Chaque pays a développé sa propre stratégie pour lutter contre la pandémie et même si elles comportent souvent les mêmes remèdes, les différences principales se situent au niveau de la chronologie, de la durée, de la périodicité ou du caractère contraignant ou pas des mesures prises. Cependant, la mise en application de ces mesures est étroitement liée au type de régime politique qui gouverne ces pays. 

 

Ainsi, un parallèle  entre régime démocratique et régime autoritaire permet de comparer les effets de la lutte contre la pandémie et de commenter un constat qui pourrait être simpliste à première vue, celui d’une plus grande réussite d’un régime autoritaire dans la lutte contre la Covid-19 face à un régime démocratique. Au sein des régimes autoritaires, il est intéressant de distinguer, le régime populiste, amené au pouvoir de manière souvent démocratique, et le régime autoritaire, arrivé au pouvoir par ses propres moyens, qu’il soit militaire, autocratique, népotique ou de parti unique.

L’exercice de comparaison s’avère souvent difficile à réaliser et une étude réalisée par l’institut de recherche australien Lowy a par exemple exclu dès le départ la Chine du comparatif, jugeant que certaines des données n’étaient pas fiables.

 

De prime abord, les mesures prises par un régime autoritaire peuvent paraître plus efficaces car elles peuvent imposer plus facilement et très rapidement des mesures contraignantes. Les pays démocratiques occidentaux, dans leur ensemble peu habitués à ce type de crise, se sont sentis peu concernés au départ et ont tardé à prendre des mesures qui se sont, par la suite révélées, souvent identiques à celles des régimes autoritaires. Les pays démocratiques ont aussi pu être défavorisés par leur mode de développement et leur localisation souvent situés sur des axes de communication importants qui privilégient l’ouverture et les échanges avec l’extérieur, et par leur superficie, tels que les Etats-Unis, le Canada ou l’Europe avec l”espace Schengen, car une des mesures la plus efficace a consisté à mettre en place un contrôle sur le déplacements des populations.

Ainsi, l’analyses de ces comparaisons montrent que les pays insulaires quel que soit le type de régime, à l’exception notable de la Grand-Bretagne, ont plutôt mieux réussi à juguler la pandémie que les pays continentaux.

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/face-au-covid-les-democraties-pas-moins-efficaces-que-les-dictatures-1285230

 

La similarité entre régimes autoritaires et populistes ne se limite pas au caractère coercitif des mesures prises. Ils ont également en commun le refus  de reconnaître la crise avant d’y être acculé, l’utilisation de la crise pour faire passer des mesures renforçant l’autoritarisme du pouvoir, la sur-représentation de la réponse humanitaire lorsqu’elle est possible, comme dans le cas de la Russie et la Chine, pour contrebalances les autres atteintes à la démocratie, ou encore la priorité accordée à l’économie plutôt qu’à la santé.

 

 

Les conséquences de la crise pour les régimes populiste sont de se rapprocher toujours plus du basculement vers un régime autoritaire, comme en Hongrie par exemple, et pour les régimes autoritaires de s’enfoncer encore plus dans la privation des libertés, notamment celles de la presse et de l’opposition comme c’est le cas à Hong-Kong.

 

Ces régimes ont les moyens de répondre rapidement à la crise sanitaire en muselant les critiques et en véhiculant l’image d’une réponse efficace. C’est pour cette raison que certains régimes autoritaires ont plutôt bien gérés la crise, comme la Chine ou le Viet-Nam par exemple. Parallèlement, les régimes populistes ont plutôt échouer dans leur gestion de la crise car avec un discours anti-système, la méfiance en l’appareil d’Etat et dans les experts, ils se privent des analyses, conseils et solutions qui fonctionnent ou les appliquent avec retard., comme pour la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis avant l’élection présidentielle, mais aussi le Brésil, le Mexique ou la Russie. 

 

A l’opposé, le régime démocratique pourra ne pas être en capacité de prendre des mesures immédiates et rapides parce qu’il cherchera l’adhésion d’une majorité avant d’agir. Lorsque ce retard s’accompagne aussi d’un déficit de préparation et d’organisation du système de santé notamment la situation s’aggrave, comme en Belgique, en France, ou en Italie par exemple. L’adhésion de la population lui permettra d’avoir une meilleure résilience, c’est à dire sa capacité à supporter la crise puis à redémarrer lorsque la crise sera finie, et permettra aux gouvernements d’améliorer sa côte de popularité en vue des prochaines élections.

Pour les démocraties, les conséquences de la crise de la Covid-19 a déjà un effet sur la priorité donnée à la la mondialisation des relations internationales plutôt qu’aux impacts environnementaux, sociaux et d’indépendance industrielle de ce mode de développement. Ainsi avec la crise, de nouvelle priorités sont affirmées ou réaffirmées, c’est le cas de la lutte contre le changement climatique, la recherche de solution économiques et industrielles pour limiter l’hégémonie d’un pays tel que  la Chine dans l’approvisionnement et le développement des économies mondiales.

 

 

Une autre conséquence sera la capacité des démocraties à juguler le retour des populismes en apportant des solutions pour limiter l’impact social de la pandémie, le nombre de personnes basculant dans la précarité ou voyant leur niveau de vie diminuer . L’évolution de la crise sociale sera particulièrement observé car la population qui sera concernée sera aussi  certainement plus perméable aux discours populistes prônant le rejet des classes dirigeantes, la redistribution à l’excès des richesse entre les classes sociales, la lutte ou le rejet de l’immigration pour préserver les emplois et les richesses nationales.

 

 

En terme de gestion de la crise de la Covid-19, au-delà des fondamentaux que sont la réactivité, l’isolement, les gestes barrières qui permettent d’éviter la propagation du virus, la réussite des mesures proposées diffère aussi au sein d’un même type de régime, comme les solutions qui ont fonctionné en Chine mais pas en Iran, qui ont fonctionné à Taïwan, en Corée du Sud ou en Nouvelle-Zélande mais pas, du moins immédiatement, en France, en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, ou des solutions qui ont fonctionné pendant la première vague mais qui n’ont pas empêchées l’arrivée d’une deuxième vague plus virulente, comme en Allemagne ou au Portugal par exemple. 

 

En terme de conséquence sur l’après-crise, la différence entre régimes autoritaires et démocratiques se situe moins sur le plan économique que sociétal. La population dans les régimes autoritaires sera toujours, et même plus, muselée et privée de liberté avec une propension à des soulèvements populaires et à une instabilité politique plus importante, comme en Birmanie ou au Chili par exemple. Dans les régimes démocratiques, le principal risque est celui de l’aggravation des inégalités sociales qui pourra conduire à un basculement dans le populisme si les réponses pour réduire ces inégalités restent insuffisantes.

https://www.institutmontaigne.org/blog/covid-19-les-autoritaires-vont-ils-lemporter-sur-les-democraties

 

Si les solutions pour gérer la pandémie sont déconnectées du régime politique, une raison principale  explique qu’un régime autoritaire ne peut pas trouver de meilleure solution qu’un régime démocratique, cette raison est la propension du dirigeant suprême à décider seul de solutions à adopter, souvent sans fondement scientifique, comme décréter au Bélarus que le virus meure à 60°C ou en Tanzanie que les églises restent ouvertes car le virus n’y entre pas. Mais la pandémie est à double tranchant, d’un côté elle permet de museler plus facilement les oppositions et réduire les libertés, notamment celle de la presse, de l’autre côté elle met en exergue l’incapacité ou l’ignorance du dirigeant, comme le montre la situation dans laquelle se retrouve le Brésil, elle décrédibilise l’image que souhaite se donner le dirigeant, comme en Chine où la gestion du début de crise permet difficilement de considérer ce pays comme un partenaire fiable, notamment pour aider à comprendre la pandémie, ou relègue au second plan la capacité scientifique du pays à produire un vaccin de qualité, comme en Russie en raison du manque de transparence du régime. 

https://www.lesoleil.com/actualite/monde/le-coronavirus-ami-de-la-dictature-la-crise-profite-aux-durs-fd0a76d0ee349307df3d3d3758ae1bfd

 
 
 
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Ainsi, un parallèle  entre régime démocratique et régime autoritaire permet de comparer les effets de la lutte contre la pandémie et de commenter un constat qui pourrait être simpliste à première vue, celui d’une plus grande réussite d’un régime autoritaire dans la lutte contre la Covid-19 face à un régime démocratique. Au sein des régimes autoritaires, il est intéressant de distinguer, le régime populiste, amené au pouvoir de manière souvent démocratique, et le régime autoritaire, arrivé au pouvoir par ses propres moyens, qu’il soit militaire, autocratique, népotique ou de parti unique.

L’exercice de comparaison s’avère souvent difficile à réaliser et une étude réalisée par l’institut de recherche australien Lowy a par exemple exclu dès le départ la Chine du comparatif, jugeant que certaines des données n’étaient pas fiables.

 

De prime abord, les mesures prises par un régime autoritaire peuvent paraître plus efficaces car elles peuvent imposer plus facilement et très rapidement des mesures contraignantes. Les pays démocratiques occidentaux, dans leur ensemble peu habitués à ce type de crise, se sont sentis peu concernés au départ et ont tardé à prendre des mesures qui se sont, par la suite révélées, souvent identiques à celles des régimes autoritaires. Les pays démocratiques ont aussi pu être défavorisés par leur mode de développement et leur localisation souvent situés sur des axes de communication importants qui privilégient l’ouverture et les échanges avec l’extérieur, et par leur superficie, tels que les Etats-Unis, le Canada ou l’Europe avec l”espace Schengen, car une des mesures la plus efficace a consisté à mettre en place un contrôle sur le déplacements des populations.

Ainsi, l’analyses de ces comparaisons montrent que les pays insulaires quel que soit le type de régime, à l’exception notable de la Grand-Bretagne, ont plutôt mieux réussi à juguler la pandémie que les pays continentaux.

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/face-au-covid-les-democraties-pas-moins-efficaces-que-les-dictatures-1285230

 

La similarité entre régimes autoritaires et populistes ne se limite pas au caractère coercitif des mesures prises. Ils ont également en commun le refus  de reconnaître la crise avant d’y être acculé, l’utilisation de la crise pour faire passer des mesures renforçant l’autoritarisme du pouvoir, la sur-représentation de la réponse humanitaire lorsqu’elle est possible, comme dans le cas de la Russie et la Chine, pour contrebalances les autres atteintes à la démocratie, ou encore la priorité accordée à l’économie plutôt qu’à la santé.

 

 

Les conséquences de la crise pour les régimes populiste sont de se rapprocher toujours plus du basculement vers un régime autoritaire, comme en Hongrie par exemple, et pour les régimes autoritaires de s’enfoncer encore plus dans la privation des libertés, notamment celles de la presse et de l’opposition comme c’est le cas à Hong-Kong.

 

Ces régimes ont les moyens de répondre rapidement à la crise sanitaire en muselant les critiques et en véhiculant l’image d’une réponse efficace. C’est pour cette raison que certains régimes autoritaires ont plutôt bien gérés la crise, comme la Chine ou le Viet-Nam par exemple. Parallèlement, les régimes populistes ont plutôt échouer dans leur gestion de la crise car avec un discours anti-système, la méfiance en l’appareil d’Etat et dans les experts, ils se privent des analyses, conseils et solutions qui fonctionnent ou les appliquent avec retard., comme pour la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis avant l’élection présidentielle, mais aussi le Brésil, le Mexique ou la Russie. 

 

A l’opposé, le régime démocratique pourra ne pas être en capacité de prendre des mesures immédiates et rapides parce qu’il cherchera l’adhésion d’une majorité avant d’agir. Lorsque ce retard s’accompagne aussi d’un déficit de préparation et d’organisation du système de santé notamment la situation s’aggrave, comme en Belgique, en France, ou en Italie par exemple. L’adhésion de la population lui permettra d’avoir une meilleure résilience, c’est à dire sa capacité à supporter la crise puis à redémarrer lorsque la crise sera finie, et permettra aux gouvernements d’améliorer sa côte de popularité en vue des prochaines élections.

Pour les démocraties, les conséquences de la crise de la Covid-19 a déjà un effet sur la priorité donnée à la la mondialisation des relations internationales plutôt qu’aux impacts environnementaux, sociaux et d’indépendance industrielle de ce mode de développement. Ainsi avec la crise, de nouvelle priorités sont affirmées ou réaffirmées, c’est le cas de la lutte contre le changement climatique, la recherche de solution économiques et industrielles pour limiter l’hégémonie d’un pays tel que  la Chine dans l’approvisionnement et le développement des économies mondiales.

 

 

Une autre conséquence sera la capacité des démocraties à juguler le retour des populismes en apportant des solutions pour limiter l’impact social de la pandémie, le nombre de personnes basculant dans la précarité ou voyant leur niveau de vie diminuer . L’évolution de la crise sociale sera particulièrement observé car la population qui sera concernée sera aussi  certainement plus perméable aux discours populistes prônant le rejet des classes dirigeantes, la redistribution à l’excès des richesse entre les classes sociales, la lutte ou le rejet de l’immigration pour préserver les emplois et les richesses nationales.

 

 

En terme de gestion de la crise de la Covid-19, au-delà des fondamentaux que sont la réactivité, l’isolement, les gestes barrières qui permettent d’éviter la propagation du virus, la réussite des mesures proposées diffère aussi au sein d’un même type de régime, comme les solutions qui ont fonctionné en Chine mais pas en Iran, qui ont fonctionné à Taïwan, en Corée du Sud ou en Nouvelle-Zélande mais pas, du moins immédiatement, en France, en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, ou des solutions qui ont fonctionné pendant la première vague mais qui n’ont pas empêchées l’arrivée d’une deuxième vague plus virulente, comme en Allemagne ou au Portugal par exemple. 

 

En terme de conséquence sur l’après-crise, la différence entre régimes autoritaires et démocratiques se situe moins sur le plan économique que sociétal. La population dans les régimes autoritaires sera toujours, et même plus, muselée et privée de liberté avec une propension à des soulèvements populaires et à une instabilité politique plus importante, comme en Birmanie ou au Chili par exemple. Dans les régimes démocratiques, le principal risque est celui de l’aggravation des inégalités sociales qui pourra conduire à un basculement dans le populisme si les réponses pour réduire ces inégalités restent insuffisantes.

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Si les solutions pour gérer la pandémie sont déconnectées du régime politique, une raison principale  explique qu’un régime autoritaire ne peut pas trouver de meilleure solution qu’un régime démocratique, cette raison est la propension du dirigeant suprême à décider seul de solutions à adopter, souvent sans fondement scientifique, comme décréter au Bélarus que le virus meure à 60°C ou en Tanzanie que les églises restent ouvertes car le virus n’y entre pas. Mais la pandémie est à double tranchant, d’un côté elle permet de museler plus facilement les oppositions et réduire les libertés, notamment celle de la presse, de l’autre côté elle met en exergue l’incapacité ou l’ignorance du dirigeant, comme le montre la situation dans laquelle se retrouve le Brésil, elle décrédibilise l’image que souhaite se donner le dirigeant, comme en Chine où la gestion du début de crise permet difficilement de considérer ce pays comme un partenaire fiable, notamment pour aider à comprendre la pandémie, ou relègue au second plan la capacité scientifique du pays à produire un vaccin de qualité, comme en Russie en raison du manque de transparence du régime. 

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