrangères avec Gazprom doivent être payés en roubles et non plus en dollars ou en euros et le 1er avril 2022, le retrait de Gazprom de ses filiales commerciales européennes. Le décret concernant le paiement des contrats en roubles entraine la caducité de certains contrats et une nouvelle baisse des livraisons, estimée par Jack Shapels à 25 millions de m3/jour via Nordstream 1 entre le 1er juin et le 12 juin 2022. 
 
En mai, la Russie décide une réduction importante du flux transitant par l’Ukraine et impose des sanctions à EuRoPol Gaz, le propriétaire exploitant du gazoduc Yamal-Europe sur le territoire polonais. Selon Jack Sharpels, cette décision a été anticipée par la Russie car le gazoduc n’a plus fonctionné à plein régime depuis le 30 septembre 2021, ce qui actait qu’il ne pouvait pas être utilisé en remplacement une fois que les flux de Nordstream 1 auraient diminué. 
 
Alors que l’Europe avait commencé à prendre conscience de sa dépendance disproportionnée au gaz russe à partir de 2014 et l’annexion de la Crimée, la Russie a continué à mettre la pression sur les européens en diminuant les flux du gaz russe vers l’Europe en 2021, puis en l’accélérant depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. L’Europe a réagi en multipliant des accords avec d’autres pays exportateurs de gaz comme l’Algérie, les États-Unis, le Qatar, l’Azerbaïdjan, la Norvège, l’Égypte ou Israël, en prévision de l’hiver à venir. 
 
Dans une note pour la banque britannique Standard Chartered publiée le 9 août, les auteurs, Emily Ashford et Paul Horsnell, indiquent que l’arme gazière russe s’est considérablement détériorée. Selon les deux auteurs, les stocks européens se sont bien constitués, malgré une réduction de 80 % des flux de Nord Stream et une chute de 70 % des exportations totales de gaz russe vers l'Europe, grâce à l'augmentation importations de gaz naturel liquéfié et une baisse de la demande. 
 
Ils estiment que la réouverture en octobre de l’usine de liquéfaction de Freeport LNG au Texas pourrait compenser de manière significative la disparition des flux restants de Nordstream 1. La note indique également que la saison de remplissage des stocks pourrait permettre de disposer de 103 milliards de m3 de gaz dans les sous-sols européens, l’Union européenne ayant fixé de son côté un objectif de 80% des stockages souterrains remplis au 1er novembre 2022. https://www.usinenouvelle.com/article/comment-la-russie-a-organise-la-reduction-des-flux-de-gaz-vers-l-europe-depuis-2021.N2033747
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