HOKUSAI , LE PLUS GRAND PEINTRE JAPONAIS

Louis Torronde-C19 Tamar news

Hokusaï est  l’artiste Japonais le plus célèbre  au monde ! Depuis des siecles, il a influencé des artistes dans le monde entier, de l’amateur au professionnel.

Tokitaro Katsushika est une légende au Japon , plus qu’une légende , un mythe .

Tokitaro Katsushika est né à Edo, soit l’ancienne ville de Tokyo, le 31 Octobre 1760. Il est adopté très jeune par son oncle fabricant de miroirs où il développe rapidement des compétences pour l’art, le dessin en particulier.

Vers ses 18 ans, il intègre l’atelier du maître Katsugawa Shunsho, très célèbre pour ses estampes Ukiyo-e. Ce terme signifiant « image du monde flottant » est un mouvement artistique japonais de l’époque Edo. Alors qu’une ère de paix perdure au Japon, un changement artistique voit le jour et le Ukiyo émerge. Les artistes ne sont plus uniquement aristocratiques mais peuvent aussi s’exprimer via des papiers moins coûteux. De plus, les thèmes abordés dans ces estampes sont totalement nouveaux : des jolies femmes, des courtisanes (Oiran), des scènes érotiques (Shunga), le théâtre Kabuki, les lutteurs sumo, des créatures fantastiques (Yokai), des scènes dans la nature, des scènes célèbres.

faut reconnaître  que ce style est très peu à la mode au Japon et connaît un succès exceptionnel en  Occident. Il s’agit du Japonisme. En effet, alors qu’au pays du soleil levant ce mouvement apparaît comme vulgaire car il traite de sujets populaires et s’inscrit sur des supports peu coûteux, il est adoré en Europe à la fin du XIXe siècle. Précisément à la période où le Japon est forcé d’ouvrir ses frontières commerciales au reste du monde. Les Européens découvrent alors un univers quasiment inconnu pour eux.

Revenons à Hokusaï qui continue de progresser au moment où cet art est en plein essor au Japon. Il exerce auprès de son maître sur les thèmes du Ukiyo. Il débute notamment par des portraits de femmes dans des poses sensuelles. Son maître meurt, il enchaîne quelques écoles puis en 1798 il crée la sienne ; dans laquelle il y développe son style avec des œuvres moralisatrices. Aussi bien sur des scènes fantastiques que sur des moments de la vie quotidienne.

En 1812, il commence à voyager et à parcourir le Japon. Pour renforcer la puissance de son message, il compose des successions d’images qui racontent des histoires. Cette œuvre est appelée la Mangua. Il s’agit d’un recueil de 15 volumes d’estampes, sous le format d’un cahier, qu’on peut considérer être le début du manga. La publication de cette série s’est étendue pendant 22 ans, jusqu’en 1834. On ressent la patte de l’auteur. Il est marginal par sa manière de détailler les visages, trouver les justes coups de crayons afin que l’on perçoive les expressions. Des fossettes et des rides pour exprimer de la tristesse, de la colère, de l’ennui ou de la joie.

C’est à cette époque qu’il utilise pour la première fois le pseudonyme Hokusaï qui signifie « étoile polaire ». Il en utilise d’autres tels que Sôri, Hokusaï-Sori, Taïto, Litsu, Tametshi, Manrodjin, Katsushikaouo… Il aime aussi s’appeler « Gakyôjin » (fou de dessin).

En 1831, à 71 ans Hokusaï est au sommet de son art et publie les 36 vues du Mont Fuji. On y découvre des scènes magnifiques qui mettent en valeur la beauté de l’Homme ne faisant qu’un avec la nature d’un Japon parfois hostile. Car malgré les tempêtes, les Tsunami, les tremblements de terre, le peuple Nippon résiste. Il peint des agriculteurs, des pêcheurs, des vagabonds et des habitants.

En fait, Hokusaï décrit un Japon sublimé par son patrimoine où l’Homme est au cœur de l’histoire. Au centre des 36 fresques, la fierté des Nippons, cette montagne que l’on distingue sur chaque estampes, pas toujours en premier plan…

Il réussit à immortaliser un moment où la vague est gigantesque tandis que le Mont Fuji et des marins se plient à cette force de la nature, impuissants. Personnellement j’aime beaucoup cette idée que la nature et la vie soient toujours au centre de ses intentions. Il est mon « photographe » de cette époque.

A noter aussi que lors de ces travaux, Hokusaï utilise le bleu de prusse, une nouvelle couleur de synthèse à l’époque. On dit qu’il aurait inspiré Van Gogh et Gauguin. Son approche chromatique des scènes aurait conforté les deux impressionnistes dans sa juste utilisation.

Hokusaï voyage encore mais revient toujours vers Edo, il vit quelques années paisibles pendant lesquelles il s’efforce de réaliser un dessin par jour. Par ailleurs, il se lance dans une autre série de Mont Fuji ainsi que des poèmes. Mais ses travaux n’aboutissent malheureusement pas, une partie de son atelier est dévasté par un incendie.

Gakyôjin meurt à 89 ans, en 1849 laissant derrière lui pas moins de 30 000 estampes. Il consacra toute sa vie à devenir un meilleur dessinateur. Il déclare vouloir vivre jusqu’à 130 ans, l’âge de la perfection artistique selon lui.

De nombreux autres peintres ont bien existé à la même époque, mais Hokusaï était unique, de par sa folie du dessin et sa philosophie de vie, tel un Ronin à la recherche de l’estampe parfaite.

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HOKUSAI , LE PLUS GRAND PEINTRE JAPONAIS

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Hokusaï est  l’artiste Japonais le plus célèbre  au monde ! Depuis des siecles, il a influencé des artistes dans le monde entier, de l’amateur au professionnel. Tokitaro Katsushika est une légende au Japon , plus qu'une légende , un mythe . Tokitaro Katsushika est né à Edo, soit l’ancienne ville de Tokyo, le 31 Octobre 1760. Il est adopté très jeune par son oncle fabricant de miroirs où il développe rapidement des compétences pour l’art, le dessin en particulier. Vers ses 18 ans, il intègre l’atelier du maître Katsugawa Shunsho, très célèbre pour ses estampes Ukiyo-e. Ce terme signifiant « image du monde flottant » est un mouvement artistique japonais de l’époque Edo. Alors qu’une ère de paix perdure au Japon, un changement artistique voit le jour et le Ukiyo émerge. Les artistes ne sont plus uniquement aristocratiques mais peuvent aussi s’exprimer via des papiers moins coûteux. De plus, les thèmes abordés dans ces estampes sont totalement nouveaux : des jolies femmes, des courtisanes (Oiran), des scènes érotiques (Shunga), le théâtre Kabuki, les lutteurs sumo, des créatures fantastiques (Yokai), des scènes dans la nature, des scènes célèbres. faut reconnaître  que ce style est très peu à la mode au Japon et connaît un succès exceptionnel en  Occident. Il s’agit du Japonisme. En effet, alors qu’au pays du soleil levant ce mouvement apparaît comme vulgaire car il traite de sujets populaires et s’inscrit sur des supports peu coûteux, il est adoré en Europe à la fin du XIXe siècle. Précisément à la période où le Japon est forcé d’ouvrir ses frontières commerciales au reste du monde. Les Européens découvrent alors un univers quasiment inconnu pour eux. Revenons à Hokusaï qui continue de progresser au moment où cet art est en plein essor au Japon. Il exerce auprès de son maître sur les thèmes du Ukiyo. Il débute notamment par des portraits de femmes dans des poses sensuelles. Son maître meurt, il enchaîne quelques écoles puis en 1798 il crée la sienne ; dans laquelle il y développe son style avec des œuvres moralisatrices. Aussi bien sur des scènes fantastiques que sur des moments de la vie quotidienne. En 1812, il commence à voyager et à parcourir le Japon. Pour renforcer la puissance de son message, il compose des successions d’images qui racontent des histoires. Cette œuvre est appelée la Mangua. Il s’agit d’un recueil de 15 volumes d’estampes, sous le format d’un cahier, qu’on peut considérer être le début du manga. La publication de cette série s’est étendue pendant 22 ans, jusqu’en 1834. On ressent la patte de l’auteur. Il est marginal par sa manière de détailler les visages, trouver les justes coups de crayons afin que l’on perçoive les expressions. Des fossettes et des rides pour exprimer de la tristesse, de la colère, de l’ennui ou de la joie. C’est à cette époque qu’il utilise pour la première fois le pseudonyme Hokusaï qui signifie « étoile polaire ». Il en utilise d’autres tels que Sôri, Hokusaï-Sori, Taïto, Litsu, Tametshi, Manrodjin, Katsushikaouo… Il aime aussi s’appeler « Gakyôjin » (fou de dessin). En 1831, à 71 ans Hokusaï est au sommet de son art et publie les 36 vues du Mont Fuji. On y découvre des scènes magnifiques qui mettent en valeur la beauté de l’Homme ne faisant qu’un avec la nature d’un Japon parfois hostile. Car malgré les tempêtes, les Tsunami, les tremblements de terre, le peuple Nippon résiste. Il peint des agriculteurs, des pêcheurs, des vagabonds et des habitants. En fait, Hokusaï décrit un Japon sublimé par son patrimoine où l’Homme est au cœur de l’histoire. Au centre des 36 fresques, la fierté des Nippons, cette montagne que l’on distingue sur chaque estampes, pas toujours en premier plan… Il réussit à immortaliser un moment où la vague est gigantesque tandis que le Mont Fuji et des marins se plient à cette force de la nature, impuissants. Personnellement j’aime beaucoup cette idée que la nature et la vie soient toujours au centre de ses intentions. Il est mon « photographe » de cette époque. A noter aussi que lors de ces travaux, Hokusaï utilise le bleu de prusse, une nouvelle couleur de synthèse à l’époque. On dit qu’il aurait inspiré Van Gogh et Gauguin. Son approche chromatique des scènes aurait conforté les deux impressionnistes dans sa juste utilisation. Hokusaï voyage encore mais revient toujours vers Edo, il vit quelques années paisibles pendant lesquelles il s’efforce de réaliser un dessin par jour. Par ailleurs, il se lance dans une autre série de Mont Fuji ainsi que des poèmes. Mais ses travaux n’aboutissent malheureusement pas, une partie de son atelier est dévasté par un incendie. Gakyôjin meurt à 89 ans, en 1849 laissant derrière lui pas moins de 30 000 estampes. Il consacra toute sa vie à devenir un meilleur dessinateur. Il déclare vouloir vivre jusqu’à 130 ans, l’âge de la perfection artistique selon lui. De nombreux autres peintres ont bien existé à la même époque, mais Hokusaï était unique, de par sa folie du dessin et sa philosophie de vie, tel un Ronin à la recherche de l’estampe parfaite.
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