Jean-Luc Godard, le génie du cinéma s’est éteint

 

Provocateur de la Nouvelle Vague, il a explosé tous les codes du cinéma avec des films résolument novateurs, d’À bout de souffle à Sauve qui peut (la vie). Le cinéaste franco-suisse Jean-Luc Godard est mort mardi 13 septembre à l’âge de 91 ans, emportant avec lui un pan de l’histoire du 7e art.

“Ce fut comme une apparition dans le cinéma français. Puis il en devint un maître (…). Nous perdons un trésor national, un regard de génie”, a réagi le président Emmanuel Macron, parmi la pluie d’hommages rendus à ce monument du cinéma.

Constamment en révolte, “JLG” comme on le surnommait et vivait depuis des années en Suisse, à Rolle, au bord du lac Léman, fuyant le monde du 7e art. Les habitants du village évoquaient mardi 13 septembre un voisin discret, gentil et généreux.

“Jean-Luc Godard est décédé paisiblement à son domicile entouré de ses proches. Il sera incinéré”, a annoncé son épouse, la réalisatrice Anne-Marie Miéville, dans un communiqué. “Aucune cérémonie officielle n’aura lieu”, a-t-elle précisé, pour celui qui fuyait les honneurs.

Le réalisateur  a eu recours à l’assistance au suicide, a plus tard dit le conseiller de sa famille, confirmant une information du journal Libération.

Il a eu recours à cette assistance, légale en Suisse, “suite à de multiples pathologies invalidantes+ selon les termes du rapport médical”, a expliqué Patrick Jeanneret.

“JLG” restera comme l’un des réalisateurs les plus influents des deux côtés de l’Atlantique. Un génial rebelle qui a révolutionné le cinéma pour ses inconditionnels, un intello torturé aux films incompréhensibles pour ses détracteurs.

Son décès termine, un chapitre de l’histoire du cinéma se clôt, aux plans inoubliables : Bardot nue sur un lit, susurrant Tu les aimes mes fesses ? (Le Mépris), Belmondo le visage barbouillé de bleu, bardé de dynamite (Pierrot le Fou), Jean Seberg et son New York Herald Tribune vendu à la criée sur les Champs-Élysées (À Bout de souffle)…

 


“Et Godard créa le Mépris et c’est à bout de souffle qu’il a rejoint le firmament des derniers grands créateurs d’étoiles…”, a réagi Brigitte Bardot sur Twitter.

C’est par ce dernier film que Godard, critique aux Cahiers du cinéma né à Paris le 3 décembre 1930, s’est fait connaître. Le premier long-métrage de celui qui sera plus tard étudié dans les écoles de cinéma lance aussi la carrière de Jean-Paul Belmondo.

JLG qui entend tourner le dos au vieux cinéma français d’après-guerre qu’il déteste, restera comme le chef de file des réalisateurs de la Nouvelle Vague avec François Truffaut.

“Godard est le plus grand cinéaste du monde”, n’hésitait pas à dire ce dernier. Il “n’est pas le seul à filmer comme il respire, mais c’est lui qui respire le mieux”.

 


Tous les cinéastes reconnaissent son génie, par sa liberté, son affranchissement des formes, Godard aura une influence majeure, l’Américain Quentin Tarantino allant jusqu’à baptiser sa maison de production Bande à Part, le titre d’un film de Godard sorti en 1964.

Mais jusqu’à sa mort, “JLG”, dont les films et déclarations se feront de plus en plus indéchiffrables avec les années, n’a jamais cherché à faire l’unanimité. Et certains jugent son œuvre plus hermétique et pédante que profonde, plus ennuyeuse qu’énigmatique.

Il est certain que l’artiste au regard caché par des lunettes noires, cigare aux lèvres, ne tournait pas comme les autres, ne montait pas comme les autres et entretenait un rapport particulier avec les acteurs et les actrices qu’il ne ménage pas.

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Jean-Luc Godard, le génie du cinéma s’est éteint

 
Provocateur de la Nouvelle Vague, il a explosé tous les codes du cinéma avec des films résolument novateurs, d'À bout de souffle à Sauve qui peut (la vie). Le cinéaste franco-suisse Jean-Luc Godard est mort mardi 13 septembre à l'âge de 91 ans, emportant avec lui un pan de l'histoire du 7e art. "Ce fut comme une apparition dans le cinéma français. Puis il en devint un maître (...). Nous perdons un trésor national, un regard de génie", a réagi le président Emmanuel Macron, parmi la pluie d'hommages rendus à ce monument du cinéma. Constamment en révolte, "JLG" comme on le surnommait et vivait depuis des années en Suisse, à Rolle, au bord du lac Léman, fuyant le monde du 7e art. Les habitants du village évoquaient mardi 13 septembre un voisin discret, gentil et généreux. "Jean-Luc Godard est décédé paisiblement à son domicile entouré de ses proches. Il sera incinéré", a annoncé son épouse, la réalisatrice Anne-Marie Miéville, dans un communiqué. "Aucune cérémonie officielle n'aura lieu", a-t-elle précisé, pour celui qui fuyait les honneurs. Le réalisateur  a eu recours à l'assistance au suicide, a plus tard dit le conseiller de sa famille, confirmant une information du journal Libération. Il a eu recours à cette assistance, légale en Suisse, "suite à de multiples pathologies invalidantes+ selon les termes du rapport médical", a expliqué Patrick Jeanneret. "JLG" restera comme l'un des réalisateurs les plus influents des deux côtés de l'Atlantique. Un génial rebelle qui a révolutionné le cinéma pour ses inconditionnels, un intello torturé aux films incompréhensibles pour ses détracteurs. Son décès termine, un chapitre de l'histoire du cinéma se clôt, aux plans inoubliables : Bardot nue sur un lit, susurrant Tu les aimes mes fesses ? (Le Mépris), Belmondo le visage barbouillé de bleu, bardé de dynamite (Pierrot le Fou), Jean Seberg et son New York Herald Tribune vendu à la criée sur les Champs-Élysées (À Bout de souffle)...
 
"Et Godard créa le Mépris et c'est à bout de souffle qu'il a rejoint le firmament des derniers grands créateurs d'étoiles...", a réagi Brigitte Bardot sur Twitter. C'est par ce dernier film que Godard, critique aux Cahiers du cinéma né à Paris le 3 décembre 1930, s'est fait connaître. Le premier long-métrage de celui qui sera plus tard étudié dans les écoles de cinéma lance aussi la carrière de Jean-Paul Belmondo. JLG qui entend tourner le dos au vieux cinéma français d'après-guerre qu'il déteste, restera comme le chef de file des réalisateurs de la Nouvelle Vague avec François Truffaut. "Godard est le plus grand cinéaste du monde", n'hésitait pas à dire ce dernier. Il "n'est pas le seul à filmer comme il respire, mais c'est lui qui respire le mieux".
 
Tous les cinéastes reconnaissent son génie, par sa liberté, son affranchissement des formes, Godard aura une influence majeure, l'Américain Quentin Tarantino allant jusqu'à baptiser sa maison de production Bande à Part, le titre d'un film de Godard sorti en 1964. Mais jusqu'à sa mort, "JLG", dont les films et déclarations se feront de plus en plus indéchiffrables avec les années, n'a jamais cherché à faire l'unanimité. Et certains jugent son œuvre plus hermétique et pédante que profonde, plus ennuyeuse qu'énigmatique. Il est certain que l'artiste au regard caché par des lunettes noires, cigare aux lèvres, ne tournait pas comme les autres, ne montait pas comme les autres et entretenait un rapport particulier avec les acteurs et les actrices qu'il ne ménage pas.
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