Chasseurs de têtes : les stars des codir

Avec efficacité et discrétion, ils distillent leurs conseils aux patrons des grands groupes français et internationaux…

Leurs professions suscitent autant le fantasme que la crainte. Mais, les chasseurs de têtes et les cabinets de conseil en stratégie et ressources humaines règnent désormais en maîtres sur l’univers RH. Qui sont ces personnalités qui font et défont les comités de direction et murmurent à l’oreille des puissants ?
 
 

Alain Leclerc : le conseiller


Docteur en pharmacie, Alain Leclerc a dédié la première partie de sa carrière à cette industrie, au sein notamment des laboratoires Servier. Il est ensuite passé “de l’autre côté” et a démarré une deuxième carrière dans le recrutement jusqu’à devenir directeur général du bureau parisien de Spencer Stuart, l’un des grands noms de l’executive search dans le monde. Il est aujourd’hui l’une des figures de proue de la chasse de têtes dans le domaine des life sciences mais il a aussi développé une autre spécialité, celle du recrutement de directeurs des ressources humaines. Une orientation qui a pour effet de le porter au premier plan des évolutions managériales des entreprises et de faire tout naturellement de lui un ambassadeur de premier choix d’une activité développée par Spencer Stuart, celle de l’évaluation des conseils d’administration et des comités exécutifs. Le cabinet a en effet développé un outil de diagnostic culturel de l’organisation dont l’objet est d’analyser dans le détail le style de leadership afin d’assurer la meilleure des compatibilités possibles entre les candidats et l’entreprise, et entre les membres des équipes de direction. Composition des boards, plans de succession des CEO des grands groupes, évaluation des équipes de direction… Le patron français opère bien plus comme un conseiller stratégique que comme un chasseur.

Florence Ferraton : l’alchimiste

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle aurait pu côtoyer des nez d’exception. Son diplôme de l’ESLSCA à peine en poche, Florence Ferraton réfléchit sérieusement à la proposition qui lui est faite d’intégrer les équipes de Lancôme. Mais sa rencontre avec des personnes de chez Dow Chemical en décida autrement. Ce sera la chimie et, déjà, le premier signe d’un flair incontestable. En effet, ces huit années passées dans l’industrie la font respirer au rythme des grandes entreprises. Elle y apprend surtout, de son propre aveu, “à comprendre les besoins des clients dont je ne comprenais pas l’activité”. Un atout indéniable au moment de bifurquer dans le recrutement. Nicholson International puis Russell Reynolds où elle prend vite la tête de l’activité consumer pour la France d’abord, l’Europe et enfin le monde entier. En plus de vingt ans, l’alchimiste du recrutement voit son métier considérablement se transformer. L’odeur de la chasse s’est estompée au profit du conseil et de l’analyse de la stratégie des clients. Celle qui a depuis été nommée directrice générale France ne s’en montre pas pour autant indisposée. Touche par touche, note après note, elle assemble des solutions sur mesure. Quant au parfum de la victoire ? Elle pourra le savourer le jour où les femmes accéderont pleinement aux postes à responsabilités. Mais, prévient-elle, “cela ne peut être imposé par des mesures coercitives”. Sous peine “de prendre le risque de priver le leadership féminin de légitimité”.

Lorraine Kron du Luart : primus inter pares

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“La France avait beaucoup de retard.” Cette phrase prononcée en 2016 à propos de la féminisation des conseils du CAC40 sied parfaitement en 2021 à la situation des directions des cabinets d’executive search. La preuve ? Lorraine Kron-du Luart est l’une des rares dirigeantes françaises d’un cabinet de chasse de têtes. Pourtant, la patronne du bureau parisien d’Eric Salmon & Partners fait preuve d’optimisme. Mesure, capacité à trouver des compromis, courage de prendre des décisions, sens de l’organisation, multitasking :“La crise remet en lumière des qualités généralement prêtées aux femmes“. Mais, pour s’imposer, cette ancienne de l’Essec, diplômée de l’Institut des hautes études internationales, n’a pas eu besoin de se plier à des Elle a gravi les marches à la seule force du poignet, le poing serré sur un précieux couteau-suisse : chef de projet chez McKinsey, principal au sein de la pratique industrie chez Heidrick & Struggles, spécialiste des secteurs de la distribution, du luxe et des services, la managing partner se révèle aussi à l’aise sur des problématiques opérationnelles que stratégiques. Et tout cela, sans jouer de ses attributs. Ce qui ne l’empêche pas de se montrer extrêmement vigilante. Les quotas ont certes joué leur rôle d’accélérateur au sein des conseils et la crise “révélé la qualité du leadership féminin”. Mais la période a confirmé que “les femmes continuent aussi de gérer une part importante de la sphère familiale”.Elle la première.

Claire de Montaigu : la reconvertie

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Rien ne prédestinait Claire de Montaigu à rejoindre les rangs de l’executive search. Celle qui a vécu dix ans en Afrique a d’abord mis ses talents au service du pharaonique chantier de la basilique de Yamoussoukro comme à celui du secteur bancaire. Secrétaire générale de la Banque de la mutuelle industrielle, elle devient une cible de choix pour les cabinets de chasse. Elle exercera ainsi les mêmes fonctions pour la Financière des manufactures de France puis occupera le poste de chargée de mission auprès du directoire du Consortium de réalisation (CDR). Le coup de filet qui modifiera sa trajectoire ? Il se produit lors d’un entretien avec Gérald Sakakini. Le cofondateur de Leaders Trust “a su voir en moi ce que je n’avais pas vu moi-même”, confie Claire de Montaigu qui anime depuis 2008 la direction du cabinet. Preuve, s’il en fallait encore une, qu’un chasseur sachant chasser découvre les talents en toutes circonstances. C’est désormais à cette traque haute couture que se livre, pour le compte de grands patrons, Claire de Montaigu.

Muriel Moreau : femme de chiffres

 

 

 

 

 

 

 

 

Devenant il y a quatre ans managing partner d’Heidrick & Struggles, Muriel Moreau rejoignait, aux côtés de Lorraine Kron-du Luart, le cercle très fermé des femmes à la tête de cabinets de chasse de têtes anglo-saxons. Ne redoutant pas de porter plusieurs casquettes et encore moins d’affronter les univers a priori masculins, elle poursuit par ailleurs ses activités de conseil dans le secteur du private equity et de la banque d’investissement. Diplômée de l’université Dauphine, cette experte de la finance commence sa carrière chez PwC en qualité de fiscaliste avant de se laisser séduire par la chasse de têtes. En quinze ans, elle a su gagner la confiance des banques d’affaires, des fonds d’investissement et s’épanouit aujourd’hui en tirant discrètement les ficelles de leurs recrutements de dirigeants, d’experts et d’administrateurs. Pour elle, l’engagement en faveur de l’égalité professionnelle est une évidence. “La faible progression de la féminisation des équipes dirigeantes des sociétés de gestion sur les dernières décennies, expliquait-elle à Newsmanager.com en mai 2020, est avant tout liée à une sphère professionnelle historiquement masculine avec des écarts de salaires encore persistants qui conduisent les femmes à quitter le secteur avant d’avoir atteint les plus hautes fonctions.” Risque qu’elle a d’ores et déjà su éviter.

 

 
 
 
 
 
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Alain Leclerc : le conseiller


Docteur en pharmacie, Alain Leclerc a dédié la première partie de sa carrière à cette industrie, au sein notamment des laboratoires Servier. Il est ensuite passé "de l’autre côté" et a démarré une deuxième carrière dans le recrutement jusqu’à devenir directeur général du bureau parisien de Spencer Stuart, l’un des grands noms de l’executive search dans le monde. Il est aujourd’hui l’une des figures de proue de la chasse de têtes dans le domaine des life sciences mais il a aussi développé une autre spécialité, celle du recrutement de directeurs des ressources humaines. Une orientation qui a pour effet de le porter au premier plan des évolutions managériales des entreprises et de faire tout naturellement de lui un ambassadeur de premier choix d’une activité développée par Spencer Stuart, celle de l’évaluation des conseils d’administration et des comités exécutifs. Le cabinet a en effet développé un outil de diagnostic culturel de l’organisation dont l’objet est d’analyser dans le détail le style de leadership afin d’assurer la meilleure des compatibilités possibles entre les candidats et l’entreprise, et entre les membres des équipes de direction. Composition des boards, plans de succession des CEO des grands groupes, évaluation des équipes de direction... Le patron français opère bien plus comme un conseiller stratégique que comme un chasseur.

Florence Ferraton : l'alchimiste

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle aurait pu côtoyer des nez d’exception. Son diplôme de l’ESLSCA à peine en poche, Florence Ferraton réfléchit sérieusement à la proposition qui lui est faite d’intégrer les équipes de Lancôme. Mais sa rencontre avec des personnes de chez Dow Chemical en décida autrement. Ce sera la chimie et, déjà, le premier signe d’un flair incontestable. En effet, ces huit années passées dans l’industrie la font respirer au rythme des grandes entreprises. Elle y apprend surtout, de son propre aveu, "à comprendre les besoins des clients dont je ne comprenais pas l’activité". Un atout indéniable au moment de bifurquer dans le recrutement. Nicholson International puis Russell Reynolds où elle prend vite la tête de l’activité consumer pour la France d’abord, l’Europe et enfin le monde entier. En plus de vingt ans, l’alchimiste du recrutement voit son métier considérablement se transformer. L’odeur de la chasse s’est estompée au profit du conseil et de l’analyse de la stratégie des clients. Celle qui a depuis été nommée directrice générale France ne s’en montre pas pour autant indisposée. Touche par touche, note après note, elle assemble des solutions sur mesure. Quant au parfum de la victoire ? Elle pourra le savourer le jour où les femmes accéderont pleinement aux postes à responsabilités. Mais, prévient-elle, "cela ne peut être imposé par des mesures coercitives". Sous peine "de prendre le risque de priver le leadership féminin de légitimité".

Lorraine Kron du Luart : primus inter pares

ECH22821302_1.jpg

"La France avait beaucoup de retard." Cette phrase prononcée en 2016 à propos de la féminisation des conseils du CAC40 sied parfaitement en 2021 à la situation des directions des cabinets d’executive search. La preuve ? Lorraine Kron-du Luart est l’une des rares dirigeantes françaises d’un cabinet de chasse de têtes. Pourtant, la patronne du bureau parisien d’Eric Salmon & Partners fait preuve d’optimisme. Mesure, capacité à trouver des compromis, courage de prendre des décisions, sens de l’organisation, multitasking :"La crise remet en lumière des qualités généralement prêtées aux femmes". Mais, pour s’imposer, cette ancienne de l’Essec, diplômée de l’Institut des hautes études internationales, n’a pas eu besoin de se plier à des Elle a gravi les marches à la seule force du poignet, le poing serré sur un précieux couteau-suisse : chef de projet chez McKinsey, principal au sein de la pratique industrie chez Heidrick & Struggles, spécialiste des secteurs de la distribution, du luxe et des services, la managing partner se révèle aussi à l’aise sur des problématiques opérationnelles que stratégiques. Et tout cela, sans jouer de ses attributs. Ce qui ne l’empêche pas de se montrer extrêmement vigilante. Les quotas ont certes joué leur rôle d’accélérateur au sein des conseils et la crise "révélé la qualité du leadership féminin". Mais la période a confirmé que "les femmes continuent aussi de gérer une part importante de la sphère familiale".Elle la première.

Claire de Montaigu : la reconvertie

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Rien ne prédestinait Claire de Montaigu à rejoindre les rangs de l’executive search. Celle qui a vécu dix ans en Afrique a d’abord mis ses talents au service du pharaonique chantier de la basilique de Yamoussoukro comme à celui du secteur bancaire. Secrétaire générale de la Banque de la mutuelle industrielle, elle devient une cible de choix pour les cabinets de chasse. Elle exercera ainsi les mêmes fonctions pour la Financière des manufactures de France puis occupera le poste de chargée de mission auprès du directoire du Consortium de réalisation (CDR). Le coup de filet qui modifiera sa trajectoire ? Il se produit lors d’un entretien avec Gérald Sakakini. Le cofondateur de Leaders Trust "a su voir en moi ce que je n’avais pas vu moi-même", confie Claire de Montaigu qui anime depuis 2008 la direction du cabinet. Preuve, s’il en fallait encore une, qu’un chasseur sachant chasser découvre les talents en toutes circonstances. C’est désormais à cette traque haute couture que se livre, pour le compte de grands patrons, Claire de Montaigu.

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Devenant il y a quatre ans managing partner d’Heidrick & Struggles, Muriel Moreau rejoignait, aux côtés de Lorraine Kron-du Luart, le cercle très fermé des femmes à la tête de cabinets de chasse de têtes anglo-saxons. Ne redoutant pas de porter plusieurs casquettes et encore moins d’affronter les univers a priori masculins, elle poursuit par ailleurs ses activités de conseil dans le secteur du private equity et de la banque d’investissement. Diplômée de l’université Dauphine, cette experte de la finance commence sa carrière chez PwC en qualité de fiscaliste avant de se laisser séduire par la chasse de têtes. En quinze ans, elle a su gagner la confiance des banques d’affaires, des fonds d’investissement et s’épanouit aujourd’hui en tirant discrètement les ficelles de leurs recrutements de dirigeants, d’experts et d’administrateurs. Pour elle, l’engagement en faveur de l’égalité professionnelle est une évidence. "La faible progression de la féminisation des équipes dirigeantes des sociétés de gestion sur les dernières décennies, expliquait-elle à Newsmanager.com en mai 2020, est avant tout liée à une sphère professionnelle historiquement masculine avec des écarts de salaires encore persistants qui conduisent les femmes à quitter le secteur avant d’avoir atteint les plus hautes fonctions." Risque qu’elle a d’ores et déjà su éviter.

 

 
 
 
 
 
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